[81] Voyage de Liancourt, tome II, p. 207.
[82] Le _froid moyen_ de Pétersbourg, depuis 1772 jusqu’en 1792, selon
l’académie des sciences de cette capitale, a été de 24° ½; mais cela ne
nous dit pas quel a été le _maximum_; les gelées ont commencé le 27
septembre, et fini le 25 avril (comme à Québec).
[83] Cette circonstance empêche d’y élever l’oranger en pleine terre;
mais elle n’empêchera pas d’y cultiver l’olivier, dont M. Jefferson a
fait le présent précieux à ce pays; surtout si c’était l’olivier corse;
car j’ai vu en 1792, dans les montagnes de cette île, à _Corté_, qui est
élevé de cinq cents toises au-dessus de la mer, j’ai vu, dis-je, les
oliviers prospérer, malgré trois et quatre degrés sous zéro. Les Corses
même prétendent que huit jours de neige au pied, détruisent les insectes
et assurent la récolte.
[84] Voyez American Musæum.
[85] History of Vermont, page 42.
[86] Voyez notes sur la Virginie, page 63.
[87] Humboldt a trouve le même degré dans l’Amérique méridionale.
[88] Voyez les trois Mémoires d’observations de ce savant médecin, sur
le climat de Pensylvanie, dans les tomes VI et VII de l’American Musæum.
[89] Je traduis en degrés de Réaumur les degrés de Fahrenheit, usités en
Amérique comme en Angleterre.
[90] Voyage de Liancourt, tome IV.
[91] American Musæum, tome VIII.
[92] Fondée par suite des opérations de la compagnie de _Scioto_ qui, en
1789, fit tant de bruit à Paris pour vendre des terres qu’elle n’avait
pas, mais dont elle se faisait bien payer. J’aurai l’occasion d’en
reparler.
[93] Noix très-oblongues, d’une coquille fine et fragile, et en tout
infiniment supérieures aux noix ligneuses (hickorys) de la côte
atlantique.
[94] M. le docteur Barton m’a dit qu’il préparait sur ce sujet un
mémoire qui ne pourra manquer d’être très-intéressant.
[95] Voyez Medical Repository of New-York, tome Ier, page 530, où se
trouve un tableau météorologique dressé par le major Swan.
[96] An account of six years residence in Hudson’s bay, 1 vol. in-8º,
London, 1752.
[97] _Present state of Hudson’s bay_, 1 vol. in-8º, London, 1790. Les
mêmes faits se répètent dans le continent asiatique, et confirment
l’analogie de climat et de sol que j’ai indiquée. Les savants russes,
Gmelin, Pallas, Georgi, attestent que passé le 65°, et même dès le 60°
de latitude, en Sibérie, l’on trouve des marais éternellement gelés au
fond, dont la glace conserve, depuis une antiquité inconnue, des
ossements, et même des peaux d’éléphants, de rhinocéros, de mammouts.
(Voyez le Nord littéraire, nº Ier, page 380.)
Le célèbre voyageur américain _Ledyard_ atteste également qu’à
_Yakoutsk_, par moins de 62° de latitude, l’on n’a pu établir de puits,
attendu que les fouilles faites jusqu’à 60 pieds de profondeur ont
appris que la terre était gelée de plus en plus ferme. (Voyez American
Musæum, tome VIII, lettre de _Ledyard_, août 1790.) Le capitaine Phips
dit également que le 20 juin 1778, par 66° 54´, l’eau de la mer, puisée
à 780 brasses de profondeur, marqua 2° ⅔ sous glace (R). Parmi nous, M.
