FIG. III et IV. Lampe de bronze d'un très beau travail, avec des

ornemens recherchés. Elle pose sur un support en forme de trépied à

griffes de lion, et orné de mascarons sur chaque face.

[Illustration 127]

PLANCHE XXX.

(_P_. 62, 63, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I. Le support de cette lampe peut être mis au nombre des

candélabres; c'est une colonne cannelée élevée sur une base; la base est

formée de trois pattes de lion, et les pattes sont unies par un ornement

en arabesques et des coquilles; le chapiteau est de fantaisie; dessus

pose un vase à deux anses, lequel porte la lampe dont le couvercle est

levé: le tout est de bronze et d'un travail élégant.

FIG. II. Autre Lampe avec son support; il est formé d'un tronc d'arbre,

orné de quelques feuilles et de glands. Le socle est fait au tour, et

pose sur un trépied à griffes de lion.

[Illustration 129]

PLANCHE XXXI.

(_P._ 64, _tome VIII de l'Edition royale._)

Une figure grotesque sert de principal motif ce lampadaire; c'est une

espèce de Silène, dont la physionomie, le geste et l'attitude ont

une expression comique et théâtrale. Il a pour tout vêtement un court

manteau jeté sur ses épaules; sa chaussure est le socque orné d'une

languette; le perroquet perché au milieu des deux branches, n'est point

sans rapport avec l'expression ridicule du personnage. Chaque branche du

candélabre se termine par un plateau destiné à supporter les lampes. La

figure pose sur une base quarrée à trois degrés, qui a pour support des

griffes de lion, montées chacune sur de petits socles ronds.

[Illustration 131]

PLANCHE XXXII.

(_P._ 65, _tome VIII de l'Edition royale._)

Ce lampadaire a pour motif le tronc d'un chêne dépouillé et divisé en

cinq branches, d'où pendent autant de lampes, toutes d'une forme assez

simple. L'arbre est élevé sur une plinthe rectangulaire, ayant pour

support des griffes de lion.

[Illustration 133]

PLANCHE XXXIII.

(_P._ 66, 67, _t. VIII de l'Edition royale_).

FIG I. La tige de ce lampadaire emprunte sa forme des plantes bulbeuses

dont elle imite l'élégante souplesse dans ses contours. Les deux lampes,

dans leur forme bizarre, imitent des limaçons, dont l'un est à moitié

sorti de sa coquille. Ce n'est pas sans une sorte de convenance que cet

insecte est ici rapproché d'une espèce de végétaux qui se plaisent dans

les terrains humides. Le socle représente, en quelque sorte, un autel,

étant entouré d'un feuillage en festons et orné d'un crâne de bœuf.

La plinthe à griffes de lion est d'un travail précieux; sa surface est

enrichie d'arabesques damasquinés en argent, comme le sont les ornemens

de l'autel. Un semblable lampadaire pourrait être consacré à la nymphe

d'une fontaine.

FIG. II. Cet autre lampadaire, d'un travail également beau, est d'un

style plus sévère. Une colonne cannelée en fait le motif. L'ornement du

chapiteau tient par ses volutes à l'ordre ionique: mais il ne faut point

chercher dans ces compositions de fantaisie, les proportions et les

règles de l'art. Les artistes usaient sans réserve, dans ces sortes

d'ouvrages, du droit de s'abandonner à leur imagination. Au milieu des

volutes est un masque comique, et du sommet du chapiteau partent quatre

rameaux en arabesques, qui servaient suspendre les lampes. Le dessin

n'en montre que deux; le plan du chapiteau fait voir la distribution de

tous les quatre.

[Illustration 137]

PLANCHE XXXIV.

