17. _Tchaï_ est sans intelligence.

_San_ a l'esprit lourd et peu pénétrant.

_Sse_ est léger et inconstant.

_Yeou_ a les manières peu polies.

18. Le Philosophe dit: _Hoeï_, lui, approchait beaucoup de la voie

droite! il fut souvent réduit à la plus extrême indigence.

_Sse_ ne voulait point admettre le mandat du ciel; mais il ne cherchait

qu'à accumuler des richesses. Comme il tentait beaucoup d'entreprises,

alors il atteignait souvent son but.

19. _Tseu-tchang_ demanda ce que c'était que la voie ou la règle de

conduite de l'homme vertueux par sa nature. Le Philosophe dit: Elle

consiste à marcher droit sans suivre les traces des anciens, et ainsi à

ne pas pénétrer dans la demeure la plus secrète [des saints hommes].

20. Le Philosophe dit: Si quelqu'un discourt solidement et vivement, le

prendrez-vous pour un homme supérieur, ou pour un rhéteur qui en impose?

21. _Tseu-lou_ demanda si aussitôt qu'il avait entendu une chose [une

maxime ou un précepte de vertu enseigné par le Philosophe] il devait

la mettre immédiatement en pratique? Le Philosophe dit: Vous avez un

père et un frère aîné qui existent encore [et qui sont vos précepteurs

naturels]; pourquoi donc, aussitôt que vous auriez entendu une chose,

la mettriez-vous immédiatement en pratique? _Yan-yeou_ demanda

également si aussitôt qu'il avait entendu une chose il devait la mettre

immédiatement en pratique? Le Philosophe dit: Aussitôt que vous l'avez

entendue, mettez-la en pratique. _Kong-si-hoa_ dit: _Yeou_ (_Tseu-lou_)

a demandé si aussitôt qu'il avait entendu une chose il devait la

mettre immédiatement en pratique? Le maître a répondu: Vous avez un

père et un frère aîné qui existent encore. _Khieou_ (_Yan-yeou_) a

demandé si aussitôt qu'il avait entendu une chose il devait la mettre

immédiatement en pratique? Le maître a répondu: Aussitôt que vous

l'avez entendue, mettez-la en pratique. Moi, _Tchi_ (_Kong-si-hoa_),

j'hésite [sur le sens de ces deux réponses]; je n'ose faire une

nouvelle question. Le Philosophe dit: Quant à _Khieou_, il est toujours

disposé à reculer; c'est pourquoi je l'aiguillonne pour qu'il avance:

_Yeou_ aime à surpasser les autres hommes; c'est pourquoi je le retiens.

22. Le Philosophe éprouva un jour une alarme dans _Kouang. Yan-youan_

était resté en arrière. [Lorsqu'il eut rejoint], le Philosophe lui

dit: Je vous croyais mort! [Le disciple] dit: Le maître étant vivant,

comment _Hoeï_ (_Yan-youan_) oserait-il mourir?

23. _Ki-tseu-jan_[5] demanda si _Tchouang-yeou_ et _Yan-khieou_

pouvaient être appelés de grands ministres.

Le Philosophe répondit: Je pensais que ce serait sur des choses

importantes et extraordinaires que vous me feriez une question, et vous

êtes venu me parler de _Yeou_ et de _Khieou!_

Ceux que l'on appelle grands ministres servent leur prince selon les

principes de la droite raison [et non selon les désirs du prince][6];

s'ils ne le peuvent pas, alors ils se retirent.

Maintenant _Yeou_ et _Khieou_ peuvent être considérés comme ayant

augmenté le nombre des ministres.

Il ajouta: Alors ils ne feront donc que suivre la volonté de leur

maître?

Le Philosophe dit: Faire périr son père ou son prince, ce ne serait pas

même suivre sa volonté.

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 162 / 266 题