M. MAUGUIN.--Je demande la parole.

_M. le ministre._--On ne consent pas à accepter ce qui a été fait dans

une situation difficile pour le retirer huit jours après et n'en tenir

aucun compte. La responsabilité consiste à accepter les conséquences

de ce qu'on a fait; elle consiste à ne pas prétendre que, lorsqu'on a

eu une bonne raison pour ne pas désavouer, on peut ensuite, huit

jours, trois mois, deux ans après, n'en tenir aucun compte, et agir

comme si on avait désavoué. Non, quand on a pris une résolution, on en

porte les conséquences; quand on n'a pas désavoué en pareil cas, on a

avoué.

Et ne croyez pas que je vienne ici faire peser sur mon pays un

engagement fatal. Non certes; car, comme je le disais tout à l'heure,

j'ai été le premier à reconnaître que l'engagement n'était pas

définitif. (_Interruption._)

C'est inconcevable; je ne dis rien qui puisse blesser personne. (_À

gauche._--On approuve!)

Je dis que c'est dans l'intérêt de l'autorité de mon pays, dans

l'intérêt de la valeur de ses engagements, dans l'intérêt de son

crédit en Europe, de sa bonne position extérieure, que je maintiens

les principes que je développe ici.

L'honorable M. de Salvandy a fait valoir tout à l'heure ce qu'avait

répondu la Russie. Mais nous, nous n'avions rien à répondre, nous

avions proposé: la Russie, elle, n'avait pas proposé. (_Exclamations

diverses._) C'était à elle, c'était aux trois puissances que la

proposition avait été faite: nous l'avions faite, nous.

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 205 / 219 题