naturelles ou imaginaires, et refendues comme l'acanthe et le persil,
avec fleurons, roses, boutons et graines; cet ornement entre dans la
décoration des gorges, des frises, des panneaux, etc.]
Ce portail est de niveau avec la place: on prétend que du temps de
Louis XII il s'élevoit beaucoup au-dessus d'elle, et qu'il falloit
monter plusieurs marches pour entrer dans l'église. On remarque en
effet que les anciens monuments bâtis dans la plaine s'enterrent
successivement par l'exhaussement du sol environnant. Il arrive que le
temps dépose chaque année à leur pied une couche insensible de terre
ou de matériaux étrangers qui, n'étant point enlevés lorsqu'on
renouvelle le pavement des rues, surmontent insensiblement les socles
et les marches, de manière qu'on finit par descendre dans les édifices
où l'on montoit plusieurs siècles auparavant.
Cette cathédrale avoit été magnifiquement décorée par Louis XIV, qui
accomplit aussi le voeu qu'avoit fait son père, d'y élever un maître
autel digne d'un temple aussi auguste et de la puissance d'un grand
roi. Malgré les dégradations, les brigandages horribles exécutés sur
tant de matériaux précieux, de sculptures, de peintures, de boiseries
artistement travaillées, qui étoient entrés dans la décoration de ce
grand monument, il reste cependant encore quelques traces de tant de
richesses; et le groupe de la Mère de douleur, placé dans la niche de
l'arcade qui est derrière le grand autel, est demeuré intact. La
Vierge y est représentée les bras étendus vers le ciel; la tête et une
partie du corps de son fils reposent sur ses genoux; un ange soutient
une main du Christ, un autre porte sa couronne d'épines. Ce groupe,
exécuté en marbre blanc par _Coustou_ l'aîné, quoique loin sans doute
du style grand et pur de la sculpture antique, n'est pas cependant
dépourvu de beautés, et l'expression y est surtout remarquable. Du
reste, l'autel, entièrement dégradé, a été refait sur les dessins de
feu M. Legrand, architecte distingué, et même la décoration intérieure
de la totalité du sanctuaire est devenue plus noble et plus régulière
par la suppression du jubé et des chapelles adossées aux deux premiers
piliers du choeur: ces chapelles, par leur disposition, empêchoient de
jouir de l'ensemble de ce monument.
Il a été fait trois fouilles remarquables dans cette église; la
première en 1699, lorsqu'on commença la construction du grand autel.
On découvrit alors, sous les payés du sanctuaire, les tombes d'un
grand nombre d'évêques et autres personnages éminents, dont plusieurs
y avoient été enterrés dès les premiers temps de l'édification du
monument.
Dans la seconde fouille, entreprise en 1711, pour creuser la _crypte_
qui sert de sépulture aux archevêques, furent trouvées neuf pierres
antiques chargées de sculptures et d'inscriptions en caractères
romains. Nous donnerons quelques détails sur ces débris d'antiquités
en finissant de décrire ce quartier[349].
[Note 349: Nous y joindrons la description de quelques autres
fragments antiques, découverts à diverses époques dans différentes
parties de la Cité.]
Enfin, la troisième fouille, que l'on fit en 1756, pour édifier la
sacristie et le bâtiment du trésor du côté du midi, détruisit
entièrement cette ancienne opinion, que les fondations de Notre-Dame
avoient été bâties sur pilotis. Cette fouille, poussée jusqu'à
vingt-quatre pieds de profondeur, deux pieds au-dessous de ces
fondations, a fait voir qu'elles posent sur un gravier solide. Elles
sont composées de gros moellons liés avec du mortier et du sable. Il
n'y a que quatre assises de pierre de taille bien équarries, et posées
en retraite les unes sur les autres, qui terminent cette fondation
jusqu'au sol. L'ancienne sacristie, qu'on abattit alors, parce qu'elle
menaçoit ruine, avoit été construite à la place d'une galerie qui
communiquoit de l'église aux chapelles de l'archevêché. L'édifice qui
a remplacé ces deux anciennes constructions a été fait sous la
direction du célèbre architecte Soufflot.
