1. Le Philosophe a dit: L'homme ignorant et sans vertu, qui aime à ne
se servir que de son propre jugement; l'homme sans fonctions publiques,
qui aime à s'arroger un pouvoir qui ne lui appartient pas; l'homme
né dans le siècle et soumis aux lois de ce siècle, qui retourne à
la pratique des lois anciennes, tombées en désuétude ou abolies, et
tous ceux qui agissent d'une semblable manière, doivent s'attendre à
éprouver de grands maux.
2. Excepté le fils du Ciel, ou celui qui a reçu originairement un
mandat pour être le chef de l'empire[23], personne n'a le droit
d'établir de nouvelles cérémonies, personne n'a le droit de fixer de
nouvelles lois somptuaires, personne n'a le droit de changer ou de
corriger la forme des caractères de l'écriture en vigueur.
3. Les chars de l'empire actuel suivent les mêmes ornières que ceux des
temps passés; les livres sont écrits avec les mêmes caractères, et les
mœurs sont les mêmes qu'autrefois.
4. Quand même il posséderait la dignité impériale des anciens
souverains, s'il n'a pas leurs vertus, personne ne doit oser établir de
nouvelles cérémonies et une nouvelle musique. Quand même il posséderait
leurs vertus, s'il n'est pas revêtu de leur dignité impériale, personne
ne doit également oser établir de nouvelles cérémonies et une nouvelle
musique.
5. Le Philosophe a dit: J'aime à me reporter aux usages et coutumes de
la dynastie des _Hia;_ mais le petit État de _Khi_, où cette dynastie
s'est éteinte, ne les a pas suffisamment conservés. J'ai étudié les
usages et coutumes de la dynastie de _Yin_ [ou _Chang_]; ils sont
encore en vigueur dans l'État de _Soûng_. J'ai étudié les usages et
coutumes de la dynastie des _Tcheou_; et comme ce sont celles qui sont
aujourd'hui en vigueur, je dois aussi les suivre.
Voilà le vingt-huitième chapitre. Il se rattache au
chapitre précédent, et il n'y a rien de contraire au
suivant. Il y est aussi question de la loi de l'homme.
(TCHOU-HI.)
[23] C'est ainsi que s'exprime la _Glose_.