(_P_. 69, _tome VIII de l'Edition royale._)

Ce lampadaire offre une composition agréable et animée. Sur une base

quadrangulaire s'élève une colonne cannelée en spirales, qui ont peu de

profondeur. Sur le chapiteau pose une tête couronnée d'une branche de

lierre avec ses corymbes; c'est celle d'un esclave barbare caractérisé

par les moustaches: elle sert elle-même de lampe, comme le montre le

dessin pris de profil. On introduisait l'huile par le sommet, et de la

bouche sortait le lumignon. Près de la colonne, sur un socle rond, est

un enfant d'une expression naïve et dans une attitude gracieuse; dans

le pouce de sa main gauche est passé un anneau qui réunit trois chaînes,

deux servent à suspendre une lampe; à la troisième, qu'il relève de

la main droite, pend un crochet propre à gouverner le lumignon. Cette

seconde lampe prend sa forme d'un masque scénique orné de pampres.

[Illustration 138]

PLANCHE XXXV.

(_P_. 68, 70 et 71, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I et III. Ces deux candélabres sont remarquables par leur mécanisme

qu'on saisira facilement à l'inspection du dessin. Le pied est formé

par trois traverses horizontales qui se démontent volonté. Le fût du

candélabre pose sur un plateau qu'il traverse par un tenon fixé en

dessous à l'aide d'une cheville; à partir de sa base, le fût s'élève en

forme de pilastre, surmonté d'un Hermès à deux faces. Un vase faisant

chapiteau pose sur la tête de chaque Hermès; ce vase couronné d'un

plateau, où doit être placée la lampe, s'élève et s'abaisse volonté, au

moyen d'une tige qui joue dans le pilastre, et qu'on arrête à la hauteur

convenable avec une clef. La figure qui sert d'ornement au premier

candélabre est celle de Jupiter; on la reconnaît au diadême et à la

barbe épaisse et majestueuse. Au revers, la tête se fait remarquer par

les cornes de Jupiter Ammon. L'Hermès de l'autre candélabre est celui

de Persée, comme peut le faire penser la tête de Méduse et un instrument

crochu qui représenterait la harpé. Sur l'autre face, le buste porte les

attributs ordinaires du fils de Maïa, la bourse et le caducée.

FIG. II. Lampadaire en forme de pilastre. La surface de la plinthe qui

sert de base, est ornée d'arabesques damasquinés en bronze même. Il est

à remarquer que, dans ce lampadaire comme dans tous les autres, et comme

le démontre le dessin de la planche précédente, la tige n'est point

située au milieu de la base, mais à l'une des extrémités; cette

précaution avait, sans doute, pour but de ménager en avant une table

commode, où l'on pouvait poser les vases à l'huile, ou d'autres

ustensiles nécessaires au service des lampes.

[Illustration 141]

[Illustration 142]

[Illustration 143]

[Illustration 144]

[Illustration 145]

[Illustration 146]

[Illustration 147]

[Illustration 148]

[Illustration 149]

[Illustration 150]

PLANCHES XXXVI--XLV.

(_P_. 72, 93, _t. VIII de l'Edition royale_.)

Nous avons précédemment désigné, par le nom de _lampadaire_, les

instrumens propres à porter à-la-fois plusieurs lampes, suspendues: ces

ustensiles ont le plus souvent la forme d'un tronc d'arbre, auquel on

n'a laissé que quelques branches dépouillées de leurs feuilles. Cette

invention nous offre l'imitation des arbres consacrés à un semblable

usage, dans les fêtes champêtres. Les _candélabres_ destinés à porter

une seule lumière ont une forme plus noble, mais qui doit sans doute

aussi son origine à quelque usage familier. Le trait qui distingue

particulièrement le candélabre est la canne ou le roseau qui servait à

porter la pomme de pin ou la torche allumée: on a fixé le roseau dans

le trépied qui la recevait momentanément; on a couronné la tige d'un

disque, d'un calice ou d'un chapiteau. L'art s'est ainsi emparé d'une

forme grossière; mais en l'embellissant, il a conservé la grâce qu'elle

empruntait à la nature; dans le candélabre le plus orné, quelque

chose rappelle toujours sa naissance. Souvent là tige est une colonne

cannelée; imitation d'un faisceau de cannes. Si c'est une colonne lisse,

sa légèreté s'éloigne de la proportion mâle de l'architecture. Peu-à-peu

le luxe a déployé des ornemens plus recherchés; le disque destiné à

porter la lampe a posé sur un chapiteau: celui-ci a pris la forme d'un

vase, et le vase a reçu tous les ornemens qui lui conviennent; il a été

embelli de feuilles de chênes et d'acanthe, de pampres, de bas-reliefs

saillans, ou de travaux délicats à très-bas-relief. Ces ornemens furent

prodigués sur la coupe et sur le disque, et jusque sur la cimaise de la

tige. La richesse du travail ajouta encore un nouveau prix à l'élégance;

