MAÏA À CHRISTINE.

«Tête folle, tu me fais peur! Par bonheur, nous avons un congé. On

traverse encore le Sund en traîneau; attends-moi: je t'arrive. Chère

Christine, tu vois une baronne à tes pieds; j'y mets le baron, si tu

veux; mais, par grâce, je t'en conjure, pas de précipitation inutile,

rien d'irrévocable, d'irréparable!... Rien, entends-tu! rien avant de

m'avoir revue! Attends! c'est tout ce que je te demande pour quinze ans

d'affection vraie! Ah! sois donc un peu malheureuse, et tu verras si on

t'aime!... Ta lettre! je l'ai trop lue, elle me donne le frisson.... Tu

le sais, mon amitié est inquiète et troublée comme l'amour.... Je crois

que je suis née pour être une amie!... _ton_ amie!... Si tu ne me

promets pas d'être sage, je pars comme je suis, sans mes fourrures et

sans mon baron....

Mais ris donc un peu, malheureuse! Tu vois que je ne veux pas pleurer.

Adieu, Christine chère, je t'aime tendrement!»

Christine(#35766) · 第 31 / 39 题