Patrin, naturaliste instruit, qui a voyagé plusieurs années en Sibérie,
rapporte que même, par les 54°, étant descendu, en juin 1785, dans un
puits récent de la mine d’_Ildikan_ en _Daourie_, il remarqua, à la
hauteur de 40 pieds, des gerçures remplies de glaçons (et cependant
c’était une mine métallique); _ce qui prouve_, ajoute-t-il, _que le feu
central n’a pas beaucoup d’activité en Daourie_ (Journal de physique,
mars, 1791, page 236). Mais, comme désormais la saine physique, aidée de
tous ces faits et des expériences ingénieuses de M. de Saussure, a
relégué au rang des vieux contes mythologiques cette vieille rêverie
d’un foyer central, et même la théorie hasardée sans preuves
suffisantes, d’une température moyenne de 10°, l’on a droit d’en
conclure contre les hypothèses de _Buffon_ et de divers autres
physiciens, que le globe est une masse cristallisée essentiellement
froide, dont la superficie seule est échauffée par les rayons du soleil,
en raison de la force et de la continuité de leur action. De là vient
que sous la zone torride l’on trouve, pour terme moyen, le sol impregné
d’environ 14° de Réaumur, à une profondeur qui probablement ne pénètre
pas plus de trois ou quatre mille toises: à mesure que l’on s’éloigne de
ce grand et principal foyer, vers le nord, la chaleur diminue par
proportion inverse des latitudes 11° en Virginie, 9° à Philadelphie, 7°
en Massachusets, 5° en Vermont, 4° en Canada, et finalement zéro et
moins de zéro sous le pôle: en sorte que si jamais le soleil abandonnait
notre pauvre planète, elle finirait par n’être qu’un amas de glaçons, et
par n’avoir, pour derniers habitants, que des ours blancs et des
Esquimaux.
[98] Depuis octobre 1795, jusqu’en juin 1798.
[99] Voyez notes sur la Virginie, page 7.
[100] Les tables du docteur Ramsay à Charlestown confirment pleinement
cette assertion; car sur quatre années, depuis 1791 jusqu’en 1794, elles
n’offrent que huit jours _où le nord ait soufflé_: il ne souffla pas un
seul jour en 1792, et la même rareté a lieu à Québec.
[101] Le lecteur peut avoir déja vu, ou peut consulter une esquisse de
cette théorie, dans le chapitre XX de mon Voyage en Syrie (publié en
1787). Novice alors dans cette branche de science, j’ignorais que de
grands maîtres, tels que Halley et d’Alembert, s’en fussent occupés. A
mon retour d’Amérique, lorsque j’ai voulu reprendre le cours de mes
idées et leur donner un développement conforme aux nouveaux faits que
j’avais rassemblés, j’ai dû me mettre au niveau des connaissances
acquises, et j’ai trouvé qu’un mémoire intitulé: _Théorie des Vents, par
le chevalier la Coudraye_, avait rempli la tâche que je me proposais. Ce
mémoire, couronné dès 1785 par l’académie de Dijon, est un traité
complet sur cette matière, et je ne puis mieux faire que d’en conseiller
la lecture à ceux qui veulent se former un tableau sommaire du jeu des
courants de l’air: ce n’est pas qu’il ne reste encore beaucoup à dire
sur le système général des vents par tout le globe, et qu’il n’y ait
beaucoup d’expériences et de calculs à établir sur le foyer, le lit, la
vitesse de chaque courant d’air: sur les directions diverses et souvent
contraires qu’ils suivent dans l’océan aérien; sur l’épaisseur de leurs
couches; sur la formation, la composition, la dissolution des nuages;
sur les causes et les effets des dilatations et des condensations plus
ou moins subites qui accompagnent les orages, etc. Mais, parce qu’un tel
travail veut la réunion des connaissances combinées d’un navigateur,
d’un physicien et d’un chimiste, et qu’elle exigerait des recherches
longues et même dispendieuses, dirigées sur un plan méthodique, ma tâche
se trouve naturellement réduite à fournir mon contingent de matériaux
pour cette opération; et c’est ce que je vais faire, en jetant dans les
chapitres suivants les faits qui m’ont paru les plus importants et les
plus certains.
[102] Voyez à l’appendice une lettre sur le système des vents de ces
deux contrées.
[103] _Boeotium crasso jurares aere natum_, a dit un poëte philosophe.
[104] Les Italiens disent d’un plat ouvrage, _c’est une composition de
scirocco_.
[105] Je tiens ces notes de M. Power, américain naturalisé sujet
d’Espagne, à la _Nouvelle-Madrid_, qui a observé le pays en homme
éclairé.
[106] Voyez la carte générale.
[107] Voyez Annuaire de la république, an 6, p. 59.
[108] Insérée dans le supplément de la gazette de Mexico, 29 octobre
1795.
[109] L’amiral Anson observe également que par les 30 et 32°, le
dominant est l’_ouest_, doux et agréable; mais que vers les 40 et 45°,
il devient plus vif et plus constant.
[110] Dissertation déja citée.
[111] Histoire naturelle et civile des Florides, 1 vol. in-12, imprimé à
New-York, déja très-rare à trouver.
