ornemens recherchés. Elle pose sur un support en forme de trépied à
griffes de lion, et orné de mascarons sur chaque face.
[Illustration 127]
PLANCHE XXX.
(_P_. 62, 63, _t. VIII de l'Edition royale_.)
FIG. I. Le support de cette lampe peut être mis au nombre des
candélabres; c'est une colonne cannelée élevée sur une base; la base est
formée de trois pattes de lion, et les pattes sont unies par un ornement
en arabesques et des coquilles; le chapiteau est de fantaisie; dessus
pose un vase à deux anses, lequel porte la lampe dont le couvercle est
levé: le tout est de bronze et d'un travail élégant.
FIG. II. Autre Lampe avec son support; il est formé d'un tronc d'arbre,
orné de quelques feuilles et de glands. Le socle est fait au tour, et
pose sur un trépied à griffes de lion.
[Illustration 129]
PLANCHE XXXI.
(_P._ 64, _tome VIII de l'Edition royale._)
Une figure grotesque sert de principal motif ce lampadaire; c'est une
espèce de Silène, dont la physionomie, le geste et l'attitude ont
une expression comique et théâtrale. Il a pour tout vêtement un court
manteau jeté sur ses épaules; sa chaussure est le socque orné d'une
languette; le perroquet perché au milieu des deux branches, n'est point
sans rapport avec l'expression ridicule du personnage. Chaque branche du
candélabre se termine par un plateau destiné à supporter les lampes. La
figure pose sur une base quarrée à trois degrés, qui a pour support des
griffes de lion, montées chacune sur de petits socles ronds.
[Illustration 131]
PLANCHE XXXII.
(_P._ 65, _tome VIII de l'Edition royale._)
Ce lampadaire a pour motif le tronc d'un chêne dépouillé et divisé en
cinq branches, d'où pendent autant de lampes, toutes d'une forme assez
simple. L'arbre est élevé sur une plinthe rectangulaire, ayant pour
support des griffes de lion.
[Illustration 133]
PLANCHE XXXIII.
(_P._ 66, 67, _t. VIII de l'Edition royale_).
FIG I. La tige de ce lampadaire emprunte sa forme des plantes bulbeuses
dont elle imite l'élégante souplesse dans ses contours. Les deux lampes,
dans leur forme bizarre, imitent des limaçons, dont l'un est à moitié
sorti de sa coquille. Ce n'est pas sans une sorte de convenance que cet
insecte est ici rapproché d'une espèce de végétaux qui se plaisent dans
les terrains humides. Le socle représente, en quelque sorte, un autel,
étant entouré d'un feuillage en festons et orné d'un crâne de buf.
La plinthe à griffes de lion est d'un travail précieux; sa surface est
enrichie d'arabesques damasquinés en argent, comme le sont les ornemens
de l'autel. Un semblable lampadaire pourrait être consacré à la nymphe
d'une fontaine.
FIG. II. Cet autre lampadaire, d'un travail également beau, est d'un
style plus sévère. Une colonne cannelée en fait le motif. L'ornement du
chapiteau tient par ses volutes à l'ordre ionique: mais il ne faut point
chercher dans ces compositions de fantaisie, les proportions et les
règles de l'art. Les artistes usaient sans réserve, dans ces sortes
d'ouvrages, du droit de s'abandonner à leur imagination. Au milieu des
volutes est un masque comique, et du sommet du chapiteau partent quatre
rameaux en arabesques, qui servaient suspendre les lampes. Le dessin
n'en montre que deux; le plan du chapiteau fait voir la distribution de
tous les quatre.
[Illustration 137]
PLANCHE XXXIV.
