_M. le ministre._--Quoique vous en disiez, il n'y a rien de
définitivement conclu: mais j'espère que tout se conclura dans
l'esprit que je viens de développer devant la Chambre. Oui, notre
politique est la politique de la paix, de la paix armée, tant que les
armements seront nécessaires au maintien de la paix. Le jour où ces
armements ne seraient plus nécessaires et à la dignité et aux intérêts
de la France, certainement nous n'imposerions pas à la France ni à
l'Europe de telles charges devenues inutiles; mais aujourd'hui nous
les jugeons encore nécessaires. C'est pour maintenir jusqu'au bout la
politique que nous avons défendue dans l'adresse, et que la Chambre a
adoptée, c'est pour la maintenir, dis-je, que nous avons présenté les
crédits supplémentaires et le budget. Il n'y a pas de réticence, pas
de complaisance. Nous n'avons jamais éludé la discussion; nous avons
accepté les devoirs les plus rudes, les devoirs qui nous ont obligés à
lutter contre une portion de nos amis, et ceux qui ne nous engageaient
que contre nos adversaires; nous les avons acceptés les uns et les
autres; nous les remplirons jusqu'au bout, et vous ne me ferez pas
parler plus tôt que je ne le jugerai convenable aux intérêts du pays,
pas plus que vous ne nous ferez dévier un moment de la ligne de
conduite que nous avons adoptée. (_Très-bien! très-bien!_)