griffon. Elle a pour support un trépied élégant, dont le motif est
l'union de trois dauphins, ayant dans la bouche une conque marine, et
soutenant un disque avec leurs queues.
[Illustration 86]
PLANCHE XVI.
(_P_. 28, _t. VIII de l'Edition royale_.)
Lampe de bronze à trois becs, représentée de face et de profil; son
couvercle a pour ornement une figure qui se tient en équilibre sur un
seul pied. Le bonnet pointu dont ce baladin est coiffé, était propre
aux mimes et aux danseurs; il porte une espèce de ceinture ou plutôt de
caleçon, dite chez les Romains _subligar_ ou _subligaculum_; cette pièce
de vêtement, que les hommes et les femmes employaient dans les bains,
était particulièrement à l'usage de tous les acteurs, de peur que les
yeux du public, dit Cicéron, ne fussent offensés par quelqu'accident
contraire à la pudeur. Notre baladin tient dans sa main droite une
chaîne où pend un instrument à pointe et à crochet, destiné à gouverner
le lumignon. Le couvercle est tout-à-fait mobile, et la figure n'y tient
elle-même que par une aiguille, et peut s'enlever à volonté. La
lampe, ainsi ornée de la figure, paraît destinée à être posée sur un
candélabre.
[Illustration 88]
PLANCHE XVII.
(_P_. 29, _t. VIII de l'Edition royale_.)
FIG. I. Sur cette lampe, on voit un jeune homme aîlé et coiffé
d'un bonnet pointu, tenant un objet qu'on a pris pour un instrument
champêtre, mais qui pourrait être aussi une espèce d'étendard
(_vexillum_).
FIG. II. Lampe à deux mèches, ayant pour ornement deux figures placées
sur des piédestaux. Leur attitude est celle que nous avons considérée
sur d'autres antiques, comme étant propre aux dieux Lares. Cette lampe
était, sans doute, destinée brûler devant ces divinités domestiques.
FIG. III. On voit dans celle-ci une tête d'éléphant assez mal figurée,
mais dont on distingue bien les défenses et la trompe. La tête
d'éléphant peut être l'emblème d'une victoire ou d'une conquête.
FIG. IV. Lampe à deux mèches, caractérisée par le croissant et par la
figure qui est celle de Diane, ou d'une nymphe de sa suite. La tête
a une expression sévère; les cheveux négligés sont retenus par des
bandelettes; l'épaule est nue; l'arc est traité avec le plus grand soin,
et l'on remarque à l'extrémité, entre deux boutons, la place destinée à
recevoir la corde.
FIG. V. Le personnage vêtu d'une ample draperie et armé de thyrse, donne
à cette lampe un caractère bachique.
FIG. VI. Celle-ci, de la même forme que la quatrième, a pour sujet un
Amour ou un Génie tenant deux pommes ou deux balles, trophées glorieux
de la beauté, ou emblèmes des jeux de l'enfance.
[Illustration 91]
PLANCHE XVIII.
(_P_. 30, 31, _t. VIII de l'Edition royale_.)
FIG. I et V. Dans ces deux lampes, on remarque le buste d'un jeune homme
ou d'une jeune femme, ayant derrière elle un croissant dont les pointes
s'élèvent au-dessus des épaules. Dans la première, on voit de plus un
aigle posant sur un globe, et levant la tête vers les cieux. L'oiseau de
Jupiter ne laisse aucun doute sur le sens de cet emblème qui exprime une
apothéose, dont le personnage demeure inconnu. Cet honneur n'appartenait
point exclusivement aux Empereurs: de simples citoyens le recevaient
de la piété et de la vénération de leurs proches. Les médailles
représentent les âmes déifiées dans la Lune, parce qu'une opinion
religieuse admettait que cet astre devenait leur séjour (_Buonarotti
Med. p._ 44 _à_ 46). Dans les médailles des deux Faustines, on voit la
Lune au-dessous de la figure avec la légende _SIDERIBVS RECEPTA_,
_reçue parmi les astres_. Ici la situation de la figure entre la Lune
et l'aigle de Jupiter, semble exprimer que l'âme s'élève jusque dans
l'Olympe. Les deux lampes peuvent se ranger dans la classe des lampes
sépulcrales.
FIG. II. Le Dauphin entrelacé avec le trident, consacre cette lampe à
Neptune. On peut en dire autant de la Fig. VII.
FIG. III. Un temple, deux dauphins et un dragon, ou monstre marin.
