COMPOSÉ DE 20 ARTICLES.

1. _Kao-tseu_ dit: La nature de l'homme ressemble au saule flexible;

l'équité ou la justice ressemble à une corbeille; on fait avec la

nature de l'homme l'humanité et la justice, comme on fait une

corbeille avec le saule flexible.

MENG-TSEU dit: Pouvez-vous, en respectant la nature du saule, en faire

une corbeille? Vous devez d'abord rompre et dénaturer le saule flexible

pour pouvoir ensuite en faire une corbeille. S'il est nécessaire de

rompre et de dénaturer le saule flexible pour en faire une corbeille,

alors ne sera-t-il pas nécessaire aussi de rompre et de dénaturer

l'homme pour le faire humain et juste? Certainement vos paroles

porteraient les hommes à détruire en eux tout sentiment d'humanité et

de justice.

2. _Kao-tseu_ continuant: La nature de l'homme ressemble à une eau

courante; si on la dirige vers l'orient, elle coule vers l'orient; si

on la dirige vers l'occident, elle coule vers l'occident. La nature

de l'homme ne distingue pas entre le bien et le mal, comme l'eau ne

distingue pas entre l'orient et l'occident.

MENG-TSEU dit: L'eau, assurément, ne distingue pas entre l'orient

et l'occident; ne distingue-t-elle pas non plus entre le haut et le

bas? La nature de l'homme est naturellement bonne, comme l'eau coule

naturellement en bas. Il n'est aucun homme qui ne soit naturellement

bon, comme il n'est aucune eau qui ne coule naturellement en bas.

Maintenant, si en comprimant l'eau avec la main vous la faites jaillir,

vous pourrez lui faire dépasser la hauteur de votre front. Si en lui

opposant un obstacle vous la faites refluer vers sa source, vous

pourrez alors la faire dépasser une montagne. Appellerez-vous cela la

nature de l'eau? C'est de la contrainte.

Les hommes peuvent être conduits à faire le mal; leur nature le permet

aussi.

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 247 / 266 题