BIBLIOTHÈQUES DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE.
§ 1.--Musée pédagogique.
312. On sait avec quel zèle l'administration centrale s'est préoccupée
depuis vingt ans de développer l'instruction primaire qui, au
demeurant, constitue la vraie instruction nationale, l'enseignement
secondaire et l'enseignement supérieur, quoique accessibles à tous,
ne pouvant jamais être que le partage d'une classe relativement très
restreinte. Pour y atteindre, le moyen le plus efficace consistait en
la création de bibliothèques nombreuses qui missent à la disposition
des habitants des moindres villages des ouvrages élémentaires, des
lectures variées appropriées à leurs besoins intellectuels et moraux.
L'Empire le comprit et institua les bibliothèques scolaires, à l'usage
des élèves des écoles et des parents de ces élèves. Depuis, des
bibliothèques pédagogiques ont été fondées pour les instituteurs qui y
trouvent la collection des meilleurs livres et méthodes d'enseignement
primaire et y peuvent continuer les études professionnelles commencées
dans les écoles normales. Nous étudierons en leur lieu les unes et les
autres, mais nous devons parler d'abord de la création plus récente du
_Musée pédagogique_ à cause de son caractère d'institution centrale,
offerte en modèle aux précédentes qu'il résume et qu'il complète.
313. Dès 1871, le ministre de l'instruction publique avait ordonné
la formation d'un _Musée scolaire_ où seraient réunis «les livres,
tableaux et appareils à l'usage des écoles, des salles d'asile et des
cours d'adultes, tant en France que dans les pays étrangers»[419].
Un règlement fut élaboré et une commission nommée pour examiner les
objets à y admettre[420]. Les recteurs furent invités à faire relever
dans les bibliothèques publiques la liste des documents manuscrits
ou imprimés, antérieurs ou postérieurs à 1789, relatifs aux écoles
primaires et devant composer le catalogue de la «future bibliothèque
générale de l'instruction primaire»[421]. Une séance d'inauguration
eut lieu le 2 mars 1873, mais peu après des difficultés d'installation
faisaient abandonner l'entreprise.
Le 16 mai 1878, le ministre déposa un projet de loi portant création
d'un _Musée national de l'enseignement primaire_. La commission
générale de l'enseignement primaire à laquelle il fut renvoyé estima
qu'il n'était pas besoin d'une loi pour cet objet et invita le
ministre à y procéder par voie de décret. Effectivement, un décret
du 13 mai 1879 institua au ministère «un _Musée pédagogique_ et une
_Bibliothèque centrale de l'enseignement primaire_, comprenant des
collections diverses de matériel scolaire, des documents historiques
et statistiques et des livres de classe provenant de France et de
l'étranger». La direction en a été confiée à un inspecteur général de
l'enseignement primaire hors cadre[422], sous le contrôle d'un conseil
d'administration nommé par le ministre.
314. Le conseil se réunit en séance ordinaire, au commencement de
chaque trimestre: dans sa séance du 11 juillet 1881, il a adopté un
règlement intérieur dont l'analyse fera connaître le but et l'utilité
pratique de l'institution. Le Musée pédagogique constitue un centre
d'informations sur l'enseignement primaire, tant en France qu'à
l'étranger; il comprend en outre une exposition permanente de tous les
objets servant à l'éducation.
Il est divisé en quatre sections:
1° Matériel scolaire;
2° Appareils d'enseignement;
3° Bibliothèque centrale (livres pour les maîtres, livres pour
les élèves, bibliothèques scolaires, bibliothèques populaires);
4° Documents relatifs à l'histoire de l'éducation.
315. Les collections sont formées:
1° Par les dons des auteurs, éditeurs ou fabricants, sauf
l'agrément du conseil d'administration;
2° Par les envois du ministère de l'instruction publique et
des autres départements ministériels et par les envois des
administrations scolaires de l'étranger;
3° Par les acquisitions dont le conseil d'administration a
reconnu l'utilité.