(_P_. 69, _tome VIII de l'Edition royale._)
Ce lampadaire offre une composition agréable et animée. Sur une base
quadrangulaire s'élève une colonne cannelée en spirales, qui ont peu de
profondeur. Sur le chapiteau pose une tête couronnée d'une branche de
lierre avec ses corymbes; c'est celle d'un esclave barbare caractérisé
par les moustaches: elle sert elle-même de lampe, comme le montre le
dessin pris de profil. On introduisait l'huile par le sommet, et de la
bouche sortait le lumignon. Près de la colonne, sur un socle rond, est
un enfant d'une expression naïve et dans une attitude gracieuse; dans
le pouce de sa main gauche est passé un anneau qui réunit trois chaînes,
deux servent à suspendre une lampe; à la troisième, qu'il relève de
la main droite, pend un crochet propre à gouverner le lumignon. Cette
seconde lampe prend sa forme d'un masque scénique orné de pampres.
[Illustration 138]
PLANCHE XXXV.
(_P_. 68, 70 et 71, _t. VIII de l'Edition royale_.)
FIG. I et III. Ces deux candélabres sont remarquables par leur mécanisme
qu'on saisira facilement à l'inspection du dessin. Le pied est formé
par trois traverses horizontales qui se démontent volonté. Le fût du
candélabre pose sur un plateau qu'il traverse par un tenon fixé en
dessous à l'aide d'une cheville; à partir de sa base, le fût s'élève en
forme de pilastre, surmonté d'un Hermès à deux faces. Un vase faisant
chapiteau pose sur la tête de chaque Hermès; ce vase couronné d'un
plateau, où doit être placée la lampe, s'élève et s'abaisse volonté, au
moyen d'une tige qui joue dans le pilastre, et qu'on arrête à la hauteur
convenable avec une clef. La figure qui sert d'ornement au premier
candélabre est celle de Jupiter; on la reconnaît au diadême et à la
barbe épaisse et majestueuse. Au revers, la tête se fait remarquer par
les cornes de Jupiter Ammon. L'Hermès de l'autre candélabre est celui
de Persée, comme peut le faire penser la tête de Méduse et un instrument
crochu qui représenterait la harpé. Sur l'autre face, le buste porte les
attributs ordinaires du fils de Maïa, la bourse et le caducée.
FIG. II. Lampadaire en forme de pilastre. La surface de la plinthe qui
sert de base, est ornée d'arabesques damasquinés en bronze même. Il est
à remarquer que, dans ce lampadaire comme dans tous les autres, et comme
le démontre le dessin de la planche précédente, la tige n'est point
située au milieu de la base, mais à l'une des extrémités; cette
précaution avait, sans doute, pour but de ménager en avant une table
commode, où l'on pouvait poser les vases à l'huile, ou d'autres
ustensiles nécessaires au service des lampes.
[Illustration 141]
[Illustration 142]
[Illustration 143]
[Illustration 144]
[Illustration 145]
[Illustration 146]
[Illustration 147]
[Illustration 148]
[Illustration 149]
[Illustration 150]
PLANCHES XXXVI--XLV.
(_P_. 72, 93, _t. VIII de l'Edition royale_.)