le disque reçut de l'emploi des métaux, l'agrément des couleurs. Sa

surface damasquinée offrit des feuillages et des arabesques rendus avec

la délicatesse qui appartient à la peinture. Les pieds des candélabres

eurent aussi des ornemens plus recherchés. La tige sembla naître d'une

touffe de feuillage. Le trépied fut formé avec les pattes et les griffes

de divers animaux, mais sur-tout du lion. Des feuilles interposées avec

goût entre l'embranchement des pattes, servirent à les lier avec grâce:

on sauva aussi la nudité de leur union, en y appliquant des roses ou

des masques. Ce pied n'offrait pas un champ assez vaste pour recevoir

beaucoup d'ornemens, il fallut y ajouter un disque dont le travail

répondit à celui de la partie supérieure. On ne peut, de toutes ces

observations, déduire une règle générale pour la composition des

candélabres; il faut les ranger parmi les ouvrages qui permettent

beaucoup la fantaisie et au goût de l'artiste. Un exemple récent prouve

le parti qu'on peut tirer des beaux modèles de l'antiquité, en les

appliquant à nos usages modernes; nous voulons parler des candélabres de

fonte qui décorent le pont du Louvre, et qui servent, en supportant des

lanternes, l'éclairer pendant la nuit.

Les candélabres que nous publions, quelqu'élégans qu'ils soient, étaient

d'un usage familier: l'art à porté plus loin ses inventions et la beauté

d'exécution dans ceux qui étaient consacrés aux usages religieux. On

peut voir ce que l'antiquité nous a laissé de plus admirable en ce

genre, dans les œuvres de J.-B. Piranesi, et dans le _Musée Napoléon_,

récemment publié par ses fils à Paris. M. Visconti, dans son musée

_Pio-Clementino_, donne des notions très-intéressantes sur ces monumens

religieux, dont nous n'avons point à offrir de modèles dans notre

collection. Nous revenons donc aux candélabres dont nous avons exposé

les dessins. Ils sont de bronze, à l'exception d'un très-petit nombre

qui sont de fer; les ornemens sont de bas, ou très-bas-relief, sortis du

jet de la fonte presqu'entièrement finis; en sorte qu'il a fallu peu de

travail pour les polir. On ne trouve guère la trace de l'outil que dans

les reliefs très-bas dont la tranche demandait à être marquée avec plus

de profondeur. Pline nous apprend que les fabriques les plus célèbres

étaient celles de Tarente et de l'île d'Égine. En commentant le passage

de cet écrivain (_lib. LXIV_), il paraît que les premières excellaient

pour la beauté de la forme; et les secondes, pour la délicatesse et

le fini des ornemens: il serait difficile de décider auxquelles de ces

fabriques il faut attribuer nos candélabres. Nous avons déjà parlé d'une

magnifique habitation voisine d'Herculanum, dont le possesseur avait

pris plaisir rassembler une grande quantité d'ouvrages de l'art des

Grecs: c'est là qu'on trouva la plus grande partie des statues, et

presque tous les bronzes de notre collection; c'est là aussi qu'on a

trouvé ceux des candélabres dont le pied est couronné d'un disque. Cette

circonstance pourrait faire penser qu'ils sont d'un travail grec, et

plutôt des fabriques d'Égine, que de celles de Tarente.