Le Musée reçoit, à titre de dépôt temporaire et après avis du conseil,
les livres et les objets d'enseignement sur lesquels les auteurs
ou éditeurs veulent appeler l'attention, mais il n'est tenu de les
conserver que trois mois au plus, à partir du jour de la réception.
Ceux qui n'ont pas été admis par le conseil doivent être enlevés par
les auteurs ou éditeurs dans le délai d'une quinzaine, à compter du
jour où l'avis leur en a été donné; ce délai expiré, ils leur sont
renvoyés à leurs frais. L'administration du Musée n'est pas responsable
des dépréciations pouvant résulter de l'exposition des objets.
L'admission ou le refus par le conseil des ouvrages ou appareils
scolaires déposés n'implique ni approbation ni blâme: la personne
qui en a demandé l'admission a toujours droit, mais a _seule_ droit
à connaître les raisons du refus qui se trouvent consignées dans le
procès-verbal des séances du conseil. D'autre part, l'administration a
pris soin de faire savoir aux instituteurs que l'admission définitive
au Musée ne constitue pas même indirectement une recommandation
officielle[423].
Le conseil désigne les publications périodiques auxquelles le Musée
peut s'abonner, ainsi que les livres et objets d'enseignement d'origine
française ou étrangère qui sont jugés dignes d'être acquis sur les
crédits alloués par le ministère; il désigne aussi, le cas échéant, les
livres ou objets qu'il y a lieu de retrancher des collections.
316. La bibliothèque est ouverte tous les jours, de dix heures
à cinq heures, sauf le lundi, aux personnes munies de cartes de
travail délivrées par l'administration du Musée ou la direction de
l'enseignement primaire.
Les ouvrages peuvent être prêtés sur autorisation du directeur pour le
délai maximum d'un mois[424].
317. _Bibliothèque circulante._--En vue d'aider à la préparation des
candidats au professorat dans les écoles normales d'instituteurs et
d'institutrices, à l'inspection de l'enseignement primaire et à celle
des écoles maternelles (salles d'asile), il a été institué, en janvier
1882, une bibliothèque circulante au Musée pédagogique, destinée à
prêter des livres.
Elle est divisée en trois sections:
1° Section des lettres (grammaire, critique et histoire
littéraire, histoire générale et géographie);
2° Section des sciences (arithmétique, géométrie et algèbre
élémentaires; physique et chimie; histoire naturelle,
agriculture et hygiène);
3° Section de pédagogie (psychologie, morale, instruction
civique, éducation générale, méthodes d'enseignement,
législation scolaire).
Le catalogue est envoyé à toute personne qui le demande, par lettre
affranchie, au directeur du Musée.
318. Les demandes de livres sont adressées au ministre de l'instruction
publique. Elles portent en tête la mention: _Bibliothèque circulante du
Musée pédagogique_.--_Demande de livres_, et font connaître:
1° Le titre exact des ouvrages demandés;
2° Le temps pendant lequel on désire les conserver, temps qui,
en aucun cas, ne doit excéder deux mois;
3° L'adresse de l'emprunteur, avec indication de la ligne de
chemin de fer et de la station desservant sa résidence.
La première demande de livres doit être soumise au visa de l'inspecteur
d'académie ou de l'inspecteur primaire qui atteste que le demandeur se
prépare réellement à un examen pour l'un des emplois sus-indiqués. Les
livres sont envoyés comme colis postaux par les soins du directeur
du Musée pédagogique et doivent lui être retournés dans les mêmes
conditions par l'emprunteur, à l'expiration du délai mentionné an
bulletin d'expédition. Le port au retour est seul à la charge de
l'emprunteur.
Pour chaque envoi, le nombre des volumes ne peut former un poids
supérieur à trois kilogrammes. Il faut avoir renvoyé les livres
empruntés au Musée pédagogique pour pouvoir obtenir un nouveau prêt. Il
n'est pas donné suite aux demandes des personnes qui, à deux reprises,
n'ont pas effectué le renvoi des ouvrages au temps fixé.
