CHAPITRE XIV.

1. L'homme sage qui s'est identifié avec la loi morale [en suivant

constamment la ligne moyenne également éloignée des extrêmes] agit

selon les devoirs de son état, sans rien désirer qui lui soit étranger.

2. Est-il riche, comblé d'honneurs, il agit comme doit agir un homme

riche et comblé d'honneurs. Est-il pauvre et méprisé, il agit comme

doit agir un homme pauvre et méprisé. Est-il étranger et d'une

civilisation différente, il agit comme doit agir un homme étranger et

de civilisation différente. Est-il malheureux, accablé d'infortunes, il

agit comme doit agir un malheureux accablé d'infortunes. Le sage qui

s'est identifié avec la loi morale conserve toujours assez d'empire sur

lui-même pour accomplir les devoirs de son état dans quelque condition

qu'il se trouve.

3. S'il est dans un rang supérieur, il ne tourmente pas ses inférieurs;

s'il est dans un rang inférieur, il n'assiège pas de sollicitations

basses et cupides ceux qui occupent un rang supérieur. Il se tient

toujours dans la droiture, et ne demande rien aux hommes; alors la paix

et la sérénité de son âme ne sont pas troublées. Il ne murmure pas

contre le ciel, et il n'accuse pas les hommes de ses infortunes.

4. C'est pourquoi le sage conserve une âme toujours égale, en attendant

l'accomplissement de la destinée céleste. L'homme qui est hors de la

voie du devoir se jette dans mille entreprises téméraires pour chercher

ce qu'il ne doit pas obtenir.

5. Le Philosophe a dit: L'archer peut être, sous un certain point de

vue, comparé au sage: s'il s'écarte du but auquel il vise, il rentre

en lui-même pour en chercher la cause.

Voilà le quatorzième chapitre.

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 85 / 266 题