[112] J’ai long-temps refusé de croire à l’existence de ces grêlons
pesans des onces et des livres, dont parlent trop souvent les gazettes
et les voyageurs; mais l’orage du 13 juillet 1788 m’a convaincu par mes
propres sens. J’étais au château de Pontchartrain, à quatre lieues de
Versailles. A six heures du matin, étant allé visiter un parc de
moutons, je trouvai les rayons du soleil d’une chaleur insupportable;
l’air était calme et étouffant, c’est-à-dire, très-raréfié: le ciel
était sans nuage, et cependant je distinguai quatre à cinq coups de
tonnerre: vers sept heures et un quart parut un nuage au sud-ouest, puis
un vent très-vif. En quelques minutes le nuage remplit l’horizon, et
accourut vers notre zénith avec un redoublement de vent alors frais, et
tout à coup commença une grêle, non pas verticale, mais lancée
obliquement comme par 45°, d’une telle grosseur, que l’on eût dit des
plâtres jetés d’un toit que l’on démolit. Je n’en pouvais croire mes
yeux; nombre de grains étaient plus gros que le poing d’un homme, et je
voyais qu’encore plusieurs d’entre eux n’étaient que les éclats de
morceaux plus gros; lorsque je pus avancer la main en sûreté hors de la
porte de la maison, où fort à temps je m’étais réfugié, j’en pris un, et
les balances qui servaient à peser les denrées, m’indiquèrent le poids
de plus de cinq onces: sa forme était très-irrégulière; trois cornes
principales, grosses comme le pouce et presque aussi longues,
proéminaient du noyau qui les rassemblait. Des témoins dignes de foi
m’assurèrent qu’à Saint-Germain l’on avait pesé un grêlon de plus de
trois livres, et je ne sais plus quel poids l’on peut refuser de croire.
[113] Voyez le Voyage en Syrie, tome Ier, page 179, troisième
édition; en rapportant l’opinion des anciens à cet égard, j’ai insisté
sur sa probabilité, motivée par la pente générale du sol et du cours du
fleuve, et par l’action que les vents exercent sur les surfaces
aqueuses. Le fait a constaté mon aperçu.
[114] _Les marins disent_: Quand on est hors des écueils en mer, fond de
quinze brasses, et que du haut du mât d’un sloup, l’on voit juste le cap
Hatteras, l’on va entrer dans le Gulph-stream, et de suite l’on perd les
sondes.
[115] Le savant voyageur Humboldt, à qui nous devrons tant
d’observations neuves et importantes, a aussi trouvé que sur les
bas-fonds, son thermomètre a baissé de 3° de R..... M. Lalande, qui a
publié ce fait comme une _découverte_, n’a pas sans doute connu ceux
dont je parle.
[116] Voyez _Transactions philadelphiques_, tome X, page 396, tome XIX,
page 298.
[117] Au moment où cette feuille s’imprime, je reçois des États-Unis le
cinquième volume des _Transactions de la société de Philadelphie_, et
j’y trouve, page 90, un Mémoire de M. _Strickland_ qui, par une série
d’observations faites en 1794, allant et revenant d’Europe, confirme
tout ce que j’ai exposé sur les indications du thermomètre. L’auteur
ajoute qu’il a reconnu une branche du Gulf-stream dans la direction de
l’île _Jaquet_, et il insiste sur la probabilité du transport des
fossiles tropicaux de la côte d’Irlande, par les eaux de ce même
_courant_: ses observations me confirment dans l’opinion que le banc de
_Terre-Neuve_ est la barre de l’embouchure de ce grand fleuve marin qui,
avant de l’avoir créée, marchait droit au nord-est sur l’Irlande, et qui
ne s’est dévié vers l’est que par suite de l’obstacle de cette barre
grossie et accumulée de siècle en siècle. Il faudrait comparer ses
graviers à ceux de la côte atlantique.
[118] C’est l’expression canadienne pour désigner tout le pays.
[119] Selon le capitaine Meares, c’est le vent de nord qui est le
dominant de ces parages.... Pour donner une idée du refroidissement que
les surfaces glacées occasionent dans l’air, il me suffira de citer une
observation de Charlevoix. Ce missionnaire rapporte que, traversant le
banc de Terre-Neuve, par un temps d’ailleurs doux, son vaisseau fut tout
à coup assailli d’une brise si glaciale, que tous les passagers furent
contraints de se réfugier dans l’entre-pont; bientôt l’on aperçut une de
ces îles de glaces qui, à chaque printemps, viennent du nord flotter
dans l’Atlantique, et tant que l’on resta sous le vent de cette île,
longue d’un quart de lieue, l’air resta insupportable. Cette expérience
se renouvelle presque chaque année pour les navigateurs de Terre-Neuve.