Nous avons précédemment désigné, par le nom de _lampadaire_, les
instrumens propres à porter à-la-fois plusieurs lampes, suspendues: ces
ustensiles ont le plus souvent la forme d'un tronc d'arbre, auquel on
n'a laissé que quelques branches dépouillées de leurs feuilles. Cette
invention nous offre l'imitation des arbres consacrés à un semblable
usage, dans les fêtes champêtres. Les _candélabres_ destinés à porter
une seule lumière ont une forme plus noble, mais qui doit sans doute
aussi son origine à quelque usage familier. Le trait qui distingue
particulièrement le candélabre est la canne ou le roseau qui servait à
porter la pomme de pin ou la torche allumée: on a fixé le roseau dans
le trépied qui la recevait momentanément; on a couronné la tige d'un
disque, d'un calice ou d'un chapiteau. L'art s'est ainsi emparé d'une
forme grossière; mais en l'embellissant, il a conservé la grâce qu'elle
empruntait à la nature; dans le candélabre le plus orné, quelque
chose rappelle toujours sa naissance. Souvent là tige est une colonne
cannelée; imitation d'un faisceau de cannes. Si c'est une colonne lisse,
sa légèreté s'éloigne de la proportion mâle de l'architecture. Peu-à-peu
le luxe a déployé des ornemens plus recherchés; le disque destiné à
porter la lampe a posé sur un chapiteau: celui-ci a pris la forme d'un
vase, et le vase a reçu tous les ornemens qui lui conviennent; il a été
embelli de feuilles de chênes et d'acanthe, de pampres, de bas-reliefs
saillans, ou de travaux délicats à très-bas-relief. Ces ornemens furent
prodigués sur la coupe et sur le disque, et jusque sur la cimaise de la
tige. La richesse du travail ajouta encore un nouveau prix à l'élégance;
le disque reçut de l'emploi des métaux, l'agrément des couleurs. Sa
surface damasquinée offrit des feuillages et des arabesques rendus avec
la délicatesse qui appartient à la peinture. Les pieds des candélabres
eurent aussi des ornemens plus recherchés. La tige sembla naître d'une
touffe de feuillage. Le trépied fut formé avec les pattes et les griffes
de divers animaux, mais sur-tout du lion. Des feuilles interposées avec
goût entre l'embranchement des pattes, servirent à les lier avec grâce:
on sauva aussi la nudité de leur union, en y appliquant des roses ou
des masques. Ce pied n'offrait pas un champ assez vaste pour recevoir
beaucoup d'ornemens, il fallut y ajouter un disque dont le travail
répondit à celui de la partie supérieure. On ne peut, de toutes ces
observations, déduire une règle générale pour la composition des
candélabres; il faut les ranger parmi les ouvrages qui permettent
beaucoup la fantaisie et au goût de l'artiste. Un exemple récent prouve
le parti qu'on peut tirer des beaux modèles de l'antiquité, en les
appliquant à nos usages modernes; nous voulons parler des candélabres de
fonte qui décorent le pont du Louvre, et qui servent, en supportant des
lanternes, l'éclairer pendant la nuit.
Les candélabres que nous publions, quelqu'élégans qu'ils soient, étaient
d'un usage familier: l'art à porté plus loin ses inventions et la beauté
d'exécution dans ceux qui étaient consacrés aux usages religieux. On
peut voir ce que l'antiquité nous a laissé de plus admirable en ce
genre, dans les uvres de J.-B. Piranesi, et dans le _Musée Napoléon_,
récemment publié par ses fils à Paris. M. Visconti, dans son musée
_Pio-Clementino_, donne des notions très-intéressantes sur ces monumens
religieux, dont nous n'avons point à offrir de modèles dans notre
collection. Nous revenons donc aux candélabres dont nous avons exposé
les dessins. Ils sont de bronze, à l'exception d'un très-petit nombre
qui sont de fer; les ornemens sont de bas, ou très-bas-relief, sortis du
jet de la fonte presqu'entièrement finis; en sorte qu'il a fallu peu de
travail pour les polir. On ne trouve guère la trace de l'outil que dans
les reliefs très-bas dont la tranche demandait à être marquée avec plus
de profondeur. Pline nous apprend que les fabriques les plus célèbres
étaient celles de Tarente et de l'île d'Égine. En commentant le passage
de cet écrivain (_lib. LXIV_), il paraît que les premières excellaient
pour la beauté de la forme; et les secondes, pour la délicatesse et
le fini des ornemens: il serait difficile de décider auxquelles de ces
fabriques il faut attribuer nos candélabres. Nous avons déjà parlé d'une
magnifique habitation voisine d'Herculanum, dont le possesseur avait
pris plaisir rassembler une grande quantité d'ouvrages de l'art des
Grecs: c'est là qu'on trouva la plus grande partie des statues, et
presque tous les bronzes de notre collection; c'est là aussi qu'on a
trouvé ceux des candélabres dont le pied est couronné d'un disque. Cette
circonstance pourrait faire penser qu'ils sont d'un travail grec, et
plutôt des fabriques d'Égine, que de celles de Tarente.