La _pl. XLV_ représente les chapiteaux de divers candélabres, dont nous

ne donnons ni le fût, ni le pied, attendu que ces parties n'offrent

qu'une répétition de ce qu'on voit dans les autres planches. (_XVIII,

XIX_), et à l'aide des rapprochemens fournis par les connaissances des

machines en usage de nos jours, parvenir à donner une idée des pressoirs

qui complètent le cellier à l'huile de Stabie; c'est ce qu'on a essayé

dans le plan _pl. XLIX_. Les renvois de ce plan suffiront pour le faire

comprendre. Les voici en deux colonnes; dans la première, nous les

exprimons en latin pour être plus agréables à ceux de nos lecteurs qui

voudraient suivre le texte de Caton.

A Pavimentum torcularii. A Pavé du cellier.

B Pavimentum inter binos stipites. B Pavé entre les deux poteaux.

C Parietes. C Murailles.

D Vasa instructa juga II. D Vases accouplés.

E Trapetes. E Meules.

F Areæ. F Aires.

G Canales. G Rigoles.

H Lacus. H Bassins où se rendait l'huile.

I Fora cum foraminibus. I Cuves avec des trous, où l'on

mettait égoûter les olives

triturées avant de les jeter sur le

pressoir.

K Arbores. K Arbres jumeaux, ou un seul arbre

fendu dans lequel descendait la

poutre.

L Stipites. L Poteaux.

M Trabes planæ. M Madriers.

N Trabeculæ vel tigni. N Soliveaux ou aiguilles.

O Præla. O Poutre ou grand arbre du pressoir.

P Laigulæ prœlorum. P Languettes des poutres.

Q Sucula cum senis foraminibus. Q Treuil à six trous.

[Illustration 156]

[Illustration 157]

[Illustration 158]

[Illustration 159]

PLANCHE XLVI.--XLIX.

(_Préf. de l'Edition royale._)

Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan et les détails d'un

moulin ou pressoir à huile, découvert en 1779 à Gragnano, l'ancienne

Stabie. Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera possible,

les Académiciens d'Herculanum, dans l'explication qu'ils en ont donnée,

et dans l'heureuse application qu'ils ont faite, de la description du

pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir de Stabie.

La _planche XLVI_ offre le plan général du pressoir avec trois coupes du

cellier où il était situé, appelé par les anciens _cella olearia,

cella torcularia_, ou bien d'un nom commun à la machine _torculum_ et

_torcular_. La longueur de la pièce était de 46 pieds et demi romains

antiques; la largeur, de 16 pieds un quart; le pavé entre les deux

vasques portait 17 pieds un quart: il était formé avec un ciment, dont

les murs étaient aussi revêtus à la hauteur de 5 pieds et demi[2].

[Footnote 2: Nous employons la mesure romaine antique pour faciliter les

rapprochemens avec le texte de Caton. Vérification faite sur plusieurs

pieds romains conservés à Portici, cette mesure répond à-peu-près, à 11

pouces du pied français; elle se divisait en 16 doigts.]

La machine à presser les olives, indiquée dans le plan par la lettre G,

est exposée en détail dans la _planche XLVII_:

Elle est placée dans une cuve assez profonde, _fig._ I, et consiste en

deux meules en forme de segment de sphère, qui se meuvent autour d'un

cylindre. Les olives sont pressées entre la partie convexe de ces

meules, et les parois de la cuve. Dans le cylindre, est un pivot qui

recevait une barre; cette barre était assujétie par la plaque de fer

qu'on voit dans le dessin des mêmes parties, pris en dessus, _fig._

2; la barre traversait les deux meules percées, comme le montrent les

_fig._ 3 et 4 Ce mécanisme est facile à saisir, et la _fig._ 5, dont

nous renvoyons en note l'explication, le démontrera d'une manière

satisfaisante[3]. Les dimensions des parties étant calculées, il s'est

trouvé que le diamètre de la cuve, pris extérieurement, était de 3 pieds

10 doigts, et l'épaisseur du bord, de 5 doigts; l'espace entre le bord

et le cylindre, de 14 doigts. La meule a de diamètre 1 pied et 7 doigts;

et de grosseur, 12 doigts et demi: chaque côté du trou des meules a,

dans la partie convexe, un demi-pied, mais il se rétrécit du côté plat,

et diminue jusqu'à 6 doigts et demi.

