M. DESMOUSSEAUX DE GIVRÉ.--C'est pourtant ce qu'a fait le traité.

_M. le ministre des affaires étrangères._--Il y a en Amérique des

gouvernements de fait, avec lesquels nous traitons quand ils nous

accordent les conditions que nous demandons et qu'ils les exécutent.

Nous n'avons pas à nous occuper de ce qui se passe entre eux; nous

n'avons pas à prendre parti pour les uns contre les autres. C'est

surtout ici le cas d'appliquer le principe de non-intervention dans

toute sa rigueur. À de telles distances, dans l'ignorance où nous

sommes des véritables causes des événements, de la véritable force des

partis, il y a plus que de l'imprudence, permettez-moi de le dire, il

y a un orgueil aveugle à prétendre démêler où est le droit, lequel est

modéré, lequel est violent, à prendre parti pour les uns contre les

autres, et à engager la France dans des affaires qui ne sont pas les

siennes, dans des intérêts où elle n'a aucune part.

Si le gouvernement de Rosas ne respecte pas les conditions qu'il a

acceptées, si la convention conclue avec lui ne nous assure pas les

avantages auxquels nous avons droit, nous réclamerons, et même par la

force, s'il le fallait. Mais, en attendant, M. de Mackau a mis fin à

une situation onéreuse, embarrassante, compromettante. Nous avons

obtenu ce que nous demandions; nous sommes sortis d'une guerre

étrangère et d'une guerre civile dans lesquelles nous n'avions rien à

voir.

Je conçois que les intérêts personnels qui ont eu à souffrir se soient

adressés à la Chambre; mais ce ne sont pas là des considérations qui

puissent dicter les résolutions de la Chambre ni celles du

gouvernement du roi. Le traité sera ratifié, attendu qu'il me paraît

conforme aux intérêts de la France, aux intérêts des neutres, et aux

bonnes relations que nous devons chercher à entretenir avec l'Amérique

du Sud. (_Marques générales d'assentiment.--Aux voix! aux voix!_)

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 132 / 219 题