Cette lampe pourrait être regardée comme un monument votif, consacré en
reconnaissance d'un heureux voyage.
FIG. IV. Cette figure symbolique posant sur deux dauphins, ayant la
tête chargée d'ornemens peu distincts, peut représenter quelque divinité
marine. Au caractère sinistre imprimé dans ses traits, nous ne sommes
point éloignés d'y reconnaître l'image de Scylla.
FIG. V. Un corbeau tenant une branche de laurier, emblême relatif à
Apollon.
FIG. VIII, IX et X. Lampe, ou plutôt espèce de lanterne qui devait se
compléter par une garniture mobile. Nous en donnons la vue, la coupe
et le plan; le cylindre qui part du fond était destiné recevoir le
lumignon, comme l'atteste l'orifice noirci par la fumée; l'huile
s'introduisait par l'un des côtés, et se répandait par un trou dans le
récipient principal.
[Illustration 94]
PLANCHE XIX.
(_P_. 32, 33 et 34, _t. VIII de l'Edition royale_.)
FIG. I. Cette lampe de terre, d'un dessin très médiocre, a pour sujet
deux mains unies avec le caducée: c'est le signe bien connu de la
concorde et de la bonne-foi. Ce symbole était devenu le plus usité pour
exprimer l'alliance conjugale; après les guerres civiles, il servit
d'étendard aux compagnies romaines, et l'on trouve souvent ce signe
militaire sur les médailles avec l'épigraphe: _Concordia militum_.
FIG. II. Bellori (_par. II, pl. XXIV_), et Montfaucon (_tom. V, pl.
CXXIV_), rapportent une lampe absolument semblable à la nôtre, à
l'exception que la flèche, dont la forme est ici très distincte, paraît
être un thyrse chez ces auteurs. Ils ont vu, dans ce jeune homme, un
suivant de Bacchus, prêt à frapper, ou menaçant un chien, qui s'élance
sur lui; l'instrument noueux et recourbé est plutôt un bâton de chasse
qu'une massue héroïque. Il faut corriger les dessins de Santi-Bartoli,
ordinairement inexacts, par le nôtre, et reconnaître dans ce sujet
Actæon, qui se défend de ses propres chiens, aux yeux desquels il
paraissait être un cerf. Un sarcophage de la villa Borghèse représente
Actæon presque dans la même attitude.
FIG. III. Cette lampe en terre cuite est l'une des plus curieuses de la
collection; posant sur une base, elle forme une espèce de candélabre. La
figure principale représente le génie d'Hercule appuyé sur une massue;
la peau du lion vient se nouer sur sa poitrine, et ses aîles étendues
embrassent le corps de la lampe. La tête qui sert d'ornement à la base
est un masque bachique orné de feuilles de vigne ou de lierre, avec des
fleurs ou des corymbes. Hercule et Bacchus, dont la présence est ici
rappelée par des symboles, sont deux Divinités souvent réunies dans le
culte des anciens.
FIG. IV. Cette lampe, d'un travail médiocre, ayant pour ornement quatre
chiens en course, appartient au culte de Diane.
[Illustration 97]
PLANCHE XX.
(_P._ 35, 36, _t. VIII de l'Edition royale_.)
Les cinq premières figures sont les médaillons d'autant de lampes.
FIG. I. Tête du dieu Pan, dont le caractère réside dans les cornes et
les oreilles de bouc, et dans la barbe épaisse.
FIG. II. Masque de satyre.
FIG. III. Masque comique caractérisé par la largeur de la face,
l'élévation des sourcils, et les cheveux roulés en couronne; coiffure
propre aux valets sur la scène.
FIG. IV. Masque de faune ou de silène; il est groupé avec une draperie,
comme les masques le sont très-souvent dans les ouvrages de l'art.
FIG. V. Masque tragique, comme on le voit par l'expression larmoyante
et la chevelure en tresses relevées sur le front, et pendantes sur
les côtés. La bouche fermée semble indiquer que c'est le masque d'un
danseur, ceux des histrions ayant ordinairement la bouche ouverte.
Les masques scéniques, dans les monumens funéraires, font allusion à la
brièveté de la vie dans laquelle nous ne faisons qu'un rôle éphémère;
les masques de faunes, de satyres et des Divinités champêtres,
rappellent aussi les jouissances passagères que la mort inattendue
vient terminer. Les anciens regardaient ces images multipliées comme un
avertissement continuel de mettre à profit, pour la sagesse ou pour les
plaisirs, les instans rapides et sans retour.
