Ici se terminent les Mémoires de ma grand'mère, et l'on regrettera sans
doute que la mort ne lui ait pas permis de les prolonger, au moins
jusqu'au divorce de l'empereur, que l'on voit planer dès le premier jour
comme une menace sur la tête de cette Joséphine, toute séduisante, tout
aimable, et peu intéressante au demeurant. Nul ne peut suppléer à ce qui
manque ici, et les lettres mêmes de l'auteur donnent peu de
renseignements politiques sur les temps qui suivent. Elle parlait même
rarement, dans les derniers jours, de sa vie de ce qu'elle avait alors
vu ou souffert. Mon père a pourtant eu parfois le projet de continuer
son récit, en recueillant ce que ses parents lui avaient raconté, en
anecdotes ou en impressions, sur la fin de l'Empire, et ce qu'il savait
de leur vie. Il n'a pas accompli son projet en entier, et n'a rien
laissé d'achevé sur ce point. Ses notes pourtant nous paraissent
précieuses et donnent le dénouement nécessaire du grand drame qui se
déroule dans les chapitres précédents. On trouvera peut-être intéressant
de les lire à la suite des Mémoires qu'elles complètent, quoiqu'il ait
exprimé, dans un ouvrage plus étendu, son jugement sur les derniers
jours de l'Empire et sur le temps où il naissait à la vie politique. Il
y a là des observations générales et particulières, et une opinion
éclairée sur la conduite des fonctionnaires et des citoyens dans les
temps difficiles, qui mérite d'être connue. On me pardonnera donc
d'imprimer cet appendice aux Mémoires, en laissant à ces notes un
caractère évident de négligence et d'improvisation, me bornant aux
modifications nécessaires à la correction et à la clarté du récit.