En cas de perte ou de détérioration grave des livres prêtés,
l'emprunteur est tenu d'en payer le prix d'après l'évaluation du
catalogue ou de les remplacer au Musée pédagogique.
Les vacances annuelles du Musée durent un mois; la date en est
déterminée par une décision ministérielle qui désigne en même temps
certains jours pour faire les envois de la bibliothèque circulante et
les échanges de livres[425].
§ 2.--Bibliothèques des écoles normales primaires.
319. Les collections placées dans ces écoles se divisent en trois
catégories bien distinctes: 1° Les livres de fonds, dictionnaires,
revues, ouvrages généraux et traités spéciaux d'une valeur reconnue.
Destinés avant tout aux professeurs, ils doivent cependant être mis
aussi à la disposition des élèves-maîtres, surtout de ceux de troisième
année. Cette série forme la bibliothèque proprement dite de l'école
normale;
2° Les manuels et livres de classe des élèves-maîtres,
livres d'études journalières dont chaque élève doit avoir un
exemplaire à son usage. Les professeurs ayant le droit de
choisir pour leur enseignement ceux qu'ils préfèrent, le plus
souvent l'école possède concurremment plusieurs de ces ouvrages
similaires;
3° Les livres à l'usage de l'école primaire élémentaire,
méthodes d'écriture, de lecture, petits livres de grammaire,
d'arithmétique, etc. Cette collection, dite _Bibliothèque de
l'école annexe_, constitue un dépôt où les élèves-maîtres,
sous la direction de leurs professeurs, notamment du maître de
l'école annexe, peuvent examiner, comparer par eux-mêmes les
mérites et les défauts de leurs futurs instruments de travail.
Elle exerce leur jugement et stimule leur initiative avec
d'autant plus d'utilité que maintenant les instituteurs ont la
liberté de dresser la liste des livres dont ils se servent dans
leur enseignement.
320. Le ministère contribue par des dons à la formation des deux
premières catégories. Au contraire, la troisième n'est constituée que
par les envois spontanés des éditeurs et les achats opérés avec le
budget de l'école; par cette abstention, le ministre entend affirmer
son intention de ne favoriser, même indirectement, aucun livre au
détriment d'un autre.
La commission centrale établit la liste des ouvrages les plus utiles
aux bibliothèques des écoles normales et propose les dons à leur faire:
elle est mise au courant de leurs besoins par l'examen des catalogues
que les directeurs sont tenus d'envoyer au ministère[426].
§ 3.--Bibliothèques pédagogiques.
321. Les bibliothèques pédagogiques sont, pour les instituteurs, comme
de secondes bibliothèques d'écoles normales qui leur permettent de se
perfectionner, pendant l'exercice de leur profession. Le premier essai
digne d'être signalé remonte à 1865. Chaque canton du département de la
Savoie fut alors pourvu de bibliothèques spéciales où les instituteurs
purent trouver les meilleurs traités de pédagogie et les livres les
plus propres à les instruire. Il ne semble pas que cette tentative
ait été couronnée de succès, car la Savoie qui compte 29 cantons ne
possédait plus en 1880 que 11 bibliothèques pédagogiques; du moins
resta-t-elle isolée. En 1875, plusieurs groupes d'instituteurs de
divers départements sollicitèrent l'autorisation d'en établir de
nouvelles. Le ministre de l'instruction publique acquiesça à leur
demande, en recommandant de ne jamais laisser ces bibliothèques
dégénérer en lieux de réunion, mais de les restreindre à l'état de
bibliothèques de prêt, mises à la disposition des maîtres pour y
emprunter les volumes dont ils pourraient avoir besoin[427].
