«L’_iranna_ est l’avant-coureur de la mort.»--Nous avons signalé l’usage
de tuer une poule, en guise de passe-port d’outre-tombe et de viatique.
C’est l’iranna qui paye le passage.
«Quelqu’un meurt-il loin de chez lui, on porte dans sa maison une part
de ses restes mortels.»--C’est sur ces restes que l’on accomplit les
cérémonies usuelles des funérailles, ainsi que nous l’avons déjà dit au
chapitre des funérailles.
Les Nagos rendent un culte à l’orteil. D’après l’_usage_,
«Un oiseau aquatique n’est pas une victime digne de l’orteil.
«A _Ogoun_ (dieu de la guerre et de la chasse), on immole un gros
chien.»
Toutefois, nécessité n’ayant pas de loi: «Si l’on n’a pas d’_adan_
(grosse chauve-souris), on sacrifie une _odé_ (chauve-souris plus
petite).»
La tradition est la règle du culte et des usages. On repousse toute
innovation par des dictons comme ceux-ci:
«Jamais, à aucune époque, nos pères n’ont honoré oricha de cette espèce.
«Que le prodige se montre à Igbésé (ville frontière du Yorouba), mais
qu’il n’arrive pas à Idjanna.»
6. Les proverbes dénotent particulièrement la connaissance des vertus
morales et des détails pratiques de ces vertus, vertus naturelles qui
sont à la portée de tous les hommes, même des païens.
Ces vertus se rattachent aux quatre suivantes: la prudence, la justice,
la force, la tempérance.