La _pl. XLV_ représente les chapiteaux de divers candélabres, dont nous
ne donnons ni le fût, ni le pied, attendu que ces parties n'offrent
qu'une répétition de ce qu'on voit dans les autres planches. (_XVIII,
XIX_), et à l'aide des rapprochemens fournis par les connaissances des
machines en usage de nos jours, parvenir à donner une idée des pressoirs
qui complètent le cellier à l'huile de Stabie; c'est ce qu'on a essayé
dans le plan _pl. XLIX_. Les renvois de ce plan suffiront pour le faire
comprendre. Les voici en deux colonnes; dans la première, nous les
exprimons en latin pour être plus agréables à ceux de nos lecteurs qui
voudraient suivre le texte de Caton.
A Pavimentum torcularii. A Pavé du cellier.
B Pavimentum inter binos stipites. B Pavé entre les deux poteaux.
C Parietes. C Murailles.
D Vasa instructa juga II. D Vases accouplés.
E Trapetes. E Meules.
F Areæ. F Aires.
G Canales. G Rigoles.
H Lacus. H Bassins où se rendait l'huile.
I Fora cum foraminibus. I Cuves avec des trous, où l'on
mettait égoûter les olives
triturées avant de les jeter sur le
pressoir.
K Arbores. K Arbres jumeaux, ou un seul arbre
fendu dans lequel descendait la
poutre.
L Stipites. L Poteaux.
M Trabes planæ. M Madriers.
N Trabeculæ vel tigni. N Soliveaux ou aiguilles.
O Præla. O Poutre ou grand arbre du pressoir.
P Laigulæ prlorum. P Languettes des poutres.
Q Sucula cum senis foraminibus. Q Treuil à six trous.
[Illustration 156]
[Illustration 157]
[Illustration 158]
[Illustration 159]
PLANCHE XLVI.--XLIX.
(_Préf. de l'Edition royale._)
Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan et les détails d'un
moulin ou pressoir à huile, découvert en 1779 à Gragnano, l'ancienne
Stabie. Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera possible,
les Académiciens d'Herculanum, dans l'explication qu'ils en ont donnée,
et dans l'heureuse application qu'ils ont faite, de la description du
pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir de Stabie.
La _planche XLVI_ offre le plan général du pressoir avec trois coupes du
cellier où il était situé, appelé par les anciens _cella olearia,
cella torcularia_, ou bien d'un nom commun à la machine _torculum_ et
_torcular_. La longueur de la pièce était de 46 pieds et demi romains
antiques; la largeur, de 16 pieds un quart; le pavé entre les deux
vasques portait 17 pieds un quart: il était formé avec un ciment, dont
les murs étaient aussi revêtus à la hauteur de 5 pieds et demi[2].
[Footnote 2: Nous employons la mesure romaine antique pour faciliter les
rapprochemens avec le texte de Caton. Vérification faite sur plusieurs
pieds romains conservés à Portici, cette mesure répond à-peu-près, à 11
pouces du pied français; elle se divisait en 16 doigts.]
La machine à presser les olives, indiquée dans le plan par la lettre G,
est exposée en détail dans la _planche XLVII_:
Elle est placée dans une cuve assez profonde, _fig._ I, et consiste en
deux meules en forme de segment de sphère, qui se meuvent autour d'un
cylindre. Les olives sont pressées entre la partie convexe de ces
meules, et les parois de la cuve. Dans le cylindre, est un pivot qui
recevait une barre; cette barre était assujétie par la plaque de fer
qu'on voit dans le dessin des mêmes parties, pris en dessus, _fig._
2; la barre traversait les deux meules percées, comme le montrent les
_fig._ 3 et 4 Ce mécanisme est facile à saisir, et la _fig._ 5, dont
nous renvoyons en note l'explication, le démontrera d'une manière
satisfaisante[3]. Les dimensions des parties étant calculées, il s'est
trouvé que le diamètre de la cuve, pris extérieurement, était de 3 pieds
10 doigts, et l'épaisseur du bord, de 5 doigts; l'espace entre le bord
et le cylindre, de 14 doigts. La meule a de diamètre 1 pied et 7 doigts;
et de grosseur, 12 doigts et demi: chaque côté du trou des meules a,
dans la partie convexe, un demi-pied, mais il se rétrécit du côté plat,
et diminue jusqu'à 6 doigts et demi.