322. C'est surtout depuis 1879 que les bibliothèques pédagogiques se
sont développées et multipliées, sous le contrôle et avec l'assistance
de l'administration supérieure[428]. Une commission de quinze membres
sous la présidence nominale du ministre et la présidence effective
du vice-recteur de l'Académie de Paris, fut instituée à l'effet
d'élaborer un plan d'organisation de bibliothèques pédagogiques, en y
rattachant les services annexes, notamment les conférences de pédagogie
qui, seules, peuvent en assurer le fonctionnement sérieux[429]. Un
comité spécial, détaché de la commission, fut chargé de rechercher et
d'indiquer, après examen, les ouvrages étrangers qui représentent le
mieux, pour chaque peuple, les principes de la pédagogie nationale.
Chacun des ouvrages ainsi examinés devait faire l'objet d'un rapport
écrit, et la commission en désignerait un ou deux au plus par pays.
Le ministre se proposait de les faire traduire et publier, autant que
possible, sous les auspices de la commission elle-même, et d'en doter
les bibliothèques pédagogiques et les écoles normales pour stimuler le
zèle des instituteurs par l'étude comparative des méthodes étrangères,
desquelles ils pourraient retirer l'idée de quelques innovations
heureuses.
323. Le catalogue préparé par la commission a été publié en 1880:
il a pour but de guider et d'éclairer le choix des fondateurs ou
conservateurs des bibliothèques pédagogiques, mais non de le limiter.
Il comprend trois divisions:
1° Les _livres de doctrine_, où la science pédagogique est
considérée dans ses principes essentiels, en prenant pour base
l'homme et sa nature, et où l'éducation est exposée dans son
ensemble et ses généralités;
2° Les _livres de direction pratique_, où l'éducation est
surtout considérée dans ses détails, embrassant à la fois
l'éducation proprement dite et l'instruction, et où les maîtres
peuvent puiser des conseils d'une application immédiate, soit
pour leur enseignement, soit pour la conduite de la classe ou
la direction de la jeunesse;
3° Les _livres de renseignements et de documents historiques ou
législatifs_, destinés à faire connaître l'état de l'éducation,
sa législation et son histoire, tant dans la France en général,
dans les départements et les différentes villes, que dans les
pays étrangers[430].
L'administration a admis un certain nombre d'ouvrages à cause de leur
importance et de la grande notoriété de leurs auteurs; mais elle
n'entend en aucune façon prendre la responsabilité de toutes leurs
doctrines ou idées. Elle a pensé que, si l'on doit mettre seulement aux
mains des élèves des ouvrages irréprochables, il n'en est pas de même
à l'égard des maîtres éclairés, capables de discerner le vrai et le
faux. Elle se réserve de choisir parmi les ouvrages inscrits dans son
catalogue, ceux dont elle a l'intention de gratifier les bibliothèques
pédagogiques.
324. C'est également au chef-lieu de canton qu'est placée la
bibliothèque pédagogique; l'instituteur public de cette commune en est
le bibliothécaire. Les livres sont déposés dans un meuble spécial, ou,
à son défaut, sur un rayon particulier de la bibliothèque scolaire.
Une commission administrative présidée par l'inspecteur primaire est
chargée de faire les acquisitions utiles dont la liste est dressée à
chacune des réunions des instituteurs et institutrices sociétaires. Les
ressources ordinaires, en dehors des dons du ministre, du département,
de la commune et des libéralités privées, consistent dans une
cotisation modique, de quatre ou cinq francs l'an par exemple, que
payent les membres participants, et ceux-ci seuls sont admis au prêt
des ouvrages[431].
NOTES
[419] Arr. min. du 1er juillet 1871.
[420] Arr. min. du 15 mai 1872.
[421] Circ. min. des 14 octobre 1872, 4 mai et 6 août 1873.--Voir
aussi, le _Bull. du min. I. P._, 1872, p. 193 et 893; 1873, p.
547.
[422] Cf. Circ. min. du 30 mai 1879 et arr. min. du 30 décembre
1884. A cette dernière date, le Musée et la bibliothèque ont été
transférés de leur local primitif (rue Lhomond, 42) dans les
bâtiments précédemment affectés à l'école normale spéciale de
travail manuel (rue Louis-Thuillier, 10).
