Sur les conventions de 1831 et 1833 pour l'abolition de la traite des
nègres par le droit mutuel de visite en mer.
--Chambre des pairs.--Séance du 17 mai 1842.--
Dans la discussion générale du projet de loi relatif aux crédits
supplémentaires et extraordinaires des exercices 1841-1842 et des
exercices clos, M. le comte Molé ayant donné, sur l'origine et
l'histoire des conventions de 1831 et 1833 pour l'abolition de la
traite des nègres par le droit de visite, des détails qui me parurent
incomplets ou inexacts, et propres à embarrasser une situation
diplomatique déjà difficile, je lui répondis en ces termes.
M. GUIZOT.--Messieurs, la Chambre voudra bien le remarquer; la
question que vient d'élever M. le comte Molé est toute nouvelle, et,
pour mon compte, je m'étais scrupuleusement abstenu d'y toucher. Ce
n'est plus la question actuelle, le traité même du 20 décembre 1841 et
les conséquences qu'il peut avoir dans l'avenir; c'est la question du
passé, ce sont les négociations antérieures aux conventions de 1831
et 1833, et celles qui ont préparé le traité du 20 décembre 1841.
Personne, j'ose le dire, n'est plus à l'aise que moi dans cette
question, car j'ai été complétement étranger aux faits dont il s'agit.
Ma responsabilité, et la Chambre sait qu'il n'est pas dans mon usage
de l'éluder, ma responsabilité est engagée dans la conclusion
dernière, dans la signature du traité de 1841, parce qu'en effet j'ai
accepté la conclusion et conseillé la signature. Mais ma
responsabilité n'est absolument pour rien dans les négociations qui
ont préparé et amené ce traité; je n'y ai jamais pris aucune part.
J'étais donc, et je suis aujourd'hui parfaitement en liberté et à
l'aise à ce sujet.
C'est précisément la raison qui, dans l'une et l'autre Chambre,
m'avait empêché de toucher, même de loin, à cette question; je n'avais
pas voulu élever un moment la question du passé; je ne voulais, à
aucun prix, avoir l'air d'accuser mes prédécesseurs et de rejeter sur
eux le fardeau.