BIBLIOTHÈQUES DE LA MARINE ET DES COLONIES.
390. Les bibliothèques ressortissant au ministère de la marine et des
colonies peuvent se subdiviser en huit groupes:
1° Bibliothèques centrales, c'est-à-dire la bibliothèque du
ministère et le Dépôt des cartes et plans;
2° Bibliothèques des ports et des hôpitaux maritimes;
3° Bibliothèques de la justice maritime;
4° Bibliothèques de bord;
5° Bibliothèques des divisions des équipages de la flotte;
6° Bibliothèques régimentaires;
7° Bibliothèques des prisons maritimes;
8° Bibliothèques coloniales[516].
391. Un crédit de 55,800 francs est inscrit au budget de la marine pour
abonnements, achats de livres, frais de reliure, etc. Cette somme est
répartie par le ministère entre les diverses bibliothèques. Remarquons,
à ce propos, que l'organisation des bibliothèques maritimes n'est pas
centralisée en un seul service. La bibliothèque du ministère, le Dépôt
des cartes, les bibliothèques des ports et des hôpitaux sont rattachés
à la direction de la comptabilité; les bibliothèques de bord, à la
direction du matériel; celles des équipages, des régiments, de la
justice et des prisons à la direction du personnel; les bibliothèques
coloniales à la direction des colonies. Le moindre inconvénient de
ce système est un défaut constant d'unité dans le contrôle et la
surveillance supérieurs. Les bibliothèques sont regardées comme des
branches accessoires de chaque service, et leur sort est à la merci de
l'indifférence ou du zèle plus ou moins compétent des fonctionnaires
des bureaux dont elles relèvent.
392. Les six dernières des catégories énumérées plus haut sont
d'origine très récente. Les premières remontent à l'organisation même
du département de la marine. Les bibliothèques des ports ont été
virtuellement créées par un décret du 27 pluviôse an II (15 février
1794); l'ancienne Académie royale de marine avait fondé celle du
port de Brest, dès 1752[517]. Les bibliothèques des hôpitaux ont été
instituées par le règlement annexé à l'arrêté du Directoire du 19
pluviôse an VI (7 février 1798). Ces divers établissements furent
longtemps fort mal entretenus, et, de 1819 à 1834, la correspondance
des commandants et intendants de la marine, puis des préfets maritimes,
appelle régulièrement sur leur déplorable situation l'attention de
l'administration centrale. La seule satisfaction donnée à ces demandes
fut la répartition, en 1820-1821, d'une somme de 5,000 francs entre
les bibliothèques des ports. La bibliothèque du ministère n'était
guère mieux administrée; elle ne possédait pas même un conservateur
titulaire. L'amiral Duperré, trois fois ministre de la marine, de
1834 à 1840, se préoccupa, dès sa première entrée aux affaires, de
réorganiser ce service. Il constitua d'abord dans les cinq ports et
quatre hôpitaux maritimes, pourvus de bibliothèques[518], un personnel
de bibliothécaires choisis parmi des officiers en retraite, pris dans
tous les corps de la marine et versés dans la connaissance de la
littérature et de la bibliographie[519]. A la tête de la bibliothèque
du ministère, il plaça un conservateur qui fut chargé en outre de la
surveillance et de l'inspection générale des diverses bibliothèques
de la marine[520]. Les préfets maritimes furent en même temps invités
à nommer dans chaque port une commission composée d'officiers
appartenant à tous les corps pour signaler les ouvrages qui manquaient
à leurs bibliothèques[521]. Bientôt, à la demande du ministre, les
Chambres votèrent un crédit de 30,000 francs en vue des acquisitions
nécessaires, et un autre de 10,000 francs destiné à couvrir les frais
de confection et d'impression d'un catalogue général des bibliothèques
de la marine. Cet important travail, commencé en 1837, fut terminé
en 1842. Il comprend cinq volumes, dont quatre consacrés à la liste
méthodique des ouvrages et un à la table alphabétique des noms
d'auteurs et des titres des publications anonymes. Trois colonnes,
placées en regard de la nomenclature des titres, servent à désigner
les bibliothèques (de Paris, des ports ou des hôpitaux) où se trouve
chaque ouvrage. Les grandes divisions adoptées sont celles de Brunet,
sous la réserve que les spécialités concernant la marine précèdent
les généralités de leur classe. Pour permettre de tenir ce catalogue
au courant des accroissements successifs, on a tiré, à l'usage des
bibliothèques intéressées, des exemplaires dits _de service_, sur
format in-folio.
§ 1.--Bibliothèques centrales.
393. La bibliothèque du ministère est à la fois administrative et
technique; à côté des ouvrages nécessaires aux besoins du service
des bureaux, elle renferme ceux relatifs aux diverses branches des
sciences navales, à l'histoire de la marine, etc. Quoique les frais de
reliure et d'abonnement aux périodiques absorbent la plus grande partie
des fonds disponibles, elle possède environ 40,000 volumes et 6,000
brochures[522].
