MM. Nicolle, Conor et Conseil avaient démontré, il y a peu de temps, que
l'inoculation intraveineuse de vibrions cholériques ou de bacilles
dysentériques vivants, séparés des substances du milieu de culture par
des centrifugations et des lavages successifs, est sans danger pour
l'homme. De nouvelles expériences semblent établir qu'il en est de même
du bacille typhique.
Deux sujets, inoculés deux fois dans les veines à quatorze jours
d'intervalle, ont reçu 100 millions, puis 1.200 millions de microbes, et
n'ont éprouvé aucun mal. Des inoculations relativement beaucoup plus
fortes ont été pratiquées sur des lapins et ont donné des résultats
analogues.
Un procédé de vaccination avec des cultures vivantes paraît devoir être
très actif, mais il présente à la fois un avantage et un inconvénient.
D'une part, il ne détermine aucune réaction locale; d'autre part, les
cultures vivantes doivent être utilisées dans un délai très court.
Les auteurs espèrent trouver un procédé où la vitalité du microbe sera
supprimée, mais où son altération sera moindre qu'avec les méthodes
actuelles de stérilisation par la chaleur ou par des antiseptiques.
[Illustration: VIEILLES COUTUMES DE FRANCE.--Un baptême à cheval aux
Saintes-Maries-de-la-Mer. _Phot. G. Bouzanquet._]
Devant ces murailles patinées par le temps, dont on ne saurait dire au
juste si elles sont celles d'une église ou d'une citadelle, voici une
étrange réunion de cavaliers, rangés comme pour une parade. Sous leurs
larges sombreros, on les prendrait tout d'abord pour des «cow-boys».
Mais, à l'examen, on s'avise que la plupart de ces centaures ont en
croupe une jeune Arlésienne. Ce détail de costume situe à peu près la
scène sans toutefois l'expliquer. Disons tout de suite que c'est un
cortège de baptême peu banal. La marraine, montée à califourchon, tient
dans ses bras le nouveau-né qui vient de recevoir l'eau sainte; près
d'elle, fièrement campé sur sa monture et s'appuyant sur son trident
enrubanné, le jeune, frère du héros de la fête--un précoce cavalier de
quinze mois!--lui sert de garde du corps; et le prêtre, revêtu du
surplis et de l'étole, bénit l'assistance.
Que sont donc ces gens? Des «gardian» de chevaux et de taureaux
sauvages. Habitués à vivre isolément, parmi leur bétail, dans les vastes
steppes de la Camargue, ils sont restés à _cheval_--c'est le cas de le
dire--sur les us et coutumes de leur race. Et c'est pour obéir à la
tradition que l'un d'eux, «lou Mazard», baptisant son fils, convoqua ses
compagnons à lui faire escorte jusqu'à l'antique église fortifiée des
Saintes-Maries-de-la-Mer.