M. DURAND (_de Romorantin_).--Je demande la parole.

_M. le ministre._--Je commencerai par rétablir la vérité sur un fait

qui a déjà été expliqué plusieurs fois à la Chambre. Je veux parler de

_l'exequatur_ donné aux consuls étrangers qui résident à Alger. C'est

l'habitude que, dans les mutations de gouvernement, sur un même

territoire, ces consuls continuent à agir en vertu de _l'exequatur_ et

des pouvoirs qu'ils avaient auparavant. Cela s'est ainsi pratiqué en

Afrique, lors de notre prise de possession, non-seulement pour le

consul d'Angleterre, mais pour les consuls des autres puissances; et

depuis, quand un consulat est devenu vacant, quand un nouveau consul a

été appelé, il a été obligé de demander et de recevoir _l'exequatur_

du gouvernement français, et il n'a pu entrer en fonctions sans

l'avoir reçu. Il en résulte qu'aujourd'hui la plupart des consuls qui

résident en Algérie, ayant été nommés depuis notre occupation, ont

reçu _l'exequatur_ du gouvernement du roi, et exercent leurs fonctions

en vertu de cet _exequatur_.

Le consul anglais à Alger (et il n'est pas le seul), étant antérieur à

1830, le poste n'étant pas devenu vacant depuis, il n'y a pas eu lieu

à lui donner un nouvel _exequatur_; mais j'ajoute que ce même consul

ayant demandé, pour un vice-consul de sa nation, le droit de se

transporter d'un point de l'Algérie sur un autre point, il lui a été

répondu que, pour obtenir cette translation, le vice-consul aurait

besoin d'un _exequatur_ nouveau; et la translation n'a pas été

autorisée et ne le sera point jusqu'à ce que le nouvel _exequatur_ ait

été donné. (_Marques d'adhésion au centre._) Et le jour où le poste de

consul anglais à Alger deviendra vacant, le principe qui a été

appliqué à tous les autres postes le sera également à celui-ci. Aucun

consul nouveau ne sera installé s'il ne demande et s'il n'obtient

_l'exequatur_ du gouvernement du roi.

Il n'y a donc rien eu de particulier dans ce qui a été fait à l'égard

du consul anglais.

La même maxime, la même règle a été suivie pour lui et pour tous les

autres consuls des puissances européennes dans l'Algérie. Je répète

que ce point avait déjà été éclairci devant la Chambre, et que la

réponse que j'ai l'honneur de lui faire lui avait déjà été plusieurs

fois adressée.

Le second point se rapporte à la connaissance que j'ai donnée, il y a

quelque temps, à la Chambre, d'une dépêche de l'ambassadeur du roi en

Angleterre, sur une conversation qu'il avait eue avec lord Aberdeen,

quant à nos possessions en Algérie.

Je rectifie d'abord une assertion complétement fausse. Jamais il n'est

entré dans ma pensée que l'ambassadeur du roi pût adresser, et jamais

il n'a adressé aucune parole, je ne dirai pas pour demander l'adhésion

du gouvernement britannique à notre possession de l'Algérie, mais pour

élever, pour admettre qu'on pût élever une question à ce sujet,

jamais.

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 176 / 219 题