[120] History of Vermont, page 48.
[121] Ces versements d’air froid de la région, soit moyenne, soit
supérieure, sont attestés par Belknap, qui cite, dans le New-Hampshire,
un lieu où le vent semble toujours tomber d’en haut _comme l’eau d’un
moulin_: moi-même je pourrais en citer en France un exemple remarquable
sur le chaînon du Forez qui sépare le bassin du Rhône de celui de la
Loire: en plusieurs endroits, mais surtout au local du château de la
Farge, entre Belleville et Roanne, six à sept lieues au-dessus de
Tarare, l’on éprouve habituellement, que tandis que l’on monte ou
descend du côté du Rhône la pente rapide de ce chaînon, l’on ne sent
aucun vent; mais à peine a-t-on atteint la crête du sillon, et surtout à
peine commence-t-on de descendre le revers du côté de la Loire, que l’on
sent un vent d’une vivacité extrême, versant de l’est à l’ouest,
c’est-à-dire du bassin de Rhône, dans celui de la Loire; et si de suite
l’on revient sur ses pas, et que l’on redescende la pente d’est vers le
Rhône, l’on ne trouve plus de vent: la raison en est, que le bassin de
Rhône est un grand lac d’air frais et dense, qui communique avec
l’atmosphère des Alpes, tandis que le bassin de la Loire est un lac
d’air plus léger et plus chaud, qui vient de l’Océan par les vents
régnans d’ouest: le chaînon de _Forez_ est une digue qui les sépare, et
qui les tient l’un et l’autre calmes jusqu’à sa hauteur; mais par-dessus
cette digue, le trop-plein du bassin de Rhône se verse comme de l’eau,
et se montre d’autant plus froid et plus rapide, qu’il est l’écoulement
de la région moyenne d’air qui vient des Alpes et tombe en glissant sur
le lac.
[122] Nom que se donnent les sauvages.
[123] De même aux sources de la Wabash et des deux grands Miâmis, il
pleut par tous les vents; à Gallipolis, sur l’Ohio, il pleut surtout par
ouest sud-ouest, tandis que plus bas, à Cincinnati, l’ouest est sec, et
il pleut par nord-ouest.
[124] En Massachusets la brise commence dès huit et demi ou neuf heures
du matin au mois de juin, tandis qu’en Caroline elle ne commence qu’à
dix et onze; comparez les distances respectives des sillons à la côte,
et vous en voyez de suite la raison.
[125] Le chaînon qui sépare Saint-Ildephonse de l’Escurial, sépare
tellement l’atmosphère de ces deux lieux, que quoique rapprochés à six
ou sept lieues, ce sont deux climats différents.
[126] Par exemple, Udine où il tombe 62 pouces, et Garfagnana, 92
pouces: aux Antilles, il tombe plus de 100 pouces par an.
[127] Selon Chalmers, cité par Ramsay, _ibid._
[128] Jefferson, page 6.
[129] S. Williams, History of Vermont, page 51.
[130] _Idem._
[131] _Idem._
[132] Docteur Rush, observations sur la Pensylvanie, American Musæum,
tome VII.
[133] Mais en récompense j’ai vu un journal météorologique manuscrit, où
le nombre des jours pluvieux à Brest est de 349 jours par an, tandis
qu’à Marseille le nombre des jours clairs est de 352.
[134] C’est un étrange livre que les Recherches de M. Paw sur les
Américains. A mon retour d’Amérique, j’ai voulu le lire pour profiter de
tant de lumières dont on lui fait honneur; mais lorsque j’ai vu avec
quelle confiance il adopte des faits faux; avec quelle hardiesse il en
tire des conséquences chimériques, établit et soutient des paradoxes
divergents, et avec quelle acrimonie il attaque d’autres écrivains,
j’avoue que le livre m’est tombé des mains. Je ne conçois pas comment du
fond d’un cabinet on ose écrire avec assertion sur des faits qu’on n’a
pas vus, sur des témoignages insuffisants ou contradictoires; pour moi,
plus j’ai vu le monde et multiplié mes observations, plus je suis
convaincu _que rien n’est plus délicat et plus rare que de saisir les
objets, surtout compliqués, sous leurs véritables faces et sous leurs
vrais rapports: qu’il est presque impossible de parler raisonnablement
du système général d’un pays ou d’une nation sans y avoir vécu: qu’il en
est de même, et encore pis, pour les temps passés; et que le plus grand
obstacle aux progrès des lumières est l’esprit de certitude, qui
jusqu’ici a fait la base de l’éducation chez presque tous les peuples_.
