_Lettre écrite par Marcel DUCREUX, engagé volontaire au 4e Régiment
mixte de Zouaves, tombé an champ d'honneur._
Fin Décembre 1914.
Mes chers parents,
Accroupi dans la paille d'une modeste maisonnette de village, un sac en
manière de pupitre, je suis heureux de pouvoir vous envoyer mes voeux de
bonne année, s'il est possible qu'en les circonstances actuelles l'année
1915 soit pour quelques-uns pas trop douloureuse.
Ces voeux sont aussi les vôtres et un peu ceux de tout le monde, ils se
trouvent confondus en un seul espoir, celui de se trouver réunis, en
bonne santé, au grand jour de la Victoire française définitive.
Le général Joffre a lancé à tous ses soldats une proclamation dans
laquelle il fait savoir que, pour en terminer avec la situation présente
et chasser les Allemands de notre sol, un grand coup reste à frapper et
que pour cela il compte sur tous.
Tenons-nous donc prêts pour ce sublime assaut libérateur.
En ce qui me concerne, mes chers parents, sachez que ni l'énergie, ni la
notion du devoir ne me feront défaut et qu'à quelque prix que ce soit,
je serai ce que vous m'avez appris à être, un bon Français et un homme
de coeur.
Mon cher Papa, ma chère Maman, mes chères petites Soeurs, recevez les
baisers remplis d'effusion de votre petit soldat bien-aimé.
Marcel DUCREUX.
_Lettre écrite par Henri-Rémy DUHEM, 147e Régiment d'Infanterie, tombé
au champ d'honneur, à l'assaut des Eparges, le 20 Juin 1915._