LES HOPITAUX DE PORT-ARTHUR

Quand les Japonais se furent emparés de positions assez rapprochées de

Port-Arthur pour que leurs projectiles pussent atteindre la ville, le

général Stoessel fit parvenir au général Nogi un plan exact indiquant

l'emplacement des hôpitaux.

Le général nippon promit alors que son artillerie les épargnerait autant

que possible. Les photographies reproduites ici montrent qu'il ne put

tenir sa promesse.

Sans accuser les Japonais d'avoir volontairement visé les bâtiments où

étaient soignés les blessés, on doit constater que ces bâtiments ont été

parmi les plus maltraités de la place.

[Illustration: Deux vues de l'hôpital n° 6 montrant les effets du tir

des Japonais.]

[Illustration: UNE ÉPICERIE DANS LA VIEILLE VILLE A LA FIN DU SIEGE

Photographies de notre correspondant à Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner.]

[Illustrations: (2)

Un tube lance-torpilles monté sur un affût. Expérience de lancement de

torpille à terre.

Comment les torpilles Whitehead des cuirassés et torpilleurs de la

flotte de Port-Arthur ont été utilisées par le général Kondratenko pour

la défense terrestre.]

«Le général Stoessel fut l'âme de la défense; le général Kondratenko en

fut l'Archimède.» La formule est de notre confrère, M. Emile Danthesse,

de _l'Écho de Paris_, qui s'est livré, à bord de _l'Australien_, à une

minutieuse enquête sur le rôle respectif des chefs russes pendant le

siège de Port-Arthur.

L'esprit ingénieux de Kondratenko ne cessa, pendant ces longs mois de

lutte, de faire des trouvailles étonnantes. La flotte ne pouvant se

décider à sortir, il avait réclamé ses canons, ses torpilles, ses

munitions de guerre, tout ce qui pouvait être utilisé sur terre. Il

n'avait pas seulement construit tous les forts qui n'existaient que sur

le papier à la date du 8 février; il les avait armés, semant leurs

approches de chausse-trapes, de fougasses, où les torpilles, où les

mines flottantes, devenues mines terrestres, détruisaient, en quelques

secondes, les plus beaux régiments de Nogi.

En novembre, alors qu'on commençait à manquer d'obus, il imagina même de

lancer du haut des forts des torpilles Whitehead, à l'aide des tubes

mêmes des torpilleurs installés sur des affûts de fortune et transformés

ainsi en des sortes de mortiers.

La torpille, munie à sa base d'un bloc de bois faisant l'office de culot

et s'adaptant à peu près exactement à l'âme du tube, n'a jamais dû être

un projectile bien perfectionné. Sa trajectoire peu tendue, sa faible

vitesse initiale, sa petite portée (environ 60 mètres), ne le rendaient

dangereux que pour des assaillants parvenus en masses serrées au pied

même des retranchements. Mais, quand cet engin arrivait sans encombre et

éclatait au milieu d'une colonne japonaise, il la réduisait, paraît-il,

littéralement en bouillie.

Les photographies ci-dessus ont été prises pendant des expériences

préparatoires, et c'est précisément la vitesse modérée de la torpille

qui a permis à l'objectif de la saisir ainsi au passage. Nous

reproduisons en même temps un autre document, que nous envoyait

récemment M. Balet, notre correspondant au Japon, et qui prouve bien que

Kondratenko ne s'en tint pas à des essais. C'est un dessin, publié par

une revue illustrée de Tokio, et qui représente une torpille Whitehead

traversant les rangs japonais pendant un assaut.

[Illustration: Fac-similé d'un dessin publié par un journal de Tokio et

représentant une torpille marine traversant les rangs japonais pendant

un assaut.

Kondratenko. Nomaenko.

LA MORT DE DEUX HEROS.--Le général Kondratenko et le colonel Nomaenko

morts côte à côte au fort de Kikouan nº 2: exposition des corps dans une

chapelle ardente, avant les funérailles. _Photographies de notre

correspondant à Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner._]

[Illustration: LES GROUPES, par Henriot.]

_NOUVELLES INVENTIONS_

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L'Illustration, No. 3235, 25 Février 1905 · 第 22 / 23 题