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Vous le voyez, mon parti est bien pris, Madame. Je souhaite qu’il soit
dans le sens où vos intérêts amoureux sont le mieux servis. Dans la
pratique, il est souvent difficile à prendre, parce que la bégueulerie
contemporaine ne permet pas de s’éclairer sur toutes les pièces du
procès. On reconnaît immédiatement une femme laide de visage. Mais
une femme belle de corps ne se révèle, sans se livrer, qu’à certains
délicats, sachant du premier coup déshabiller la femme, sans toucher
à une agrafe de son corset ni à un cordon de ses jupons. C’est un art
suprême, mais qui demande une expérience longue et souvent coûteuse
à acquérir. Ce que les femmes vous font payer ces leçons de choses!
Mais passons. La morale--il y en a toujours une dans mes précieuses
dissertations--est qu’il ne faut jamais condamner une femme sur son
visage et la proclamer laide parce qu’elle a les traits peu plaisants.
Un chercheur consciencieux, un érudit sincère, un magistrat intègre
s’efforce de lui faire montrer le reste avant de la juger. C’est
une façon de procès qui n’a rien de déplaisant à instruire, une
jurisprudence dont on se farcit sans ennui, une méthode de continuer
Cujas que je conseille aux amateurs d’agréables surprises. On n’y
saurait trop reproduire la scène du crime. Cultivez, mes enfants, ces
Pandectes-là!
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