Elle est ouverte tous les jours non fériés, de 10 à 5 heures pour
le personnel des bureaux et les officiers des différents corps de
la marine; et de 1 heure à 4 heures pour les personnes étrangères à
l'administration, qui ont obtenu du ministre l'autorisation spéciale
d'y travailler et qui ne sont admises que dans la salle de lecture.
Le prêt est accordé aux officiers, fonctionnaires et employés attachés
au ministère, sur demande écrite et visée par le sous-directeur du
«service intérieur et des bibliothèques»; le délai maximum est fixé
à un mois. Les collections du _Bulletin des lois_, des _Annales
maritimes_, du _Bulletin officiel de la marine_ et du _Journal
militaire officiel_, les catalogues, annuaires, dictionnaires et atlas
ne sont jamais déplacés[523].
Le bibliothécaire, assimilé au personnel administratif du ministère, a
rang de sous-chef de bureau.
394. Le Dépôt des cartes et plans, qui remonte au XVIIe siècle, publie,
comme on sait, les cartes marines, les instructions nautiques, les
grands travaux relatifs à la navigation et surveille l'exécution des
chronomètres et autres instruments de précision pour la marine. Il est
établi à Paris et placé sous la direction d'un officier général. Des
ingénieurs hydrographes sont chargés des travaux scientifiques et des
administrateurs surveillent le service intérieur. Parmi ces derniers,
et au premier rang, figure un conservateur des archives scientifiques
et de la bibliothèque, qui peut être pris parmi les ingénieurs
hydrographes et assimilé aux chefs de bureau[524]. La bibliothèque du
Dépôt des cartes est fort belle et luxueusement aménagée: elle n'est
pas publique, mais est ouverte au personnel des divers services de
la marine. Des catalogues alphabétique et méthodique y sont tenus
à jour. La plupart des communications se font dans les bureaux; il
n'est prêté au dehors aucun livre sans autorisation du ministre.
Le nombre total des volumes atteint près de 50,000; la principale
source d'accroissement consiste dans les dons que les pays étrangers
envoient en grand nombre au Dépôt. Le comité hydrographique, auquel
sont soumises toutes les questions ayant un intérêt scientifique, est
également appelé à statuer sur l'opportunité des achats[525].
§ 2.--Bibliothèques des ports et des hôpitaux.
395. Les bibliothèques des ports, placées dans les attributions du
major général[526], sont régies par un règlement du 6 avril 1839. Les
volumes y sont classés sur les rayons dans l'ordre des numéros du
_Catalogue général_[527]: elles possèdent presque toutes des catalogues
méthodiques et alphabétiques et sont, à la fin de chaque année,
l'objet d'un récolement dressé contradictoirement par le garde-magasin
général du port et par le conservateur, pour en établir la situation
en quantités et en valeurs, conformément aux règles usitées pour la
comptabilité du matériel de la marine.
Placées dans les arsenaux, les bibliothèques de port sont ouvertes aux
officiers de marine, d'administration, d'artillerie, d'infanterie, aux
ingénieurs et médecins de la marine. Les bibliothèques de Brest, de
Lorient, de Cherbourg sont également ouvertes le soir. La durée totale
des séances n'est nulle part moindre de sept heures; elle atteint onze
heures à Lorient. Les conservateurs sont nommés par le ministre et
recrutés parmi les officiers des divers corps de la marine retraités
et, autant que possible, n'ayant pas obtenu un grade supérieur à celui
de lieutenant de vaisseau ou assimilé[528].
Le prêt est partout autorisé, mais subordonné à une permission du
préfet maritime ou du major général qui en fixent toujours la durée;
le délai maximum est de deux mois. Par une bizarrerie dont nous ne
connaissons pas d'autre exemple, le même ouvrage ne peut être prêté de
nouveau au même emprunteur que six mois après sa restitution[529].
396. Les bibliothèques des hôpitaux maritimes sont exclusivement
réservées au personnel médical de la marine et placées sous la haute
surveillance du directeur du service de santé. Elles sont administrées
par des conservateurs nommés par le ministre et choisis parmi les
officiers du corps de santé de la marine retraités, et n'ayant pas
dépassé, autant que possible, le grade de médecin ou de pharmacien de
première classe; à défaut de candidats de cette catégorie, le ministre
désigne d'anciens officiers ou fonctionnaires de la marine[530].
Le prêt est subordonné à l'autorisation du directeur du conseil de
santé[531].
Les bibliothèques des ports et des hôpitaux n'ont pas de ressources
propres: elles ne sont entretenues que par des envois irréguliers du
ministère et les libéralités de quelques officiers de marine[532].
§ 3.--Bibliothèques de la justice maritime.
397. Le ministère a établi, en 1860[533], dans chacun des cinq ports
militaires, et, en 1868[534], dans chaque colonie, une bibliothèque
commune à tous les tribunaux de la marine siégeant à terre. Elle
se compose des collections et ouvrages de droit ou autres, et des
instructions envoyées par le département. Ces documents sont de deux
sortes:
1° Ceux dont un certain nombre d'exemplaires peut être affecté
au service des divers tribunaux, sans que la bibliothèque en
soit démunie;
2° Ceux dont l'usage demeure commun à toutes les juridictions.
