Il est permis de servir ses parents comme _Thsêng-tseu._

20. MENG-TSEU dit: Tous les hommes ne sont pas propres à réprimander

les princes; tous les modes d'administration ne sont pas susceptibles

d'être blâmés. Il n'y a que les grands hommes qui puissent réprimer

les vices du cœur des princes. Si le prince est humain, rien dans son

gouvernement n'est inhumain. Si le prince est juste, rien dans son

gouvernement n'est injuste. Si le prince est droit, rien dans son

gouvernement qui ne soit droit. Une fois que le prince se sera fait

un devoir d'avoir une conduite constamment droite, le royaume sera

tranquille et stable.

21. MENG-TSEU dit: Il y a des hommes qui sont loués contre toute

attente; il y a des hommes qui sont poursuivis de calomnies,

lorsqu'ils ne recherchent que l'intégrité de la vertu.

22. MENG-TSEU dit: Il y a des hommes qui sont d'une grande facilité

dans leurs paroles, parce qu'ils n'ont trouvé personne pour les

reprendre.

23. MENG-TSEU dit: Un des grands défauts des hommes est d'aimer à être

les chefs des autres hommes.

24. _Lo-tching-tseu_ (disciple de MENG-TSEU), ayant suivi _Tseu-ngao_,

se rendit dans le royaume de _Thsi._

_Lo-tching-tseu_ étant allé voir MENG-TSEU, MENG-TSEU lui dit:

Êtes-vous venu exprès pour me voir?

--Maître, pourquoi tenez-vous un pareil langage?

--Depuis combien de jours êtes-vous arrivé?

--Depuis trois jours.

--Si c'est depuis trois jours, alors n'avais-je pas raison de vous

tenir le langage que vous avez entendu?

--Le lieu de mon séjour n'était pas encore déterminé.

--Avez-vous appris que ce n'est qu'après avoir connu le lieu de son

séjour que l'on va voir ceux auxquels on doit du respect?

--Je reconnais que j'ai commis une faute.

25. MENG-TSEU continuant à s'adresser à _Lo-tching-tseu_, lui dit: Vous

êtes venu, en accompagnant _Tseu-ngao_, dans le seul but de boire et

de manger. Je ne pensais pas qu'autrefois vous étudiiez les principes

d'humanité et de justice des anciens dans le seul but de boire et de

manger!

26. MENG-TSEU dit: Le manque de piété filiale est un triple défaut; le

manque de postérité est le plus grand des défauts.

_Chun_ se maria sans en prévenir son père et sa mère, dans la crainte

de ne pas laisser de postérité. Les hommes supérieurs ont pensé qu'en

agissant dans cette intention, c'est comme s'il avait prévenu son père

et sa mère.

27. MENG-TSEU dit: Le fruit le plus précieux de l'humanité, c'est de

servir ses parents. Le fruit le plus précieux de l'équité, c'est de

déférer aux avis de son frère aîné.

Le fruit le plus précieux de la prudence ou de la sagesse, c'est de

connaître ces deux choses et de ne pas s'en écarter. Le fruit le

plus précieux de l'urbanité est de remplir ces deux devoirs avec

complaisance et délicatesse.

Le fruit le plus précieux de la musique [qui produit la concorde et

l'harmonie] est d'aimer ces deux choses. Si on les aime, elles naissent

aussitôt. Une fois nées, produites, comment pourrait-on réprimer les

sentiments qu'elles inspirent? Ne pouvant réprimer les sentiments que

ces vertus inspirent, alors, sans le savoir, les pieds les manifestent

par leurs mouvements cadencés, et les mains par leurs applaudissements.

28. MENG-TSEU dit: Il n'y avait que _Chun_ qui pût voir, sans plus

d'orgueil que si c'eût été un brin d'herbe, un empire désirer ardemment

se soumettre à sa domination, et cet empire être plein de joie de sa

soumission. Pour lui, ne pas rendre heureux et contents ses parents,

c'était ne pas être homme; ne pas leur obéir en tout, c'était ne pas

être fils.

Lorsque _Chun_ eut accompli ses devoirs de fils envers ses parents, son

père _Kou-seou_ parvint au comble de la joie. Lorsque _Kou-seou_ fut

parvenu au comble de la joie, l'empire fut converti à la piété filiale.

Lorsque _Kou-seou_ fut parvenu au comble de la joie, tous ceux qui dans

l'empire étaient pères ou fils virent leurs devoirs fixés. C'est ce

que l'on appelle la grande piété filiale.

[1] _Li-leou_, homme qui vivait du temps de _Hoang-ti_, et fameux par

sa vue excessivement perçante. (_Commentaire._)

[2] Son petit nom était _Pan_, homme du royaume de _Lou_, dont

l'intelligence et le génie étaient extrêmes. (_Commentaire_.) Un autre

commentateur chinois ajoute que cet homme avait construit pour sa mère

un homme en bois qui remplissait les fonctions de cocher, de façon

qu'une fois le ressort étant lâché, aussitôt le char était emporté

rapidement comme par un mouvement qui lui était propre.

[3] _Jin-tching_, HUMANUM REGIMEN. La Glose explique ces mots en disant

que _c'est l'observation et la pratique de lois propres à instruire le

peuple et à pourvoir à ses besoins._

[4] Ode _Kia-lo_, section _Ta-ya._

[5] Ode _Pan_, section _Ta-ya_.

[6] _Pao khi min chin, tseu chin cha, kouë wang_. La même maxime est

reproduite sous différentes formes dans les _Quatre livres moraux_.

Voyez notre édition _chinoise-latine-française_ du _Ta-hio_, pag. 78-79.

[7] Comme _Yeou-wang_ et _Li-wang_, deux rois de la dynastie des

_Tcheou_, qui régnaient 878 et 781 ans avant notre ère.

[8] Ode _Tchang_, section _Ta-ya._

[9] Ode _Wen-wang_, section _Ta-ya_.

[10] Ode _Wen-wang_, section _Ta-ya_.

[11] Ode _Sang-jeou_, section _Ta-ya._

[12] Chapitre du _Chou-king._

[13] Ode _Sang-jeou_, section _Ta-ya._

[14] Comme les ministres. (_Commentaire._)

[15] Principe rationnel qui est en nous, vrai dans tout et pour tous,

et qui ne trompe jamais: c'est le fondement de la voie céleste.

(_Commentaire_)

[16] _Jan-kieou_, disciple de KHOUNG-TSEU.

[17] Certain sophiste du royaume de _'Ihsi.'_

[18] Ce sont les pères et mères, les personnes plus âgées, et le prince.

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 235 / 266 题