[423] Circ. min. du 15 février 1882.
[424] Le budget du Musée pédagogique est actuellement de 20,000
francs.
[425] Déc. min. du 30 juin 1883.
[426] Circ. min. du 3 avril 1882.
[427] Circ. min. du 4 janvier 1876.
[428] Circ. min. des 9 avril et 4 novembre 1879.
[429] Arr. min. du 15 mai 1879.--Cf. pour la création, dans
chaque canton, de conférences pédagogiques obligatoires pour tous
les instituteurs et institutrices publics, l'arrêté ministériel
du 5 juin 1880. On n'y traite que des matières de pédagogie
théorique et pratique.
[430] Le dernier catalogue officiel, publié en 1882, comprend,
pour les trois divisions réunies, un total de 205 ouvrages.
[431] On peut consulter, comme type de règlement d'une
bibliothèque pédagogique, les statuts de celles de
l'arrondissement de Saint-Marcellin (Isère), dressés en 1877 et
publiés dans le _Journal des bibliothèques populaires_ (juillet
1879).--Grâce à l'impulsion centrale, le nombre des bibliothèques
pédagogiques s'est considérablement accru depuis 1880. Au 1er
janvier 1881, la statistique officielle accusait déjà un total de
2,068 bibliothèques; au 1er janvier 1885, elle en compte 2,624
et l'ensemble des volumes a été porté de 361,898 à 753,336.
Le département du Rhône qui, en 1881, ne possédait qu'une
bibliothèque pédagogique, en a aujourd'hui 21. Ces bibliothèques
sont très inégalement répandues sur la surface du territoire.
Si, dans trois départements, on en trouve moins de 20 (Charente,
10; Pyrénées-Orientales, 16; Bouches-du-Rhône, 19), onze en ont
plus de 40; la Seine-Inférieure et l'Aude tiennent la tête, la
première avec 56, celle-ci avec 62. D'autre part, dans douze
départements, le nombre total des volumes est inférieur à 5,000;
dans sept, il est supérieur à 15,000. Mais la répartition des
volumes est loin d'être en rapport direct avec le nombre des
bibliothèques pédagogiques. Alors que les 62 bibliothèques
de l'Aude réunies ne dépassent pas 7,683 volumes, les 37 de
Seine-et-Oise en ont 18,568; de même, les 23 bibliothèques
d'Eure-et-Loir s'élèvent ensemble à 13,009 volumes et les 31
du Lot-et-Garonne atteignent seulement 3,547. L'administration
ne saurait être rendue responsable de ces disproportions
choquantes. Quoiqu'elle dispose de crédits relativement
élevés pour encourager le développement des bibliothèques
pédagogiques (80,000 fr. en 1884, 70,000 fr. en 1885), elle
doit nécessairement subordonner ses efforts au concours si
variable qu'elle rencontre dans les divers départements, car
ces bibliothèques ne peuvent naître que de l'initiative locale
ou privée. De plus, le ministère ne donne suite aux demandes de
livres que des maires ou des instituteurs lui adressent qu'autant
qu'elles lui parviennent par l'intermédiaire des inspecteurs
d'académie et sont accompagnées d'un rapport favorable, faisant
connaître l'organisation de la bibliothèque, la date de sa
fondation, le nombre des lecteurs, et s'il lui appartient de
suppléer à la pauvreté des communes, il doit avant tout tenir
compte du zèle qu'elles apportent elles-mêmes au développement
d'une œuvre qui les intéresse au plus haut degré. Peut-être,
à défaut de bibliothèques cantonales, serait-il possible
d'organiser, dans les départements qui en possèdent le moins,
sous la surveillance des inspecteurs primaires, des bibliothèques
pédagogiques d'arrondissement, circulantes, qui rendraient
les mêmes services, et dont l'entretien serait plus facile,
l'arrondissement offrant beaucoup plus de ressources que le
canton.