Le greffier du premier tribunal maritime, déjà chargé du dépôt central
des archives judiciaires de l'arrondissement maritime, est en même
temps conservateur de cette bibliothèque et tient enregistrement des
entrées. Il peut remettre, sur leurs récépissés, aux présidents,
commissaires du gouvernement, rapporteurs et greffiers des tribunaux
permanents du port, des exemplaires des ouvrages de la première
catégorie, dont ces fonctionnaires restent détenteurs à titre continu.
Les ouvrages de la deuxième catégorie sont, en principe, consultés sur
place. Ils peuvent toutefois être confiés aux mêmes fonctionnaires, qui
sont tenus de les réintégrer à la bibliothèque, dans les vingt-quatre
heures, et immédiatement s'ils en sont requis d'urgence par le greffier
dépositaire.
398. En cas de contestation, le greffier en réfère au commissaire du
gouvernement près le premier tribunal maritime, investi de la haute
surveillance de la bibliothèque comme du dépôt d'archives judiciaires.
Si son intervention est restée inefficace, le commissaire soumet le cas
au préfet maritime, qui statue définitivement.
Les commissaires du gouvernement doivent remettre au conservateur
toutes les dépêches intéressant le service général de la justice
maritime qui leur sont adressées, après en avoir pris communication,
les avoir munies de leur visa et notifiées à qui de droit.
Les ouvrages de la bibliothèque de justice maritime peuvent être
consultés par quiconque en fait la demande, mais sans déplacement des
livres.
§ 4.--Bibliothèques de bord.
399. Par décision du 30 décembre 1837[535], le ministre avait créé à
l'usage des officiers de petites bibliothèques de bord, en faisant
remettre aux bâtiments, comme premier fonds, la collection des _Annales
maritimes_ et des _Lois de la marine_. Mais ce ne sont pas les recueils
de documents officiels que l'on a coutume de désigner sous ce nom. Les
bibliothèques dites _de bord_ ont été fondées pour l'équipage, sous
l'Empire, et on ne leur connaît un fonctionnement général et régulier
que depuis 1867. Le ministre décida, à cette époque[536], de doter
d'une bibliothèque de bord tout bâtiment de la marine de l'État ayant
plus de 50 hommes d'équipage. On forma à cet effet, dans chaque port
militaire, sous le nom de _bibliothèque centrale_, un dépôt qu'il
ne faut pas confondre avec les _bibliothèques de port_ dont nous
avons parlé, et où sont centralisés de grands recueils, tels que la
collection du _Magasin pittoresque_ et les quelques volumes destinés
aux bibliothèques de bord. Celles-ci se composent donc: 1° d'ouvrages
qui restent à bord pendant tout le temps de l'armement des navires;
2° d'un certain nombre de volumes détachés des collections conservées
dans les bibliothèques centrales, lesquels sont renouvelés au moyen
d'échanges entre les bâtiments qui se trouvent dans les mêmes parages
ou d'envois en remplacement faits par les bibliothèques centrales[537].
400. Les bibliothèques de bord sont réparties en trois classes,
attribuées aux bâtiments en raison de leur importance: la première
classe comprend les bâtiments dont l'équipage dépasse 300 hommes; la
deuxième, les bâtiments dont l'équipage varie entre 150 et 300 hommes;
la troisième, les bâtiments dont l'équipage varie entre 50 et 100
hommes[538].
Il est alloué en outre une bibliothèque de première classe au
service _collectif_ de chacun des groupes de bâtiments de rang
inférieur qui forment les stations locales de la Cochinchine, de la
Nouvelle-Calédonie, de la Guyane, du Sénégal, du Gabon, de Taïti et de
Saint-Pierre et Miquelon.
401. Les bibliothèques de bord sont composées d'ouvrages inscrits dans
un catalogue spécial publié par le ministère et annexé à la circulaire
du 21 novembre 1879.
Les livres sont renfermés dans une armoire grillée, placée dans la
batterie des vaisseaux et frégates, ou dans le faux-pont des autres
bâtiments, à un endroit aussi apparent que possible et d'un accès
facile pour les matelots. Ils sont à la charge du premier maître
de timonerie qui, tout en prenant les précautions nécessaires pour
leur conservation, doit en favoriser la circulation et s'appliquer à
simplifier les formalités du prêt. Pour l'aider dans sa surveillance
sur la sortie et la rentrée des volumes, il lui est adjoint un
_bibliothécaire_, choisi parmi les hommes de l'équipage reconnus aptes
à remplir ces fonctions. Cet auxiliaire reçoit un supplément de solde
de 0 fr. 20 c. par jour dans les bibliothèques de première classe, de
0 fr. 15 c. dans celles de deuxième, et de 0 fr. 10 c. dans celles de
troisième.
§ 5.--Bibliothèques des divisions des équipages de la flotte.
