M. GUIZOT.--Vous voulez encourager les vertus publiques, vous voulez
encourager les sentiments généreux, vous voulez lutter contre les
suggestions et les calculs de l'intérêt personnel; soyez généreux
vous-mêmes, donnez l'exemple de ces élans vrais qui portent à la
reconnaissance les grandes assemblées et les nations tout entières; ne
vous enfoncez pas dans des calculs domestiques, quand il s'agit de
donner une marque de l'estime et de la reconnaissance nationale: le
taux de la pension m'importe peu; ce qui m'importe, c'est le mouvement
d'âme qui la fait accorder. Suivez ce mouvement, et vous inspirerez
vraiment les sentiments que vous voulez honorer; vous encouragerez les
bons services en même temps que les sentiments généreux. Cela est
moral, messieurs, et utile pour la France; cela est honorable pour
ceux qui donnent et pour ceux qui reçoivent. En agissant ainsi, vous
ne ferez que justice, mais une justice profitable au pays. Je vote
pour la proposition du gouvernement et contre les amendements de la
commission. (_Aux voix! aux voix!_)