LA HARPE,

_Cours de Littérature, Ire. partie, livre Ier., chap. IV, sect. 2._

Silius Italicus, qui fut consul l’année de la mort de Néron, et qui

mourut sous Trajan, a imité Virgile, comme Duché et Lafosse ont imité

Racine. Nous avons de lui un poëme, non pas épique, mais historique, en

dix-sept livres, dont le sujet est la seconde guerre punique. Il y suit

scrupuleusement l’ordre et le détail des faits depuis le siège de

Sagonte jusqu’à la défaite d’Annibal et la soumission de Carthage. Il

n’y a d’ailleurs aucune espèce d’invention ni de fable, si ce n’est

qu’il fait quelquefois intervenir très gratuitement Junon avec sa

vieille haine contre les descendants d’Énée, et son ancien amour pour

Carthage. Mais comme tout cela ne produit que quelques discours

inutiles, la présence de Junon n’empêche pas que l’ouvrage ne soit une

gazette en vers. La diction passe pour être assez pure, mais elle est

faible et habituellement médiocre. Les amateurs n’y ont remarqué qu’un

petit nombre de vers dignes d’être retenus; encore les plus beaux

sont-ils empruntés de la prose de Tite-Live. Silius possédait une des

maisons de campagne de Cicéron, et une autre près de Naples où était le

tombeau de Virgile; ce qui était plus aisé que de ressembler à l’un ou à

l’autre.

_Liv. II, chap. V, au commencement._

Cependant, lors même que l’éloquence et la poésie étaient déja fort

dégénérées, plusieurs hommes de mérite leur conservèrent encore quelque

gloire, et formèrent comme le troisième âge des lettres chez les

Romains: en vers, Perse, Juvénal, SILIUS ITALICUS, Stace, Martial, et

sur-tout Lucain, etc.

Punicorum Libri Septemdecim(#27672) · 第 349 / 438 题