[Footnote 3: Cette figure offre la construction géométrique de la

machine, prise dans une coupe verticale qui passe par son axe. Sur

la ligne horizontale AB, égale au demi-diamètre de la cuve en pierre,

s'élève du point B, comme point central, la perpendiculaire CD qui

représente l'axe. Prenons sur la ligne AB la portion AE égale à 5 doigts

du pied romain antique, qui formera l'épaisseur du bord de la cuve;

il reste la ligne BE pour rayon interne de la cuve. Tirons une ligne

indéterminée HG, qui coupe perpendiculairement en deux parties égales,

le rayon BE au point F.--Entre la ligne HG et l'axe de la cuve CD, à

la distance de 2 doigts et demi, tirons la ligne IK parallèle à HG,

laquelle donnera le côté du cylindre qui s'élève au milieu de la cuve,

comme IB en désignera le rayon. Établissons la ligne LM parallèle à la

ligne AB, et à la distance du tiers de EI, et nous aurons déterminé

la situation de l'axe linéaire des meules. Le centre de la courbure de

chacune d'elles, se trouvera au point N de la ligne LM, distante de

L, de la huitième partie de BE; de ce centre, et avec le rayon NE,

décrivons l'arc GEH qui s'arrête sur la corde GH, et nous aurons formé

un segment de sphère qui constituera chacune des deux meules. Dans l'arc

EG, prenons le point O distant de E d'une huitième partie de la ligne

BE, ou donnant la même mesure que LN; de ce point, tirons par N la ligne

indéterminée NO, sur laquelle nous prendrons le point P distant de N de

2 doigts: ce point déterminera le centre de la concavité interne de la

cuve, ayant pour rayon PO; enfin, prenant N pour centre avec le rayon NQ

égal à LB, nous couperons la ligne CD, et le point de section Q fixera

la hauteur du cylindre, dont la superficie plane sera parallèle au bord

de la cuve.]

Les _fig._ 6 _et_ 7 font voir de face et de côté, une portion d'un tube

formé de deux plaques de fer appliquées l'une sur l'autre, lesquelles

ont dû, sans doute, revêtir un morceau de bois que le temps avait tout

consumé. On remarque, dans le tube, les pointes d'un grand nombre de

clous qui y fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouvé dans le trou de

l'une des meules, servait probablement de caisse au moyeu. Le fragment,

_fig._ 8, est un anneau qui entourait l'extrémité du moyeu. Les _fig._

9 _et_ 10 représentent le pivot enchâssé dans un tube et une plaque de

fer: on a vu la situation de ces deux objets dans les _fig._ 1 _et_ 2.

Caton-le-Censeur, dans son livre de _Re rusticâ_, donne la description

d'un moulin ou pressoir olives, qu'on retrouve très-exactement dans la

machine de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement curieux,

on reproduit dans la _planche XLVIII_, la machine de Caton; on a suivi

la construction qu'il en prescrit dans les chapitres 20, 21 et 22, et

d'après les dimensions du plus petit pressoir, prises dans le chapitre

135 (_Édit. de Math. Gesner_).

La _fig._ 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement,

c'est-à-dire la cuve, dite par Caton _trapetum_, et plus

particulièrement _mortarium_. Au milieu on voit le cylindre

(_miliarium_), lequel s'élève au-dessus des bords de la cuve. Sur le

cylindre, est la barre (_cupa_) percée au milieu d'un trou où se trouve

un tube de fer (_fistula ferrea_), par lequel passe le pivot (_columella

ferrea_). Aux deux côtés opposés du noyau, sont les deux meules

(_orbes_) qui sont fixées dans leur place par des chevilles de fer

(_clavi_)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux

trous (_foramina dextera sinistraque_). En dehors de ces trous, sont

clouées ces petites plaques que Caton nomme _sublaminas pollulas

et minutas_, et qui ont pour but d'empêcher que les trous ne

s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (_cupæ minusculæ_),

représentées dans la _fig._ 2, où la machine est dessinée en dessus.

Dans les _fig._ 3 _et_ 4, on a l'une des roues de face et de profil: on

y remarque le trou pour le passage de l'axe (_foramen orbis_), qui va

en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne parle point de cette

particularité que nous restituons d'après la machine de Stabie, et qui

devait exister, afin que le moyeu (_modiolus_), restât bien ferme dans

sa boîte. Cette différence est rendue sensible dans la _fig._ 5, qui

montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre,

ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessiné

sous différens aspects, _fig._ 7, 8 _et_ 9. Enfin, la _fig._ 6

représente la barre qu'on voit en place dans les _fig._ 1 _et_ 2; on a

fait le noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et

qu'il semble aussi ne devoir pas être autrement. Le dessous est garni

d'une plaque de fer (_tabula ferrea_). La partie de la barre qui entre

dans les moyeux, est revêtue de quatre plaques recourbées (_imbrices

ferrei_), clouées avec de petits clous (_clavuli_); au bout de ces

plaques, est un fer (_ferrum librarium_), qui embrasse la barre, et

dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues,

comme on le voit dans la _fig._ 1. Entre le clou et la roue, entre

celle-ci et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles de fer

(_armillæ ferreæ_), qu'on a tâché d'indiquer dans les _fig._ 1 _et_ 2.

D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement comment le

pressoir de Caton était mis en mouvement. Deux hommes placés à chaque

extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre,

et les deux meules qui se suivaient, écrasaient les olives contre

les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant

très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression, quand on

observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton.

Il paraît que les anciens écrivains de l'économie rustique, ont tous eu

l'opinion que la trituration du noyau donnait à l'huile un mauvais goût

(Voyez _Caton, cap._ 66--_Colum. lib._ 12, _cap._ 50_, _et autres_). On

ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la précaution indiquée;

l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les

lampes, Caton parle lui-même de meules de rechange pour remplacer

celles qui s'égrenaient: ce qui ne pouvait guère avoir lieu que quand

on écrasait les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes sur

la manière de construire un pressoir à olives, donne le détail de la

dépense qu'il occasionnait; l'incertitude des érudits sur la valeur des

signes employés dans ce passage, ne permet pas de le connaître à fond.

Le même auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrières

situées aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui,

et de celles de Nola et de Pompéia. On a reconnu, en effet, que notre

pressoir était d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation

de cette ville, très-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo,

jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment de la machine que nous avons

essayé de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le

plan et les coupes (_pl. XLVI_) les vestiges de deux autres machines ou

pressoirs proprement dits, servant à exprimer l'huile des olives déjà

triturées. Les deux vasques marquées HI sur le plan, ont dû faire partie

de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé au

mur, un bord ou marge marquée _a_, où il restait un conduit de plomb qui

aboutissait à un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice

du vase; la coupe en montre la forme inférieure sur la ligne AB, et la

hauteur au-dessus du pavé sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque

vase, s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface est un

plan incliné; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs

faisaient probablement l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont

trois trous _d, e, f_, tous ayant un bord et une certaine profondeur

(comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive à un petit

souterrain _g_, indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait

dans ce souterrain par le petit puits _h_. Chaque puits a un bord qui

s'élève un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable

autour du trou _f_. À l'un des trous _d_, on voit un creux en forme de

niche, et enfin sur le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de

fer, liés deux à deux, _i, i_. En combinant les traces du pressoir

sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les vases de terre cuite, les

conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on

peut à l'aide de la description donnée par Caton (_cap._)

[Illustration 168]

PLANCHE L.

_Carte pour servir à l'intelligence des découvertes d'Herculanum, de

Pompéia, et des autres Villes antiques détruites par les éruptions du

Vésuve._

Antiquités d'Herculanum, Tome VI. Lampes et candélabres · 第 4 / 5 段