402. C'est en 1872 seulement que le ministre de la marine a prescrit
pour la première fois d'établir dans les cinq divisions des équipages
de la flotte des bibliothèques et des salles de lecture offrant aux
officiers-mariniers, quartiers-maîtres et marins le moyen d'employer
utilement les loisirs que leur laissent chaque jour les exercices
réglementaires[539]. Il se borna d'abord à ordonner le prêt d'une
bibliothèque de bord à chaque division, mais les dons du Dépôt des
cartes et plans, du ministère de la marine, de la Société Franklin,
qui ouvrait alors sa grande souscription pour les bibliothèques
militaires, de la Société de géographie, de la Société centrale des
secours aux naufragés, et aussi ceux des officiers en activité ou en
retraite donnèrent bientôt à la fondation nouvelle l'importance que
son utilité comportait[540]. Par le règlement du 30 avril 1873, M. le
vice-amiral Pothuau en détermina le fonctionnement. D'autre part, une
commission, composée d'officiers supérieurs et de fonctionnaires des
départements de l'instruction publique et de la marine, fut chargée
d'établir un catalogue de livres pour les équipages[541]. Par décision
du 24 décembre 1873, elle a été constituée en «commission permanente
des bibliothèques des divisions des équipages de la flotte, des corps
de troupe de la marine et des prisons maritimes»[542]. Plusieurs
suppléments au catalogue primitif ont été publiés par ses soins, et
l'administration se propose de faire imprimer un nouveau catalogue
général.
403. Dans chaque division, un local plus ou moins vaste est
exclusivement affecté au service de bibliothèque et de salle de
lecture[543]. Les objets d'ameublement (tables, chaises, armoires
vitrées, etc.) sont fournis par l'entremise du service des travaux
hydrauliques, comme les autres objets de casernement.
404. La bibliothèque, placée sous le contrôle immédiat de
l'adjudant-major chargé des écoles, est soumise à la haute surveillance
d'une commission permanente consultative, dite _Commission de la
bibliothèque de la division_ et composée: du commandant de la division,
président; du commissaire aux armements, du major de la division, du
médecin-major et de l'adjudant-major chargé des écoles. La commission
formule, pour être transmises à l'autorité supérieure, ses propositions
en vue d'améliorer le service; elle se rend compte du fonctionnement
de la bibliothèque, de la tenue des catalogues et registres et, chaque
trimestre, consigne ses observations dans un rapport qui est annexé
à celui du commandant de la division. Elle y indique notamment les
ouvrages le plus fréquemment demandés, ceux existant dont il semble bon
d'augmenter le nombre d'exemplaires, ceux qu'il pourrait être utile
d'ajouter au catalogue officiel. Elle examine en outre les ouvrages
offerts à la bibliothèque et, suivant les cas, en propose l'acceptation
ou le rejet. Les rapports trimestriels et ces propositions isolées sont
soumis à la commission centrale, sur l'avis de laquelle le ministre
prononce; aucun ouvrage, de quelque nature qu'il soit, provenant de don
ou d'achat, ne peut être admis dans les bibliothèques des divisions,
aucun abonnement ne peut être pris sans une décision spéciale du
ministre[544].
405. Le bibliothécaire est nommé et révocable par le préfet
maritime, sur la proposition du commandant de la division et l'avis
du major général. C'est un officier-marinier retraité, du grade de
premier-maître ou de maître. Il lui est alloué, à ce titre, sur
les fonds de la masse générale d'entretien de la division, une
gratification de 600 francs par an, payable par trimestres[545]. Il
est chargé, sous sa responsabilité pécuniaire, de la conservation
des livres, hors le cas où ils sont confiés à un lecteur; il est
assisté, pour la surveillance de la salle, d'un second maître ou
d'un quartier-maître, et, d'après les propositions du commandant de
la division, le préfet maritime lui adjoint le nombre de plantons
nécessaire.
Le bibliothécaire doit tenir: 1° Un livre-journal des entrées et des
sorties;
2° Un inventaire de la bibliothèque;
3° Un registre d'inscription des lecteurs;
4° Un catalogue méthodique.
La commission peut lui imposer en outre la tenue d'un catalogue
alphabétique par noms d'auteurs et d'un jeu de fiches mobiles
permettant de retrouver dans les recueils périodiques les articles
parus sur un même sujet.
Chaque volume est pourvu d'une double étiquette, sur le dos et sur
la première page, où sont relatés son numéro au livre-journal, à
l'inventaire, sa lettre de série, le numéro de la subdivision et celui
du catalogue. Un tel luxe de numérotation ne peut, suivant nous,
qu'être une source de confusion, et l'expérience a depuis longtemps
démontré les inconvénients de cette surabondance de chiffres[546].