FIG. VI à XIV. Sept lampes, dont deux sous les nos IX. et X, XII et
XIII, sont représentées en deux dessins: ces lampes ne sont remarquables
que par les inscriptions exprimées en relief sur le fond. On trouve
ordinairement dans ces petits monumens, les noms au second cas, comme
_VETILI_, _ATIMETI_, et il faut sous-entendre _ex officinâ_, _ex
figlinâ_... de la fabrique ou de la tuilerie d'un tel. _ATIMETI_ est un
surnom; il en est de même de _CELSI_ écrit en grec: _VETILI_ et _TITIN_,
c'est-à-dire _Titinni_, sont des noms de famille. Les deux autres
inscriptions, nos VIII et XI, sont moins claires, et pourraient contenir
des abréviations. La dernière lampe porte pour signe l'empreinte de deux
pieds humains, où l'on voit les inscriptions PVI et PVR. On a trouvé
dans les fouilles d'Herculanum plus d'une vingtaine de lampes, avec
l'empreinte de deux pieds ou d'un seul. On peut, avec quelque raison,
considérer cette marque comme une espèce de cachet. On connaît des
anneaux qui se distinguent par le même signe; c'est particulièrement
le symbole de la possession et de la propriété: les lettres qui
l'accompagnent en complètent le sens, en indiquant un nom, comme
_Publius VIbius PURpuratus_, ou tout autre qui s'accorderait avec les
mêmes initiales.
[Illustration 101]
PLANCHE XXI.
(_P._ 38, 39 et 40, _t. VIII de l'Édition royale_.)
Huit lampes de bronze, chacune de la même forme, avec une anse recourbée
qui se termine par des têtes d'animaux. Ces figures peuvent exprimer une
dévotion envers les Divinités auxquelles chacune d'elle est consacrée.
Ainsi, le cygne se rapporte à Vénus, le cheval à Neptune, le dauphin au
même Dieu ou à Apollon, la panthère à Bacchus, le lion à Cybèle. Le roi
des animaux peut encore rappeler les exploits d'Hercule, ou s'offrir
comme symbole de la force.
[Illustration 103]
PLANCHE XXII.
(_P._ 44, 45, _t. VIII de l'Édition royale_.)
FIG. I et II. Lampe de bronze vue de face et de profil, d'un beau
travail et d'une forme élégante.
FIG. III et IV. Autre lampe de bronze, avec un couvercle à charnière.
Le principal ornement est une coquille qui forme l'anse; on y voit aussi
deux pommes: ces divers emblèmes conviennent au culte de Vénus.
FIG. V. Lampe de terre, comme le sont les deux autres. Le médaillon,
orné d'un bel entourage, représente un lion à crinière flottante,
assis pacifiquement comme un chien: ce lion peut offrir l'emblème de la
modération.
FIG. VI. On voit sur cette lampe un vaisseau, dont la proue est ornée
d'une tête de panthère. Les anciens se plaisaient presque toujours à
donner aux proues des vaisseaux la forme d'un animal, et c'était de-là
que le navire tirait quelquefois son nom. Le petit bateau qui accompagne
le bâtiment est de la même forme.
FIG. VII. Cette lampe, assez semblable pour la forme à celle du n°. V,
a pour ornement deux colombes posées sur les anses du même vase, et
becquetant ensemble le même fruit ou la même feuille. Ces deux oiseaux
semblent offrir l'emblême de l'union conjugale, dans laquelle tous
les biens sont en commun. Ce symbole se rencontre fréquemment dans les
monumens sépulcraux.
[Illustration 106]
PLANCHE XXIII.
(_P._ 47, 48 et 49, _t. VIII de l'Édition royale._)
FIG. I. Cette lampe de terre fracturée a pour entourage une couronne de
feuilles, et porte au milieu du médaillon une croix enrichie de divers
ornemens, comme seraient des pierreries: ce même signe se retrouve sur
cinq lampes publiées par Arringhi (_Rom. Sotterr. lib. III_, 22), et sur
trois autres rapportées par Delachausse (_ Mus. Rom. sect. V, tab. I et
seq._). Il ne reste aucun doute que la croix représentée sur ces lampes
ne soit le symbole du christianisme, qu'il ne faut pas confondre avec
d'autres symboles égyptiens qui ont avec celui-ci quelque ressemblance.
