Mon conte a trait au ciel et à la terre.
Après avoir tué un _èmo_[82], le ciel et la terre se le disputaient:
chacun des deux arguait de son droit d’aînesse. Cependant la terre se
rendit maîtresse de l’èmo, et le ciel, fâché, se retira chez lui. Plus
de pluie: le haricot fleurissait sans fructifier; le maïs venu en épis
ne mûrissait pas.
[82] _Èmo_, espèce de rat brun.
Tous les animaux se réunirent en congrès. Et ils chantaient: «Le ciel et
la terre, _adja nrété dja!_ ont tué un èmo; _adja nrété dja!_--La terre
dit qu’elle est l’aînée, _adja nrété dja!_--Plus de pluie, _adja nrété
dja!_--Le haricot fleurit et ne fructifie pas, _adja nrété dja!_--Le
maïs venu en épis ne fructifie point, _adja nrété dja!_»
Ils prirent l’èmo et le livrèrent aux oiseaux. Chacun s’élançait pour le
saisir, et chacun reculait avant de l’avoir pris. Tous les oiseaux
avaient fait ainsi, quand vint le vautour. Le vautour prend l’èmo. Les
animaux voulaient lui bâtir une maison, mais le vautour le porta au
ciel. Et le vautour s’élevait dans les airs; et il n’avait pas parcouru
la moitié de l’espace, que la pluie tombait à torrents. Il ne fut plus
question de maison, et on laisse le vautour à la pluie.
Voilà pourquoi le vautour n’a pas de maison.
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Voici des scènes où l’astuce est en jeu: