Discussion du projet de loi relatif aux secours à accorder aux
réfugiés étrangers.--Relations de la France avec l'Espagne.
--Chambre des pairs.--Séance du 4 janvier 1841.--
Le gouvernement avait demandé un crédit de 700,000 francs pour secours
aux réfugiés étrangers. Dans la discussion de ce projet de loi, M. le
duc de Noailles s'éleva contre la politique adoptée dans nos relations
avec l'Espagne depuis la mort de Ferdinand VII, et spécialement depuis
que don Carlos avait été expulsé de la Péninsule. Je lui répondis:
M. GUIZOT.--Messieurs, la Chambre ne s'étonnera pas, j'en suis sûr,
si, dans le discours de l'honorable préopinant, il y a des choses
auxquelles je ne réponds point, sur lesquelles je n'exprime aucun
avis, dont je ne parle même pas. Non-seulement il ne m'est pas permis
de tout dire, mais il ne m'est pas permis de parler de tout. Il y a
une foule de choses dans lesquelles la parole nuit d'avance à
l'action. Quand on n'est pas obligé d'agir, quand on est simplement
appelé à observer et à juger, on peut exprimer sans crainte et sans
gêne toute sa pensée. Quand on est appelé à agir, et précisément pour
agir, il faut savoir se taire.
Dans une occasion récente, j'ai eu l'honneur de dire à cette tribune
que le projet du gouvernement était de ne pas intervenir activement
dans les affaires intérieures de l'Espagne. Mais j'ai certes été bien
loin de renier la part qu'il a prise dans les événements dont
l'Espagne a été le théâtre...