M. THIERS.--Aujourd'hui.

_M. le ministre des affaires étrangères._--L'honorable M. Thiers me

dit: _Aujourd'hui_. Il a raison. Tout le reste est du passé, un passé

qui nous est étranger, que nous n'avons pas fait, qui s'est fait, je

le répète, en votre présence et sous votre influence. Je ne discute

pas ce passé; je n'y rentre point. Je ne crois pas qu'il soit

aujourd'hui d'une grande importance pour le pays de débattre les

différentes actions qu'on aurait pu exercer, les différentes

politiques qu'on aurait pu pratiquer. Je crois que ce qui importe au

pays, c'est de mettre un terme à une situation difficile et

périlleuse; et on ne peut le faire qu'en acceptant, je le répète, et

les faits accomplis, et les réserves qui ont été faites au profit du

pacha, et qui sont aujourd'hui reconnues et offertes. Voilà la

politique du cabinet, sa politique actuelle, pratique, sans

récrimination, sans discussion du passé. C'est sur cette politique que

la Chambre a à se prononcer par son adresse. En l'adoptant, la Chambre

reconnaît la sagesse de cette politique; la Chambre l'adopte, autant

qu'il est dans sa mission, dans sa situation constitutionnelle, de

l'adopter. Nous le lui demandons, car nous ne pouvons, pour notre

compte, en pratiquer aucune autre. (_Vive approbation au centre._)

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 114 / 219 题