Sur le devoir de se perfectionner soi-même en pénétrant son âme de
probité et de droiture.
1. Ces paroles, _se corriger soi-même de toutes passions vicieuses
consiste à donner de la droiture à son âme_, veulent dire: Si l'âme
est troublée par la passion de la colère, alors elle ne peut obtenir
cette _droiture;_ si l'âme est livrée à la crainte, alors elle ne
peut obtenir cette _droiture_; si l'âme est agitée parla passion de la
joie et du plaisir, alors elle ne peut obtenir cette _droiture_; si
l'âme est accablée par la douleur, alors elle ne peut obtenir cette
_droiture_.
2. L'âme n'étant point maîtresse d'elle-même, on regarde, et on ne voit
pas; on écoute, et on n'entend pas; on mange, et on ne connaît point la
saveur des aliments. Cela explique pourquoi l'action de _se corriger
soi-même de toutes passions vicieuses consiste dans l'obligation de
donner de la droiture à son âme_.
Voilà le septième chapitre du Commentaire. Il explique
ce que l'on doit entendre par _se corriger soi-même de
toute habitude, de toutes passions vicieuses, en donnant
de la droiture à son âme_[12].
[12] Ce chapitre se rattache aussi au précédent, afin d'en lier le sens
à celui du chapitre suivant. Or, _les intentions étant rendues pures
et sincères_, alors la vérité est sans mélange d'erreur, le bien sans
mélange de mal, et l'on possède véritablement la vertu. Ce qui peut
la conserver dans l'homme, c'est le cœur ou la faculté intelligente
dont il est doué pour dompter ou maintenir son corps. Quelques-uns ne
savent-ils pas seulement rendre leurs intentions pures et sincères,
sans pouvoir examiner soigneusement les facultés de l'intelligence qui
sait les conserver telles? alors ils ne possèdent pas encore la vérité
intérieurement, et ils doivent continuer à améliorer, à perfectionner
leurs personnes.
Depuis ce chapitre jusqu'à la fin, tout est parfaitement conforme aux
anciennes éditions. (TCHOU-HI.)