M. LE DUC DE BROGLIE.--Je crois qu'il y a ici une méprise.

Le tribunal anglais n'a pas appliqué la législation anglaise contre la

traite des noirs au navire _la Sénégambie_. Il n'a pas appliqué non

plus la législation française, il a simplement appliqué ce principe

incontesté et incontestable que tout esclave qui touche le sol anglais

est libre de plein droit... (_Interruption.--Bruits divers._)

_Plusieurs voix._--Il n'y avait pas d'esclaves à bord!

M. LE DUC DE BROGLIE.--Je ne discuterai pas ici l'acte du gouvernement

anglais. Je dis qu'il a paru ici qu'un négociant français a été sur la

côte d'Afrique acheter des noirs, et qu'ayant acheté ces noirs il les

a amenés... (_Dénégations._)

_M. le ministre des affaires étrangères._--C'est une erreur de fait

que je vais expliquer... (_Bruit._)

M. LE DUC DE BROGLIE.--Alors il paraît que je ne sais pas le fait, et

je cède la parole à M. le ministre.

_M. le ministre des affaires étrangères._--Je prie l'honorable M.

Persil de me permettre de me prévaloir de ce qu'il vient de dire tout

à l'heure. Il a reconnu le principe du droit commun, savoir, que la

juridiction appartient au gouvernement possesseur du territoire.

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 185 / 219 题