406. On procède, à la fin de chaque année, au récolement de la
bibliothèque et à l'établissement de l'inventaire qui reproduit les
renseignements portés au livre-journal d'entrée, c'est-à-dire la
description du volume avec mention de sa valeur: on tient compte dans
l'inventaire de la plus-value résultant de la reliure ou du cartonnage
pour les ouvrages brochés au moment de leur entrée. Une expédition de
l'inventaire est adressée au ministre, sous le timbre: _Direction du
personnel. Bureau des équipages de la flotte._
407. Les bibliothèques des divisions sont ouvertes en permanence, le
jour et le soir, hiver et été, aux heures fixées par un arrêté du
préfet maritime, lequel détermine également les mesures d'ordre et
de police intérieure. On y admet tous les officiers-mariniers, même
ceux en disponibilité, et les quartiers-maîtres, marins ou assimilés,
en service à la division, à la réserve, sur les bâtiments en rade ou
dans le port. La séance du jour doit avoir une durée de quatre heures
au moins, celle du soir se termine à dix heures. La première a même
été scindée en deux, ce qui donne trois séances par jour; ainsi la
bibliothèque de Brest est ouverte de 9 à 11 heures le matin, de 2 à 4
heures l'après-midi, et de 6 heures 30 à 10 heures le soir.
Le bibliothécaire inscrit sur un registre à souche les noms, grade et
numéro matricule de tout lecteur, en indiquant s'il appartient à la
division, à la réserve, à la disponibilité ou à un bâtiment armé, et,
dans ce dernier cas, il ajoute le nom du bâtiment. A ces renseignements
sommaires il joint le titre de l'ouvrage ou des ouvrages que le
lecteur peut prendre _successivement_ dans la même séance, en ayant
soin de faire suivre cette mention d'un R à chaque restitution de
livres. Lorsque le lecteur se retire, il lui remet un laissez-passer
détaché de la souche qu'un planton de service exige à la sortie. Ces
laissez-passer sont comptés le soir; on en établit la concordance avec
le nombre des lecteurs inscrits dans la journée, puis on les détruit
pour éviter qu'ils puissent servir de nouveau. Ces formalités sont
excessives: on y retrouve cette tendance à multiplier inutilement
les écritures, que nous avons constatée dans la confection des
étiquettes et que nous aurions pu signaler aussi dans l'établissement
de l'inventaire annuel. Il semble difficile que, dans une bibliothèque
un peu fréquentée, et celles des divisions le sont beaucoup, le
bibliothécaire puisse suffire à la seule tâche des inscriptions sur
ses différents registres. On simplifierait utilement son travail en
laissant au lecteur le soin d'inscrire lui-même, avec son nom et son
numéro matricule, le titre sommaire de l'ouvrage qu'il désire, sur un
bulletin qu'il devrait, en sortant, remettre au planton de service,
muni de la lettre R par le bibliothécaire. Il suffirait de conserver
ces bulletins pour établir ensuite le mouvement de la bibliothèque.
408. Les pertes et dégradations sont imputables au lecteur, ou
au bibliothécaire, ou à la masse générale d'entretien si aucune
responsabilité n'est en jeu. La perte d'un volume est appréciée
comme celle de l'ouvrage complet, à moins que le volume ne puisse
être remplacé isolément. Aucune dégradation n'est évaluée à moins du
cinquième du prix de l'ouvrage.
Sous aucun prétexte, il ne doit y avoir d'encrier sur la table de la
salle de lecture; les lecteurs ne peuvent prendre des notes qu'au
crayon. Cette disposition est fâcheuse; le lecteur sérieux qui
voudra conserver ses notes sera contraint de les recopier ensuite.
Ne pourrait-on, à côté de la table commune affectée aux lecteurs,
installer une table moins grande, pourvue d'encriers, à l'usage des
véritables travailleurs?
409. Le ministre alloue à chaque bibliothèque des équipages, pour
acquisitions, abonnements, reliures, indemnités aux agents, un crédit
annuel de 2,500 francs, pris sur la masse générale d'entretien de la
division[547]. L'administration de la marine suit donc une règle de
conduite tout opposée à celle de l'administration de la guerre: alors
que celle-ci réserve ses subventions aux bibliothèques de garnison, à
l'exclusion de celles des corps de troupe, la marine n'affecte aucuns
fonds aux bibliothèques de port fréquentées par les officiers seuls, et
subventionne au contraire celles des équipages.
Les bibliothèques des divisions des équipages fonctionnent avec une
grande régularité. Le mouvement des livres y croît dans une proportion
notable[548].
§ 6.--Bibliothèques régimentaires de la marine.
410. Ces bibliothèques sont le complément naturel de celles des
équipages de la flotte et le pendant des bibliothèques des corps de
troupe de l'armée de terre[549].
Les conseils d'administration centraux des régiments d'artillerie et
d'infanterie de marine procèdent, au moyen des ressources que leur
attribue le ministère pour les bibliothèques, aux achats de livres,
documents et brochures destinés à leur portion centrale et à leurs
détachements en France ou dans les colonies, sous la direction de la
commission permanente siégeant à Paris, dont il a été parlé plus haut.
Le catalogue officiel est le même pour les bibliothèques régimentaires
que pour celles des divisions.
