_M. le ministre des affaires étrangères._--L'honorable M. Thiers me
dit: _Aujourd'hui_. Il a raison. Tout le reste est du passé, un passé
qui nous est étranger, que nous n'avons pas fait, qui s'est fait, je
le répète, en votre présence et sous votre influence. Je ne discute
pas ce passé; je n'y rentre point. Je ne crois pas qu'il soit
aujourd'hui d'une grande importance pour le pays de débattre les
différentes actions qu'on aurait pu exercer, les différentes
politiques qu'on aurait pu pratiquer. Je crois que ce qui importe au
pays, c'est de mettre un terme à une situation difficile et
périlleuse; et on ne peut le faire qu'en acceptant, je le répète, et
les faits accomplis, et les réserves qui ont été faites au profit du
pacha, et qui sont aujourd'hui reconnues et offertes. Voilà la
politique du cabinet, sa politique actuelle, pratique, sans
récrimination, sans discussion du passé. C'est sur cette politique que
la Chambre a à se prononcer par son adresse. En l'adoptant, la Chambre
reconnaît la sagesse de cette politique; la Chambre l'adopte, autant
qu'il est dans sa mission, dans sa situation constitutionnelle, de
l'adopter. Nous le lui demandons, car nous ne pouvons, pour notre
compte, en pratiquer aucune autre. (_Vive approbation au centre._)