_M. le ministre des affaires étrangères._--L'honorable M. Thiers, si
je ne me trompe, me dit: Il fallait le dire. Je crois que je l'ai dit.
M. THIERS.--Puisque vous accueillez mon interruption, je demande à
présenter une observation.
Je prouverai, pièces en main, puisque je suis réduit à me justifier
devant l'ambassadeur qui recevait mes ordres (_Rumeurs_) et devait me
donner ses avis, je prouverai, pièces en main, que vous m'avez dit, le
14 juillet même, que nous avions encore du temps et que rien n'était
précipité.
_M. le ministre des affaires étrangères._--Je le dirai moi-même tout à
l'heure. (_Mouvement prolongé._) Mais je ne puis accepter les paroles
de l'honorable M. Thiers; il n'a point à se justifier ici devant moi.
Je suis ici, comme député, obligé dédire mon avis, de donner à la
Chambre des renseignements sur la part que j'ai prise dans la grande
affaire dont il s'agit. Aucun de nous ne se justifie; nous nous
expliquons devant la Chambre et devant le pays. (_Approbation._) Ce
n'est donc point de moi qu'il s'agit; j'étais sous les ordres de
l'honorable M. Thiers; j'ai reçu ses instructions, je les ai
exécutées; je lui ai donné toutes les informations qu'il a été en mon
pouvoir de recueillir.