Ces bibliothèques sont ouvertes en permanence et, dans les colonies,
les livres peuvent être prêtés au dehors pour être lus dans les
chambrées, sous condition de les restituer dans la quinzaine[550]. Au
surplus, leur organisation et leur fonctionnement rappellent exactement
ceux des bibliothèques de caserne de l'armée de terre, que nous avons
exposés précédemment; il suffit donc d'y renvoyer. (Voir n{os} 382 et
suiv.)
§ 7.--Bibliothèques des prisons maritimes.
411. Le principe de leur fondation a été inscrit dans le décret du 7
avril 1873: «Une bibliothèque, dont la composition est déterminée par
un arrêté du ministre de la marine, est installée dans toute prison
maritime (art. 47).» La commission chargée d'établir le catalogue
des bibliothèques des divisions reçut mission d'en dresser un autre
spécial à ces établissements, conçu sur le même plan que celui adopté
pour les prisons civiles; il a été approuvé par le ministre, le 24
décembre 1873, et la commission, devenue permanente, y a fait depuis de
nombreuses additions[551].
Aucun livre provenant d'achat ou de don n'est admis dans les prisons
sans une autorisation spéciale du ministre, accordée après avis de la
commission[552]. Le commissaire aux hôpitaux et aux prisons examine
d'abord les ouvrages offerts et formule une proposition d'admission ou
de rejet, que la commission centrale est appelée à apprécier dans un
rapport sur le vu duquel le ministre statue. Le commissaire envoie en
outre un rapport trimestriel sommaire analogue à celui de la commission
de la bibliothèque de chaque division, dont on voit que toutes les
attributions lui sont dévolues en ce qui concerne la bibliothèque
pénitentiaire.
412. La prison ne comporte pas de salle spéciale pour la communication
des livres. Ceux-ci sont généralement rangés dans des armoires vitrées,
confiées aux soins d'un surveillant désigné par le directeur. Les
heures de lecture sont peu nombreuses: deux ou trois par jour, suivant
la saison. Les ouvrages sont prêtés aux détenus et l'on impute la
valeur des dégradations au compte individuel du lecteur; on a établi un
tarif pour les taches, les lacérations, etc.[553]. Grâce à cette mesure
préventive, les livres se conservent en aussi bon état que dans une
bibliothèque populaire[554].
§ 8.--Bibliothèques coloniales.
413. Nous ne désignons pas sous ce nom les rares bibliothèques
publiques entretenues dans les colonies par les municipalités; leur
insuffisance seule les distingue des bibliothèques communales de la
métropole. On appelle proprement bibliothèques coloniales celles
établies par les gouvernements et subventionnées par les conseils
généraux. Elles relèvent du ministère de la marine qui les a fondées
vers 1826[555], et sont placées, aux colonies, dans les attributions de
la direction de l'intérieur. Toutes laissent à désirer sous le rapport
de l'aménagement, de la composition, de la surveillance. Une enquête
récente ordonnée par le ministre l'a éclairé sur cet état d'abandon et
de désordre, auquel il s'est immédiatement occupé d'apporter remède.
Il a institué dans ce but une commission de sept membres, chargée
d'indiquer les mesures de réorganisation nécessaires[556]. Mais
l'administration centrale n'a pas à subventionner les bibliothèques
coloniales; dès lors, son intervention reste purement consultative,
c'est-à-dire quelque peu platonique. Aussi la commission n'a-t-elle pu
que rédiger des instructions pratiques sur la tenue des bibliothèques
qu'il conviendrait d'installer soit au siège du gouvernement, soit
dans les mairies, selon la disposition des locaux; bibliothèques d'un
ordre assez élevé pour offrir des ressources de travail aux lecteurs
déjà lettrés, et cependant accessibles aux classes laborieuses. Elle
est entrée dans tous les détails du classement, de la confection
des catalogues et aussi des mesures spéciales de conservation que
la multiplicité des insectes rend indispensables aux colonies; elle
a signalé les modes d'acquisition le plus avantageux, le ministère
offrant de se charger gratuitement du transport des livres à leur
destination. Il appartient aux conseils généraux de mettre en pratique
les recommandations de la commission: c'est de leur libéralité, du bon
emploi des crédits alloués et du choix des bibliothécaires que dépend
tout l'avenir des bibliothèques coloniales.
414. Les hôpitaux militaires des colonies sont pourvus de petites
bibliothèques composées sur le modèle de celles des divisions des
équipages de la flotte. Les ouvrages provenant de dons ou d'achats n'y
sont admis que sur une décision spéciale du ministre, rendue après avis
de la commission permanente des bibliothèques des divisions. Les dons
effectués dans les colonies sont d'abord examinés par une commission
locale composée du commissaire aux hôpitaux, d'un médecin de la marine
et d'un officier des corps de troupe de la marine. Cette commission
formule une proposition d'admission ou de rejet, transmise à l'autorité
métropolitaine et soumise à l'appréciation de la commission permanente,
sur le rapport de laquelle le ministre prend une décision[557].