[Footnote 3: Cette figure offre la construction géométrique de la
machine, prise dans une coupe verticale qui passe par son axe. Sur
la ligne horizontale AB, égale au demi-diamètre de la cuve en pierre,
s'élève du point B, comme point central, la perpendiculaire CD qui
représente l'axe. Prenons sur la ligne AB la portion AE égale à 5 doigts
du pied romain antique, qui formera l'épaisseur du bord de la cuve;
il reste la ligne BE pour rayon interne de la cuve. Tirons une ligne
indéterminée HG, qui coupe perpendiculairement en deux parties égales,
le rayon BE au point F.--Entre la ligne HG et l'axe de la cuve CD, à
la distance de 2 doigts et demi, tirons la ligne IK parallèle à HG,
laquelle donnera le côté du cylindre qui s'élève au milieu de la cuve,
comme IB en désignera le rayon. Établissons la ligne LM parallèle à la
ligne AB, et à la distance du tiers de EI, et nous aurons déterminé
la situation de l'axe linéaire des meules. Le centre de la courbure de
chacune d'elles, se trouvera au point N de la ligne LM, distante de
L, de la huitième partie de BE; de ce centre, et avec le rayon NE,
décrivons l'arc GEH qui s'arrête sur la corde GH, et nous aurons formé
un segment de sphère qui constituera chacune des deux meules. Dans l'arc
EG, prenons le point O distant de E d'une huitième partie de la ligne
BE, ou donnant la même mesure que LN; de ce point, tirons par N la ligne
indéterminée NO, sur laquelle nous prendrons le point P distant de N de
2 doigts: ce point déterminera le centre de la concavité interne de la
cuve, ayant pour rayon PO; enfin, prenant N pour centre avec le rayon NQ
égal à LB, nous couperons la ligne CD, et le point de section Q fixera
la hauteur du cylindre, dont la superficie plane sera parallèle au bord
de la cuve.]
Les _fig._ 6 _et_ 7 font voir de face et de côté, une portion d'un tube
formé de deux plaques de fer appliquées l'une sur l'autre, lesquelles
ont dû, sans doute, revêtir un morceau de bois que le temps avait tout
consumé. On remarque, dans le tube, les pointes d'un grand nombre de
clous qui y fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouvé dans le trou de
l'une des meules, servait probablement de caisse au moyeu. Le fragment,
_fig._ 8, est un anneau qui entourait l'extrémité du moyeu. Les _fig._
9 _et_ 10 représentent le pivot enchâssé dans un tube et une plaque de
fer: on a vu la situation de ces deux objets dans les _fig._ 1 _et_ 2.
Caton-le-Censeur, dans son livre de _Re rusticâ_, donne la description
d'un moulin ou pressoir olives, qu'on retrouve très-exactement dans la
machine de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement curieux,
on reproduit dans la _planche XLVIII_, la machine de Caton; on a suivi
la construction qu'il en prescrit dans les chapitres 20, 21 et 22, et
d'après les dimensions du plus petit pressoir, prises dans le chapitre
135 (_Édit. de Math. Gesner_).
La _fig._ 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement,
c'est-à-dire la cuve, dite par Caton _trapetum_, et plus
particulièrement _mortarium_. Au milieu on voit le cylindre
(_miliarium_), lequel s'élève au-dessus des bords de la cuve. Sur le
cylindre, est la barre (_cupa_) percée au milieu d'un trou où se trouve
un tube de fer (_fistula ferrea_), par lequel passe le pivot (_columella
ferrea_). Aux deux côtés opposés du noyau, sont les deux meules
(_orbes_) qui sont fixées dans leur place par des chevilles de fer
(_clavi_)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux
trous (_foramina dextera sinistraque_). En dehors de ces trous, sont
clouées ces petites plaques que Caton nomme _sublaminas pollulas
et minutas_, et qui ont pour but d'empêcher que les trous ne
s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (_cupæ minusculæ_),
représentées dans la _fig._ 2, où la machine est dessinée en dessus.
Dans les _fig._ 3 _et_ 4, on a l'une des roues de face et de profil: on
y remarque le trou pour le passage de l'axe (_foramen orbis_), qui va
en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne parle point de cette
particularité que nous restituons d'après la machine de Stabie, et qui
devait exister, afin que le moyeu (_modiolus_), restât bien ferme dans
sa boîte. Cette différence est rendue sensible dans la _fig._ 5, qui
montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre,
ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessiné
sous différens aspects, _fig._ 7, 8 _et_ 9. Enfin, la _fig._ 6
représente la barre qu'on voit en place dans les _fig._ 1 _et_ 2; on a
fait le noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et
qu'il semble aussi ne devoir pas être autrement. Le dessous est garni
d'une plaque de fer (_tabula ferrea_). La partie de la barre qui entre
dans les moyeux, est revêtue de quatre plaques recourbées (_imbrices
ferrei_), clouées avec de petits clous (_clavuli_); au bout de ces
plaques, est un fer (_ferrum librarium_), qui embrasse la barre, et
dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues,
comme on le voit dans la _fig._ 1. Entre le clou et la roue, entre
celle-ci et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles de fer
(_armillæ ferreæ_), qu'on a tâché d'indiquer dans les _fig._ 1 _et_ 2.
D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement comment le
pressoir de Caton était mis en mouvement. Deux hommes placés à chaque
extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre,
et les deux meules qui se suivaient, écrasaient les olives contre
les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant
très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression, quand on
observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton.
Il paraît que les anciens écrivains de l'économie rustique, ont tous eu
l'opinion que la trituration du noyau donnait à l'huile un mauvais goût
(Voyez _Caton, cap._ 66--_Colum. lib._ 12, _cap._ 50_, _et autres_). On
ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la précaution indiquée;
l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les
lampes, Caton parle lui-même de meules de rechange pour remplacer
celles qui s'égrenaient: ce qui ne pouvait guère avoir lieu que quand
on écrasait les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes sur
la manière de construire un pressoir à olives, donne le détail de la
dépense qu'il occasionnait; l'incertitude des érudits sur la valeur des
signes employés dans ce passage, ne permet pas de le connaître à fond.
Le même auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrières
situées aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui,
et de celles de Nola et de Pompéia. On a reconnu, en effet, que notre
pressoir était d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation
de cette ville, très-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo,
jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment de la machine que nous avons
essayé de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le
plan et les coupes (_pl. XLVI_) les vestiges de deux autres machines ou
pressoirs proprement dits, servant à exprimer l'huile des olives déjà
triturées. Les deux vasques marquées HI sur le plan, ont dû faire partie
de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé au
mur, un bord ou marge marquée _a_, où il restait un conduit de plomb qui
aboutissait à un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice
du vase; la coupe en montre la forme inférieure sur la ligne AB, et la
hauteur au-dessus du pavé sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque
vase, s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface est un
plan incliné; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs
faisaient probablement l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont
trois trous _d, e, f_, tous ayant un bord et une certaine profondeur
(comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive à un petit
souterrain _g_, indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait
dans ce souterrain par le petit puits _h_. Chaque puits a un bord qui
s'élève un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable
autour du trou _f_. À l'un des trous _d_, on voit un creux en forme de
niche, et enfin sur le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de
fer, liés deux à deux, _i, i_. En combinant les traces du pressoir
sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les vases de terre cuite, les
conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on
peut à l'aide de la description donnée par Caton (_cap._)
[Illustration 168]
PLANCHE L.
_Carte pour servir à l'intelligence des découvertes d'Herculanum, de
Pompéia, et des autres Villes antiques détruites par les éruptions du
Vésuve._