[135] Transactions of the American philosoph. society.
[136]
On a observé que l’eau mise une fois par Pouc. Lig.
mois dans les vases, évaporait 4 10
Et que mise une fois par semaine elle évaporait 6 35
Sans doute parce que dans le premier cas le vent
n’atteint pas bien au fond du vase;
2º Sur une rivière, un vase a évaporé 1 15
En local sec il a perdu 1 50
3º Quatre plantes pesant 118 grains, mises en caisse de pur sable et
bien arrosées, ont évaporé 10,944 grains, qui sont plus que n’eût donné
une surface de dix pouces carrés dans le même espace de temps.
[137] Ils remarquent en même temps que les habitants, et surtout les
femmes, y sont d’une extrême irritabilité.
[138] Dans plusieurs pays chauds, entre autres dans l’île de _Cuba_,
lorsqu’il pleut, les paysans qui travaillent en plein air ôtent leurs
vêtements, les tiennent à l’abri et ne les reprennent que quand le corps
est sec; alors ils ne prennent pas la fièvre; si au contraire ils
laissent mouiller et sécher leurs vêtements sur leurs corps, jamais ils
ne manquent d’en être saisis.
[139] Plusieurs physiciens géographes croient que le vent nord-ouest au
Bengale vient des montagnes situées au vrai nord-ouest du pays: mais,
outre qu’elles sont trop éloignées, le jeu des deux côtés des _Gâtes_
est tellement correspondant, que l’on ne peut lui admettre d’autre
source: c’est l’inclinaison de la pente orientale, caractérisée
nord-ouest et sud-est par le cours des fleuves, qui détermine le
reversement du vent; de même que c’est à raison de cette inclinaison,
que le soleil échauffant cette pente avant d’avoir échauffé le revers
des Gâtes, y cause un mouvement premier et antérieur par lequel l’air
des _Gâtes_ est attiré, et à sa suite l’air du Malabar.
[140] Depuis l’équinoxe d’automne jusqu’à celui du printemps, saison
d’été pour l’hémisphère austral.
[141] Ils viennent du quart entre l’ouest et le pôle: la qualité sèche
et froide de ces vents sur la côte du Chili, jointe à leur fréquence,
est un indice de la non-existence d’aucune grande terre vers le pôle
austral, et de la quantité des glaces qui y sont amoncelées.
[142] Molina, Italien, auteur d’une bonne _Histoire géographique,
naturelle et civile du Chili_, traduite en espagnol, par Mendoza.
_Madrid_, 1788, grand in-8º, belle impression.
[143] A Paris j’ai remarqué pendant nombre d’années, que les premières
feuilles des marronniers-d’Inde se montraient entre le 24 mars et le 5
avril, aux Tuileries, et que celles des chênes se déployaient presqu’un
mois plus tard dans les forêts.
[144] En 1798, je goûtai à Philadelphie et à New-Castle, les premières
cerises avant le 6 juin, et je goûtai à Bordeaux les dernières le 6
juillet: je pus constater l’opinion de tous les Français, qui trouvent
aux cerises américaines un acide mordant que les nôtres n’ont pas, et
qui se manifeste habituellement par des coliques. L’on en peut dire
autant des fraises.
[145] Quelques matières, telles que le charbon broyé fin avec de la
limaille et du soufre, de l’huile de chenevis avec du noir de fumée et
autres semblables, sont susceptibles d’inflammation spontanée à certains
degrés d’humidité et de chaleur si de tels mélanges se trouvent dans les
marais, il est réellement possible que l’inflammation ait lieu.
[146] History of Vermont, pag. 64 et suiv.
[147] Voyez plusieurs Mémoires de ce médecin, dans l’American Musæum,
tome VI et VII. Dans ce même tome VII, un Mémoire sur le climat de
New-York, confirme pour ce pays les mêmes résultats.
[148] History of Vermont, pag. 61, 62, 63.
[149] Je pense qu’il y a erreur d’impression ou de traduction: ce
doivent être les brises de l’est et de sud-est.
