M. THIERS.--Je demande la parole. (_Mouvement._)

_M. le ministre._--Quoique vous en disiez, il n'y a rien de

définitivement conclu: mais j'espère que tout se conclura dans

l'esprit que je viens de développer devant la Chambre. Oui, notre

politique est la politique de la paix, de la paix armée, tant que les

armements seront nécessaires au maintien de la paix. Le jour où ces

armements ne seraient plus nécessaires et à la dignité et aux intérêts

de la France, certainement nous n'imposerions pas à la France ni à

l'Europe de telles charges devenues inutiles; mais aujourd'hui nous

les jugeons encore nécessaires. C'est pour maintenir jusqu'au bout la

politique que nous avons défendue dans l'adresse, et que la Chambre a

adoptée, c'est pour la maintenir, dis-je, que nous avons présenté les

crédits supplémentaires et le budget. Il n'y a pas de réticence, pas

de complaisance. Nous n'avons jamais éludé la discussion; nous avons

accepté les devoirs les plus rudes, les devoirs qui nous ont obligés à

lutter contre une portion de nos amis, et ceux qui ne nous engageaient

que contre nos adversaires; nous les avons acceptés les uns et les

autres; nous les remplirons jusqu'au bout, et vous ne me ferez pas

parler plus tôt que je ne le jugerai convenable aux intérêts du pays,

pas plus que vous ne nous ferez dévier un moment de la ligne de

conduite que nous avons adoptée. (_Très-bien! très-bien!_)

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 146 / 219 题