M. DURAND (_de Romorantin_). En tiers.

_M. le ministre._--Nous avions fait à deux la proposition adressée à

trois; certainement la position des deux et la position des trois

n'était pas la même; il était naturel que les trois vinssent faire des

observations, demander des changements: c'est ce qui est arrivé. Je

sais que l'honorable comte Sébastiani, avec sa prudence et sa sagacité

accoutumées... (_Nouvelles exclamations aux extrémités._)

Messieurs, je vous en demande pardon, mais vous vous décidez bien vite

sur de telles questions, vos impressions sont bien vives, et

permettez-moi de vous dire que vous n'avez pas pensé à toutes les

difficultés, à toutes les faces de la question.

M. le comte Sébastiani ne siége pas en ce moment à sa place; mais,

s'il était là, je le dirais, comme je le dis en son absence; oui, à

mon avis, dans la situation où nous étions, avec toutes les

difficultés qui pesaient alors sur le gouvernement, l'honorable comte

Sébastiani a bien fait. (_Mouvements divers._) Il a fait, en acceptant

une grande responsabilité, tout ce qui était en lui pour aider son

gouvernement à supporter les difficultés de la situation; il a, lui,

rempli son devoir; il a acquitté son rôle; c'était à son gouvernement

à voir ce qu'il avait à faire après, à le soutenir ou à le désavouer.

Maintenant on a parlé des réserves qu'a faites l'honorable général

Sébastiani, qui écrivait à son gouvernement qu'il s'était réservé le

droit d'introduire des modifications dans le traité; mais l'honorable

M. de Salvandy se trompe, ces réserves ne sont pas dans le protocole.

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 206 / 219 题