_M. le ministre des affaires étrangères._--«La nouvelle sera bientôt
connue, mais pas avant huit jours. Dans l'intervalle, les Anglais ne
pourront rien faire, et nous sommes sûrs qu'ils arriveront trop tard
s'ils veulent écrire à Constantinople. Vous vous serviriez toutefois
de cette nouvelle pour empêcher une résolution, si l'on voulait en
prendre une relativement au plan sur lequel vous m'avez consulté ces
jours derniers, l'Égypte héréditairement et la Syrie viagèrement.»
(_Mouvements divers._)
À peu près au même moment où arrivait la nouvelle de la tentative
d'arrangement direct du pacha, arrivait aussi celle de l'insurrection
de la Syrie. Je n'ai rien à ajouter à ce qu'a dit, au sujet de cette
insurrection, l'honorable M. Thiers; je me suis plus d'une fois
plaint, vivement plaint au cabinet anglais des efforts que, je crois,
il faisait sous main pour soulever cette insurrection.
Voici la dépêche dans laquelle je rendis compte de l'effet que
produisaient à Londres les deux nouvelles:
11 juillet... Je prie la Chambre de vouloir bien écouter avec
attention cette dépêche, qui est très-importante dans l'affaire...
(_Parlez! parlez!_)
«Depuis que la proposition de couper la Syrie en deux, en laissant à
Méhémet-Ali la forteresse et une partie du pachalik de Saint-Jean
d'Acre, a été écartée, lord Palmerston a paru éviter la conversation
sur les affaires d'Orient. Je l'ai engagée une ou deux fois, plutôt
pour bien établir la politique du gouvernement du roi que pour tenter
réellement de faire faire, par la discussion directe, un nouveau pas à
la question. Lord Palmerston m'a répondu en homme qui persiste dans
ses idées, mais ne croit pas le moment propice pour agir, et veut
gagner du temps.» (_Sensation._)
Quand nous avons voulu gagner du temps, lord Palmerston était
pressant; quand lord Palmerston a voulu gagner du temps, je crois que
notre intérêt à nous était d'être pressants. Nous ne l'avons été à
aucune époque.