NOTES
[516] On pourrait ajouter à cette liste les bibliothèques des
écoles navale, d'artillerie, d'application du génie maritime,
d'hydrographie, de pyrotechnie, etc.; plusieurs ont une réelle
importance. Elles sont réservées au personnel enseignant et
entretenues par le budget des écoles; mais elles n'ont été
l'objet d'aucun règlement général et il n'existe entre elles
aucun lien administratif.
[517] Le catalogue avait été publié en 1788. La bibliothèque
possédait alors 6,000 volumes environ.
[518] L'hôpital de Lorient ne possède qu'une petite bibliothèque,
à l'usage des malades et non du corps médical. Les ouvrages
destinés au conseil supérieur de santé de Lorient sont conservés
à la bibliothèque du port.
[519] Arr. min. Mar. du 24 juillet 1836.
[520] Ord. du 25 janvier 1837, rendue sur le rapport de l'amiral
Rosamel.--Cf. arr. min. du 29 mars 1839 et du 19 octobre 1842.
Cette inspection générale avait été créée en faveur de M. Bajot,
qui avait été le véritable réorganisateur des bibliothèques de la
marine, et s'est éteinte avec lui.
[521] Circ. min. Mar. du 6 janvier 1837.
[522] Il faut ajouter qu'elle reçoit gratuitement un grand nombre
de périodiques contre lesquels elle échange la _Revue maritime et
coloniale_, publiée par le ministère.
[523] Déc. min. Mar. du 20 mai 1881.--Cf. Règl. du 19 juillet
1878.
[524] Déc. du 25 novembre 1854.
[525] Le budget des acquisitions est de 8,000 francs pour les
ouvrages et de 10,000 francs pour les cartes étrangères.
[526] Ord. du 17 décembre 1828, art. 21.
[527] Instr. du 14 décembre 1838.
[528] Traitements: à Cherbourg, Brest, Lorient et Rochefort,
1,000 francs; à Toulon, 1,200 francs.
[529] Nombre approximatif des volumes: Cherbourg, 11,000; Brest,
22,000; Lorient, 15,100; Rochefort, 10,387; Toulon, 12,518. On a
compté, dans les cinq ports, en 1884, 16,934 lecteurs et 2,318
prêts.--Les catalogues des livres et ouvrages existant dans
les bibliothèques et bureaux des chefs de service ou de détail
doivent être dressés en double expédition, dont une pour le
détenteur et une pour le commissaire aux travaux. Il est inutile
d'en remettre une expédition au conservateur de la bibliothèque
de port qui n'a pas à s'occuper des bibliothèques des bureaux,
dont le véritable bibliothécaire est le détenteur.--Arr. min. du
21 juillet 1851.
[530] Traitements: 1,000 francs.--Nombre des volumes: Cherbourg,
5,420; Brest, 14,423; Toulon, 8,500; Rochefort, 10,000. Cette
supériorité tient à ce que la bibliothèque de l'hôpital de
Rochefort dessert en même temps l'École de médecine navale et
s'accroît à l'aide d'achats effectués sur les fonds disponibles
de l'école.
[531] Le nombre des lecteurs, dans les quatre bibliothèques, a
été, en 1884, de 17,560, ayant reçu 52,962 communications; le
nombre des prêts, de 1,320, pour Cherbourg, Brest et Rochefort.
A l'hôpital maritime de Toulon, le prêt n'est accordé qu'aux
officiers du corps de santé, attachés à l'enseignement.
[532] Il existe encore dans les hôpitaux maritimes de petites
bibliothèques à l'usage des malades; elles sont inscrites au
budget du ministère pour un crédit total de 1,800 francs.
[533] Arr. min. Mar. du 20 novembre 1860.
[534] Arr. min. du 22 septembre 1868.
[535] Cf. Déc. min. Mar. du 30 octobre 1839.
[536] Circ. min. du 2 avril 1867.
[537] Jusqu'en 1880, les officiers chargés des archives, dans
les majorités générales, devaient adresser tous les six mois
au ministre un état de situation comprenant, dans l'ordre
alphabétique, les ouvrages d'histoire, de voyages et autres
existant en approvisionnement dans leurs dépôts respectifs. Ils
ont été dispensés de cette obligation par la circulaire du 4 mai
1880.--Cf. Circ. min. du 28 avril 1853 et du 6 juin 1866.
[538] Les bibliothèques de première classe reçoivent 200 volumes,
dont 165 de la première catégorie (ouvrages gardés à bord d'une
façon permanente) et 35 de la deuxième (volumes détachés des
recueils des bibliothèques centrales);
Les bibliothèques de deuxième classe reçoivent 150 volumes, dont
125 de la première et 25 de la deuxième catégorie;
Les bibliothèques de troisième classe reçoivent 100 volumes, dont
85 de la première et 15 de la deuxième catégorie (Circ. min du 21
novembre 1879).
[539] Circ. min. des 22 janvier, 13 avril et 28 août 1872.
[540] Voir le Rapport au ministre, de M. le vice-amiral Jurien
de la Gravière, en date du 7 novembre 1876 (_Revue marit. et
colon._, févr. 1877).