Le frêle monument que nous publions, trouvé dans les fouilles de
Pompéia, serait l'un des plus anciens du christianisme, si l'on pouvait
supposer que l'existence de cette lampe a précédé la destruction
d'Herculanum par le Vésuve; mais c'est une circonstance dont il est
permis de douter. M. Dutheil a lu l'Institut une savante dissertation,
où il a prouvé que ces mêmes lieux ne cessèrent pas d'être habités dans
les âges suivans, quoique les villes détruites n'aient jamais recouvré
leur première splendeur, et que les traces en aient presqu'entièrement
disparu sous les villes qui leur ont succédé. Ce fait expliquerait
comment des monumens plus modernes peuvent se trouver confondus sous des
ruines avec ceux des villes antiques de la Campanie.
FIG. II. Lampe de terre d'un travail grossier, ornée d'un croissant et
d'une tête de buf, dont cet ustensile emprunte toute la forme.
Cette lampe peut offrir l'emblême des grands sacrifices, ou plutôt se
rapporter au culte égyptien d'Isis, dont le croissant est le symbole, et
à celui du buf Apis.
FIG. III. Le bas-relief de cette lampe exprime deux figures nues
penchées sur un cratère à hauteur d'appui; l'une, versant l'eau d'un
vase dans le bassin, est sans contredit une esclave, tandis qu'on
reconnaît dans la seconde la maîtresse attentive à l'exécution de ses
ordres: il s'agit sans doute ici de soins relatifs à la toilette.
FIG. IV et V. La même lampe en deux dessins; elle est à deux lumières
opposées; du milieu s'élève une anse avec un il pour la suspendre.
FIG. VI et VII. Lampe de bronze en deux vues; elle est d'un bon travail;
l'anse est formée par deux branches qui embrassent le flanc, et viennent
se réunir à une feuille de lierre en éventail, d'où pend une chaîne avec
le bouchon servant de couvercle.
FIG. VIII et IX. Autre lampe de bronze d'une forme à-peu-près semblable,
garnie de trois chaînes pour la suspendre. Sur la partie supérieure,
on remarque un rat qui s'avance vers le lumignon; ce qui exprime
ingénieusement l'avidité de ces buveurs d'huile, dont Minerve, dans
la guerre des rats et des grenouilles, poëme attribué à Homère, refuse
d'embrasser la cause, «parce que, dit-elle, ils me font de grands
dégâts, qu'ils mangent mes couronnes, et rongent mes lampes pour en
avoir l'huile».
[Illustration 110]
PLANCHE XXIV.
(_P._ 51, _t. VIII de l'Édition royale_).
Belle lampe de bronze à trois becs. Les trois dessins en offrent la
vue sous deux aspects, avec la coupe au trait de l'un des trois becs,
jusqu'au milieu du corps de la lampe. Les ornemens en sont recherchés et
d'un travail élégant; ils consistent en trois masques et en guirlandes
de feuillage tressées avec des bandelettes; trois chaînes qui
s'attachent à chaque bec servaient à la suspendre; une quatrième chaîne
s'attache le bouton qui ferme le trou du milieu.
[Illustration 112]
PLANCHE XXV.
(_P._ 50, 52, _t. VIII de l'Édition royale._)
FIG. I et II. Lampe de bronze garnie de chaînes pour la suspendre,
représentée en deux dessins; elle est à deux becs, dont chacun est
surmonté d'un aigle, les ailes étendues, et tenant la foudre dans ses
serres, emblême qui semble annoncer que cet ustensile est consacré à
Jupiter.
FIG. III. Autre lampe de bronze à deux becs, ornée d'un masque sur les
deux faces, et garnie de chaînes.
FIG. IV. Lampe de bronze d'un bon travail; dans l'un des becs, est un
lumignon trouvé avec la lampe même. La conservation d'une substance
aussi périssable, intacte après un laps de dix-sept siècles, est une
singularité qui rend ce monument extrêmement curieux. Il est vrai que ce
lumignon n'a point été trouvé à la place qui lui convient, et où il est
représenté; il était renfermé dans l'intérieur de la lampe, et la lampe
se trouvait hermétiquement fermée par la cendre qui s'était condensée
autour du bouchon et dans les ouvertures. La privation de l'air
extérieur, et surtout de l'humidité, a permis, comme l'on sait,
l'entière conservation d'objets très-corruptibles, sur-tout quand ces
objets étaient renfermés dans des corps métalliques, ou quand ils
y étaient adhérens; ainsi on a trouvé des bonnets de laine dans des
casques de bronze, des morceaux de bois tenant à des poignées de métal,
et des monnaies de bronze retenant encore la toile qui les enveloppait.
