M. LE GÉNÉRAL JACQUEMINOT.--Je demande la parole.

M. GUIZOT.--Vous voulez encourager les vertus publiques, vous voulez

encourager les sentiments généreux, vous voulez lutter contre les

suggestions et les calculs de l'intérêt personnel; soyez généreux

vous-mêmes, donnez l'exemple de ces élans vrais qui portent à la

reconnaissance les grandes assemblées et les nations tout entières; ne

vous enfoncez pas dans des calculs domestiques, quand il s'agit de

donner une marque de l'estime et de la reconnaissance nationale: le

taux de la pension m'importe peu; ce qui m'importe, c'est le mouvement

d'âme qui la fait accorder. Suivez ce mouvement, et vous inspirerez

vraiment les sentiments que vous voulez honorer; vous encouragerez les

bons services en même temps que les sentiments généreux. Cela est

moral, messieurs, et utile pour la France; cela est honorable pour

ceux qui donnent et pour ceux qui reçoivent. En agissant ainsi, vous

ne ferez que justice, mais une justice profitable au pays. Je vote

pour la proposition du gouvernement et contre les amendements de la

commission. (_Aux voix! aux voix!_)

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 45 / 219 题