[150] Si depuis 1795 l’on éprouve en France une nouvelle altération dans
la température des saisons et dans la nature des vents qui la
produisent, j’oserais dire que c’est parce que les immenses abattis et
dégâts de forêts, causés par l’anarchie de la révolution, ont troublé
l’équilibre de l’air et la direction des courants?
[151] Tome III, page 339.
[152] Par exemple, c’est eux qui font que certains cantons sont
constamment affectés de grêles ou de tonnerres, tandis qu’à une
demi-lieue de là, le pays en est habituellement exempt.
[153] Voyez American Museum, tome V.
[154] J’ai éprouvé sur moi-même la justesse de cette théorie à mon
retour d’Égypte. Au Kaire, je prenais sans inconvénient cinq ou six
tasses de café par jour. Lorsque je fus sédentaire à Paris, il me devint
impossible, dès le mois d’octobre, d’en supporter même une tasse à jeun
sans ressentir un mouvement fébrile et nerveux. J’ajoute que pendant les
trois ans que j’ai passés en Syrie et en Égypte, je n’ai eu de toute
maladie que l’_influenza_ de 1783; tandis qu’aux États-Unis, en trois
ans aussi, j’ai eu deux fièvres malignes très-graves, cinq ou six gros
rhumes, et des affections rhumatiques devenues incurables; et cela en me
conformant en chacun de ces pays au régime suivi par les habitants.
[155] Par exemple, la plaine de _Trappes_, près Versailles, quoique
élevée et découverte, est infestée de fièvres par les étangs de
Saint-Cyr.
[156] Un médecin américain, en présence de quatre médecins anglais a
fait à la Martinique, en 1796, des expériences dont il a conclu que
l’air atmosphérique contenait en cette île soixante-sept parties
d’oxygène sur cent. J’ai communiqué cette expérience à M. Fourcroy, qui
pense que quelque erreur s’est introduite dans l’expérience; et que la
vie ne pourrait se soutenir long-temps à cette proportion. Les
expériences de Humboldt, dans l’Amérique méridionale confirment celles
d’Europe.
[157] M. Jean de Vèze, ancien chirurgien distingué et accrédité au
Cap-Français.
[158] Voyez _Recherches et Observations sur la maladie épidémique qui a
désolé Philadelphie_, depuis août jusqu’en décembre 1793, en anglais et
en français, _in_-8º, 145 pag. _Philadelphie_, 1794.
[159] C’est ainsi que toute la ville de Philadelphie a été persuadée que
l’épidémie de 1793 vint de l’île de la Grenade, où elle avait été,
disait-on, apportée de _Boulam_ (côte d’Afrique), par le vaisseau le
_Hankey_. Un médecin anglais, qui se trouvait dans cette île, avait
donné à cette seconde portion de l’histoire un caractère imposant
d’authenticité dans un écrit qu’il publia: et cependant trois ans après,
M. Noah Webster et le docteur E. H. Smith, ont publié à New-York un
journal de toute la navigation du Hankey, dressé par l’un des plus
respectables témoins oculaires, lequel rassemble une si grande masse de
preuves, et porte un cachet si particulier de candeur et de véracité,
que l’on demeure convaincu avec MM. Webster et Smith, que le médecin C.
s’est complètement trompé. De même M. Richard Bayley, dans son excellent
Rapport au gouverneur de New-York, prouve que les inculpations des
vaisseaux l’_Antoinette_ et le _Patty_, étaient des rumeurs de peuple
absolument dénuées de fondement, etc. _Voyez_ New-York repository, tom.
1er, pag. 470 et 127.
[160] Voyez le Rapport des médecins de Philadelphie au gouverneur de
Pensylvanie: celui de M. Richard Bayley au gouverneur de New-York; le
Mémoire du docteur Valentine Seaman de New-York, sur les causes de la
fièvre jaune à New-York.--Les Recherches du docteur Benjamin Rush sur la
même maladie, à Philadelphie, en 1793 et 1794. Lettre de G. Davidson,
sur le retour de la fièvre jaune à la Martinique en 1796. Origine de la
fièvre pestilentielle qui ravagea la Grenade en 1793, 1794, par E. H.
Smith. Thèse sur la fièvre maligne à Boston, par Brown. Récit des
fièvres bilieuses avec dyssenterie à Sheffield, par W. Buel: enfin la
collection très-intéressante de Lettres sur les fièvres de divers lieux,
par Noah Webster de New-York.