La matière du lumignon est de lin non filé, mais en étoupe tortillée en
deux branches, comme une corde imparfaite. Le lin paraît avoir été la
matière le plus constamment employée à cet usage, dans une antiquité
très-reculée. La culture du coton, très-anciennement en vigueur sur les
confins de l'Égypte et de l'Arabie, suivant le témoignage de Pline (_L.
XIX, I_), ne s'était guère répandue en Europe que quelques siècles après
cet écrivain, par le moyen des Arabes qui l'introduisirent en Espagne.
On se servait encore pour les lampes, de _papyrus_ et de bouillon-blanc.
Le chanvre était d'un usage très-commun, mais il servait plus
particulièrement pour les lanternes, où le lumignon devait avoir plus de
fermeté.
FIG. V et VI. Pincettes dont on se servait pour gouverner le lumignon.
FIG. VII. Crochet faisant office de mouchettes.
[Illustration 115]
PLANCHE XXVI.
(_P._ 53, 54, _t. VIII l'Edition royale_.)
Les vases de bronze que nous donnons ici, nous ont paru appartenir au
service des lampes, comme destinés à contenir de l'huile. En consultant
les ornemens, on trouve cependant à ces vases un caractère bachique;
nous nous bornons à en donner la description sans rien affirmer sur leur
emploi.
FIG. I. Ce dessin, au trait, offre le profil d'un vase pris du côté de
l'anse, qui, dans celui-ci comme dans les suivans, fait le principal
ornement. Cette anse est formée par la figure d'un jeune satyre posant
sur un panier de raisin, et tenant dans chacune de ses mains une branche
qui va, par-dessus son épaule, s'unir au bord du vase. Le corps du vase
est absolument semblable à celui qu'on remarque sous le n° VII.
FIG. II et III. Ce vase est plus simple dans sa forme et dans ses
ornemens que le premier. L'anse est formée par une branche contournée,
ornée de feuillures: elle se termine par un médaillon, d'où sort une
tête de jeune homme, coiffée du bonnet phrygien.
FIG. IV, V et VI. L'anse de ce vase a pour sujet un Hermès d'Hercule,
proprement dit _Herméracle_, et se termine par une coquille. Le Dieu est
sans barbe: la peau du lion est jetée sur son épaule, et ses bras
sont enveloppés dans sa draperie. On rencontre des herméracles pareils
exécutés en marbre: le musée Napoléon en possède plusieurs.
FIG. VII, VIII et IX. Sur l'anse de ce vase est encore appliqué un
Hermès offrant la figure d'un jeune suivant de Bacchus; ce demi-Dieu
joue avec un lièvre, animal qui se trouve souvent dans les sujets
bachiques. Les autres attributs qui terminent l'anse sont aussi tous
bachiques; c'est le masque d'un jeune faune appliqué sur une peau de
panthère dont on voit pendre les pattes.
[Illustration 118]
PLANCHE XXVII.
(_P._ 55, 56, _t. VII de l'Edition royale_.)
FIG. I, II et III. Coupe et profil d'un petit vase destiné à recevoir
une lumière, dont l'effet était modéré par un couvercle à charnière,
percé de plusieurs trous; cette lampe était une espèce de veilleuse.
Sur le côté, on voit une petite anse. L'intérieur est rempli de plomb
jusqu'à la hauteur désignée par la teinte, dans le premier dessin; ce
qui donne au vase une assiette solide. Le cylindre indiqué dans la coupe
est de laiton; il est mobile, et faisait, dans le vase, office de lampe.
Le trait, n°. II, est celui d'un bassin, dans lequel on plaçait le vase
par une attention de propreté.
FIG. IV. Ce dessin représente une lanterne portative de forme
cylindrique, et faite de cuivre jaune; les montans sont de métal
fondu; le fond est soutenu par trois pieds en forme de boule. Le cercle
supérieur est couronné par une calotte percée de quelques trous: cette
calotte est mobile à volonté. Pour porter la lanterne fermée, la main
devait embrasser les deux branches d'où pendent les chaînes, et qui
servent de poignée. Pour ouvrir la lanterne, on élevait la branche
supérieure qui faisait monter le couvercle par le moyen du clou qui joue
dans la première branche, et de la chaîne attachée à ce clou. Sur le
plateau du fond, pose la petite lampe de forme cylindrique: nous en
donnons la coupe qui fait voir le lamperon où se plaçait le lumignon.
