LES PROPRIÉTÉS ANTISEPTIQUES DE CERTAINES FUMÉES.

Il n'est pas contestable que certaines fumées ont des propriétés

antiseptiques; la conservation des viandes fumées en est, en effet, une

preuve manifeste.

Mais on ignorait jusqu'à présent quelle était, dans les fumées, la

substance active à laquelle elles devaient cette précieuse propriété.

Des recherches récentes de M. A. Trillat ont établi que cette substance

était l'aldéhyde formique.

Comme conséquence de cette découverte, le même auteur vient de montrer

que, dans l'atmosphère des grandes villes, il existe une quantité

notable d'aldéhyde formique, provenant des fumées des combustibles et

dont la présence peut être considérée comme un principe d'assainissement

de cet air urbain dont on dit tant de mal.

Parmi les corps dont la combustion dégage le plus de formaldéhyde se

placent au premier rang les matières sucrées et les résines.

Or, chose curieuse, ce sont précisément ces substances dont la

combustion a été recommandée dès la plus haute antiquité comme procédé

d'assainissement; car la coutume de brûler des baies de genièvre et des

résines, en temps d'épidémie, remonte à Hippocrate. «Brûler du sucre»

est encore de nos jours une expression qui signifie désinfecter.

On sait que, pour nos ancêtres, la notion de la désinfection était

intimement liée avec celle de la désodorisation: détruire les mauvaises

odeurs était le principal. Or, la formaldéhyde possède précisément la

propriété de former des composés inodores avec l'hydrogène sulfuré et

ses dérivés, et, ainsi guidés par l'observation fondée sur la

disparition de la mauvaise odeur, les anciens s'étaient adressés aux

substances qui dégagent le plus d'aldéhyde formique, lequel est un

puissant antiseptique. Et il s'est ainsi trouvé que les propriétés

antiseptiques de la formaldéhyde ont été utilisées, en hygiène, bien

avant que l'on ait isolé et étudié ce corps.

L'Illustration, No. 3241, 8 Avril 1905 · 第 25 / 35 题