[Illustration: La revue des brodequins, place Saint-François-Xavier.]
[Illustration: Le drapeau du 102e d'infanterie, avant le départ.]
[Illustration: LE DÉPART D'UN RÉGIMENT.--La population parisienne
acclame ceux qui vont se battre.]
_Photographie L. Gimpel._]
[Illustration: TOUT FRANÇAIS EST A SON POSTE.--La garde des voies
ferrées par les vétérans.
_Dessin de GEORGES SCOTT._]
Il n'est plus d'aucune «classe», celui-là. Ou plutôt si: il est de la
classe des vieux,--de ceux qui ont passé la cinquantaine, et dont les
reins ne pourraient plus porter longtemps le poids du sac, et que leurs
jambes, un peu fatiguées, ne sauraient plus conduire «sur le front»
aussi vite qu'autrefois... Car lui aussi est allé «sur le front»; il y
a longtemps de cela: quarante-quatre ans! Sa jeunesse a connu le sublime
espoir de vaincre, et, presque aussitôt, l'affreuse douleur d'être
vaincu. Et il a vécu près d'un demi-siècle sous cet affront, avec la
haine de l'Allemand au coeur, et cette ambition de la Revanche qui était
demeurée, chez nous, le rêve obstiné de tous les vieux!
Le voilà près d'être réalisé, ce rêve-là! Au souffle de joie et
d'enthousiasme qui a passé sur le pays, le vieux s'est senti rajeunir.
Il a vu partir un fils, un petit-fils peut-être, et, dans cette minute
d'angoisse paternelle, il s'est aperçu qu'il était content tout de
même,--et presque jaloux de ceux qu'il accompagnait au train.
Alors il a demandé à _servir_; à faire quelque chose pour le pays,
n'importe quoi. Et le voici à son poste, enrôlé parmi les braves gens
qui surveillent nos voies ferrées, défendent nos ponts contre les
surprises possibles du sabotage allemand... Il n'y avait pas d'uniforme
pour lui. Qu'importe? sous son pantalon de travail il a chaussé ses
godillots les plus solides; il a boutonné sur son bourgeron sa vieille
veste, au revers de laquelle il a fait coudre sa médaille de 1870; en
bandoulière, sa musette de la Guerre,--de l'autre Guerre! Il a bouclé
là-dessus le ceinturon, coiffé le vieux képi, pris dans sa main solide
encore le fusil que la Patrie lui prêtait... Et, l'oeil bien ouvert, il
attend...
[Illustration: UN FRAGMENT DE LA CARTE ALLEMANDE QUI GUIDE NOTRE RETOUR
EN HAUTE-ALSACE]
[Illustration: _LA TROUÉE DE BELFORT ET LES VOSGES._--_Réduction de
six des feuilles de la carte de l'état-major allemand au 100.000e, avec
laquelle nos officiers sont entrés en campagne._]
Le manque de cartes topographiques fut, pendant la guerre de 1870-1871,
l'une des plus graves lacunes de notre organisation militaire et
l'une des plus grosses de désastreuses conséquences. On vit alors des
officiers assumant la conduite d'unités importantes, réduits à utiliser,
pour se guider, de simples cartes géographiques d'atlas scolaires! Que
d'erreurs, que de surprises en sont résultées! La leçon n'a pas
été perdue, et, comme tant d'autres, cette faute d'autrefois a
été supérieurement réparée: le service géographique de l'armée,
méthodiquement réorganisé, est en mesure de rendre aujourd'hui tous les
services qu'on peut attendre de lui.
Au fur et à mesure que se déroulent les opérations, tous les officiers,
les chefs de sections eux-mêmes, reçoivent un lot complet de cartes de
la région où ils sont appelés à opérer, cartes de notre état-major,
et, au delà de nos frontières, reproductions parfaites des cartes des
états-majors étrangers. Car on a prévu le cas, que chaque Français, au
fond de son coeur, appelle de ses voeux ardents, où nos soldats auraient
à marcher, en pays hostile, au-devant de nos amis et alliés.
Les cartes établies par les soins du service géographique et distribuées
ainsi, selon les besoins, sont à l'échelle du 80.000e, du 200.000e et
du 320.000e pour le territoire français, au 100.000e pour la partie
allemande, au 40.000e pour la partie belge, au 200.000e pour la partie
autrichienne. Une voiture spéciale attachée au quartier général de
chaque armée assure le réapprovisionnement.
La carte que nous reproduisons ici est un excellent spécimen des
documents confiés à nos officiers et sous-officiers. Elle comprend
six feuilles de la carte de l'état-major allemand. On y lit avec une
saisissante netteté--encore qu'elle soit assez sérieusement réduite--la
configuration du terrain. De bons yeux y retrouveront tous les points
dont il a été question ces jours derniers, la trouée de Belfort,
Altkirch, Mulhouse, la forêt de Hart et les cols des Vosges.
[Illustration: LES AFFICHES DE LA PREMIÈRE SEMAINE DE LA MOBILISATION
SUR LES MURS DE PARIS]
[Illustration: Scène de la mobilisation (infanterie de ligne), à Namur.]
[Illustration: Lanciers belges chargeant des uhlans.--_Dessin de Maurice
Romberg._
Les uniformes des lanciers belges et des uhlans prussiens étaient
presque semblables: mais ces derniers portent maintenant en campagne une
tenue d'un gris uniforme avec bottes de cuir fauve. Pour éviter toute
surprise, des gravures en couleurs vont d'ailleurs être distribuées aux
troupes françaises appelées à combattre aux côtés des soldats belges et
anglais.]
[Illustration: L'HÉROÏQUE ARMÉE BELGE.--Carabiniers défendant une
route.]
[Illustration: _Dessin de F. Bryg._ _Sir Edward Grey._ _M. Loyd George._
_M. Jaques._ _Winston Churchill._
UNE SÉANCE HISTORIQUE A LA CHAMBRE DES COMMUNES (3 AOUT 1914).--Sir
Edward Grey, ministre des Affaires étrangères, déclare solennellement
que la flotte anglaise garantira les côtes de France, et que le
Royaume-Uni maintiendra la neutralité de la Belgique.]
[Illustration: LA COOPÉRATION BRITANNIQUE.--Devant le palais de
Buckingham, le roi George V, la reine et la famille royale assistent
au défilé d'un bataillon de grenadiers-gardes prêts à s'embarquer pour
participer à la guerre contre l'Allemagne.]
[Illustration: LE COEUR DE PARIS PENDANT LA MOBILISATION: LA GARE DE
L'EST
_Dessin d'ANDRÉ DEVAMBEZ._
[Illustration: La colonne Vendôme vue de la place de l'Opéra à la fin de
la soirée du 2 août.
Le 2 août, premier jour de la mobilisation, une manifestation, à
laquelle des Italiens habitant Paris avaient associé leur drapeau,
traversait la place de l'Opéra; juste à ce moment, la lune presque à son
plein, énorme, brillait dans l'axe de la rue de la Paix et pendant
un instant, on eut, de la place de l'Opéra, la vision qu'a fixée un
artiste, témoin de cette scène, en un rapide croquis qu'il n'est pas
trop tard pour reproduire.]