Sur le sommet du couvercle, est une inscription en caractères pointés,
que nous répétons au-dessus du dessin d'une manière plus lisible,
quoique les lettres mal formées ne permettent pas de la déchiffrer
parfaitement. On peut lire _TIBURTI CATUS, Tiburtius Catus_, et ces
noms peuvent être ceux du fabricant. Si on lit _TIBURTl CATIS_, il
se présente deux sens différens: l'un serait _TIBURTl CATl Sum_,
_j'appartiens à Tiburtus Catus_; ce qui ne s'éloigne pas de la coutume
qu'avaient les anciens d'indiquer de cette manière le maître d'objets ou
d'êtres de nature à s'égarer; on trouve de semblables inscriptions sur
des colliers de chiens, de cerfs et d'autres animaux, sur ceux même
qu'on mettait au cou des esclaves; l'autre sens serait _TIBURTINUS CATI
Servus, Tiburtinus esclave de Catus;_ et ce _Tiburtinus_ (nom d'esclave,
rapporté par Gruter DCCCLXXXIV, n°. II), aurait eu l'emploi particulier
de porter la lanterne devant son maître, _lanternarius_ ou _lampadarius
servus_. La lanterne se trouve ici destituée de l'enveloppe transparente
qui devait la compléter, comme le désignent précisément les deux bandes
de métal fixées par des attaches à une petite distance des montans, et
une pareille bande circulaire qui règne sur le fond. La matière le plus
communément employée à cet usage paraît avoir été la corne; de-là vient
que Plaute désigne une lanterne par le mot même de _cornu_ (_Amph. act_.
I, I. 185). Pline dit à ce sujet que la meilleure corne était celle que
donnait une espèce de bufs sauvages qu'il nomme _uri_ (_l. XI._ 37). On
ne manque point non plus d'autorités prises dans les écrits des anciens,
pour avancer qu'on entourait encore les lanternes avec la peau des
vessies, ou avec d'autres membranes, ainsi qu'avec de la toile frottée
d'huile. On pourrait même soupçonner que la propriété du verre, adaptée
au même usage, n'a pas été ignorée des anciens. Le premier des écrivains
qui parle des fenêtres de verre, est Lactance, qui florissait sur la
fin du troisième siècle: sans entrer à cet égard dans aucune discussion,
nous nous contenterons de rapporter une autorité qui parle avec plus
de force, c'est-à-dire, la conservation de quelques morceaux de verre
trouvés à une fenêtre dans Pompéia, et déposés au musée de Portici.
FIG. V. Nous ne suivons pas les académiciens d'Herculanum dans leurs
recherches sur la véritable étymologie du mot _lanterna_, mais nous
rapportons avec eux, comme très-curieux, quoiqu'étranger à la collection
d'Herculanum, un monument trouvé dans un village près de Capoue: on voit
par l'inscription, qu'il a été érigé par un certain _Marcus Hordionius
Philargurus Labeo_ lanternier, à son épouse _Flavia Claudia Philumina_;
outre le titre bien exprimé de la profession, _LANTERNARIUS_, on
en trouve encore sur le monument le signe bien distinct, une petite
lanterne entourée de son enveloppe.
[Illustration 123]
PLANCHE XXVIII.
(_P._ 55, 58, _t. VI de l'Edition royale_).
FIG. I, II et III. Trépieds en bronze qu'on peut regarder comme destinés
à servir de support à des lampes. Nous n'avons rien à faire remarquer
dans ces trois pièces, que les ornemens; la gravure les expose avec
clarté.
FIG. IV, V et VI. Lampe de bronze à une seule mèche; elle est
remarquable par la queue pliante qui sert à la porter; la première
partie de cette queue naît à la réunion de deux têtes d'oiseaux qui
s'appliquent à la lampe; la seconde partie se termine en patte de
lièvre; se pliant en dessus, elle s'arrête en dessous sur l'alignement
de la première, qu'elle rencontre à angle droit.
[Illustration 125]
PLANCHE XXIX.
(_P._ 61, _t. VIII de l'Edition royale_.)
FIG. I. Lampadaire en bronze; il prend sa forme de deux troncs d'arbres
qui s'élèvent sur une plinthe quarrée, portée par des pieds de buf; sur
le sommet du tronc principal, est posé un disque ou plateau destiné à
recevoir la lampe.
FIG. II. Autre lampadaire de bronze avec son plateau; sa forme est
prise d'une canne à nuds, se divisant par le bas en branches qui font
trépied.