[541] Et en même temps un autre pour les bibliothèques des
prisons maritimes.--Déc. min. du 18 août 1873. Ces deux documents
ont été approuvés les 17 janvier et 20 mai 1874.
[542] Cf. Déc. min. des 21 avril 1876 et 20 février 1882. On
a également placé dans ses attributions les bibliothèques des
hôpitaux maritimes et des hôpitaux militaires aux colonies.--Sur
le rapport du président, en date du 30 mai 1885, la commission
a été réorganisée et composée comme suit: un vice-amiral,
président; le chef du bureau des bibliothèques populaires au
ministère de l'instruction publique; un capitaine de vaisseau;
un officier supérieur d'artillerie de marine; le chef du bureau
des troupes de la marine; le chef du bureau des équipages de
la flotte et de la justice maritime; un officier supérieur
d'infanterie de marine; le bibliothécaire du ministère de la
marine; le bibliothécaire du Dépôt des cartes et plans. Un commis
de l'administration centrale de la marine remplit les fonctions
de secrétaire.
[543] La salle de lecture de la division, à Brest, n'a pas moins
de 15{m},45 de longueur sur 6{m},40 de largeur. Elle est disposée
pour recevoir 130 lecteurs. A Lorient, au contraire, ce n'est
qu'une petite salle dépendant de l'école élémentaire.
[544] Arr. min. du 7 mars 1874, art. 1-3. Le préfet maritime, en
transmettant au ministère (bureau des équipages de la flotte) les
propositions de la commission locale concernant les acceptations
de dons, y joint son avis personnel.
[545] Circ. min. du 7 mars 1874.
[546] Le catalogue méthodique comprend six catégories d'ouvrages
et chaque subdivision a sa numérotation distincte.
{ I. Sciences et arts nautiques et militaires.
A. { II. Histoire maritime et militaire. Biographie de
{ marins et de militaires.
{ I. Sciences mathématiques. Arithmétique. Géométrie. Algèbre.
B. { Trigonométrie, etc.
{ II. Sciences physiques et naturelles. Physique. Chimie.
{ Histoire naturelle. Hygiène.
C. { I. Histoire générale. Biographie de personnages historiques.
{ II. Sciences géographiques. Géographie. Voyages scientifiques.
D. { I. Philosophie. Politique. Morale. Religion. Législation.
{ II. Sciences économiques. Commerce. Industrie.
E. { I. Littérature et beaux-arts. Auteurs classiques.
{ Publications périodiques.
{ II. Grammaires et dictionnaires.
F. Albums et planches. Atlas. Cartes. Plans.
Les catalogues des divisions sont tous tenus à jour;
quelques-unes en possèdent même d'alphabétiques. Aucun livre
n'est mis en lecture avant d'être inscrit au catalogue.
[547] Déc. min. du 14 mai 1873.--Une somme de 10 francs par mois,
imputable sur le même fonds, est consacrée aux menues dépenses,
telles que: achats d'étiquettes, de cartons, papier ou registres,
fiches, crayons pour les lecteurs, etc. Le commandant de la
division rend compte, dans son rapport semestriel, des dépenses
faites à ce titre (Règl. de 30 avril 1873, art. 16).
[548] Rapport de M. le vice-amiral Jurien de la Gravière, _loc.
cit._, p. 429. Le nombre total des volumes était de 12,000, au
1er janvier 1885; à la même époque, celui des lecteurs qui, en
1873, était de 42,729, s'élevait à 227,030 pour 1884; soit une
moyenne de 80 officiers-mariniers et de 542 quartiers-maîtres et
marins par jour (Rapp. du 30 mai 1885).
[549] En 1876, le ministre de la marine a affecté une somme de
1,000 fr. à la bibliothèque de chacun des régiments d'infanterie.
Le régiment d'artillerie dont l'effectif est réparti en de plus
nombreuses portions, et dont les bibliothèques servent aux
compagnies d'ouvriers, a été doté pour le même objet d'un crédit
de 4,000 francs.
[550] En 1884, la moyenne des lecteurs des régiments d'infanterie
de marine a été de 110 sous-officiers, 225 caporaux et soldats
par jour; au régiment d'artillerie de marine, on a relevé un
total de 6,200 lecteurs (Rapp préc.).
[551] _Bull. off. de la Mar._, 1874, 1er sem., p. 144-158. Circ.
min. Mar. du 17 janvier 1874.
[552] Déc. min. du 7 mars 1874. Cf. Déc. min. du 21 janvier 1874.
[553] Circ. min. Mar. du 14 août 1873.--Cf. n° 419.
[554] Un crédit de 4,000 francs est porté à l'art. 2 du budget de
la justice maritime, pour les bibliothèques pénitentiaires.--La
proportion des lecteurs s'est élevée en 1884, pour chacun des
cinq ports, aux trois quarts environ de l'effectif des entrées
(Rapp. préc.)
[555] _Cat. des bibl. de la Marine_, t. IV, _Avertiss._, p. 7.
[556] Arr. min. Mar. du 14 septembre 1883.
[557] Arr. min. Mar. du 25 avril 1885.