Telles sont les particularités les plus intéressantes que nous avons
pu recueillir sur ce monument célèbre dans toute la chrétienté, que
tant de mains royales se sont plu à décorer, et qui, tout dépouillé
qu'il est de son antique splendeur, rappellera toujours les plus
grands, les plus touchants souvenirs de la monarchie françoise. C'est
dans l'église de Notre-Dame que nos rois ont le plus souvent donné des
preuves éclatantes de cette piété si noble et si sincère qui les
distingue parmi tous les souverains, et dont l'exemple salutaire, en
raffermissant le principe religieux dans l'âme de leurs sujets,
contribua, plus que toute autre chose, à soutenir un ordre politique,
fragile de sa nature, et menacé à chaque instant de se changer en
désordre et en anarchie. À chaque avénement, le nouveau monarque
alloit dans ce temple auguste déposer sa couronne aux pieds de celui
qui juge les rois; avant de marcher à l'ennemi, il y retournoit
demander la protection du ciel pour ses armes; et dans la gloire du
triomphe, il y revenoit encore humilier son front, et consacrer les
marques de sa victoire[350]. Il n'étoit point de fêtes solennelles,
soit pour remercier le ciel des succès, soit pour l'implorer dans les
calamités, où l'on ne marchât d'abord vers la cathédrale; et les
pompes de la religion se mêloient sans cesse aux affections les plus
vives des peuples, aux intérêts les plus grands des princes. Un de nos
rois[351], délivré d'une longue captivité, alla porter à Notre-Dame le
tribut de ses actions de grâces avant de rentrer dans son palais; un
autre[352] y fit élever le monument d'une victoire qu'il croyoit
n'avoir obtenue que par une protection signalée de la Vierge; Henri
IV, le meilleur des princes, saint Louis, le plus grand des rois, ont
prié sous ces voûtes; et la suite de cette histoire nous fournira une
foule d'exemples non moins remarquables de ce zèle religieux qui, dans
ces souverains, sembloit se transmettre d'âge en âge avec la valeur et
les droits du trône.
[Note 350: C'étoit aux balcons des galeries qu'étoient attachés et
exposés, pendant la guerre, les drapeaux pris sur les ennemis de la
France. On les ôtoit en temps de paix.]
[Note 351: Le roi Jean.]
[Note 352: Philippe-le-Bel, vainqueur des Flamands à la bataille de
Mons-en-Puelle, le 18 août 1304, entra à Notre-Dame, monté sur le même
cheval, et armé des mêmes armes avec lesquelles il avoit soutenu le
premier choc de l'ennemi, qui avoit pénétré, par surprise, jusqu'à sa
tente. Persuadé qu'il devoit à la protection signalée de la Vierge
d'être échappé à un aussi grand danger, il fonda une rente de cent
livres à l'église de Notre-Dame, et voulut que sa statue équestre y
fût élevée, le casque en tête, et armée seulement de l'épée, tel qu'il
étoit lorsqu'il fut surpris par les Flamands. Cette statue, que l'on
voyoit près du dernier pilier de la nef, du côté de la chapelle de la
Vierge, a été détruite probablement avec tant d'autres monuments de la
monarchie; car elle n'existe point au dépôt des Monuments français.
Saint-Foix prétend qu'elle fut érigée par Philippe de Valois, après la
bataille de Cassel, et non par Philippe-le-Bel. Il donne, pour
soutenir son opinion, des raisons qui semblent spécieuses: cependant
elle n'a point prévalu.]
La cathédrale de Paris ayant été, dans tous les temps, l'objet de la
dévotion particulière de nos rois, fut, dès les commencements, comblée
de leurs présents, et décorée avec une magnificence digne d'aussi
grands souverains. Elle étoit riche en peintures, en sculptures, en
reliques, en vases antiques et précieux, en ornements de tous genres;
et le culte n'étoit célébré dans aucune église de France avec un
appareil aussi auguste[353].
[Note 353: La Chronique d'_Albéric de Troisfontaines_ rapporte un fait
qui peut donner une idée de la manière dont on ornoit, dès le
treizième siècle, cette superbe basilique. Un voleur ayant formé le
projet de s'emparer des bassins et des chandeliers d'argent qui
étoient devant l'autel, imagina, la nuit de l'Assomption de l'année
1218, de les tirer à lui du haut des voûtes, où il s'étoit caché; les
cierges, qui étoient encore allumés, ayant été enlevés avec les
chandeliers, mirent le feu aux riches tentures dont l'église étoit
tapissée, et il en brûla, avant qu'on pût l'éteindre, pour la valeur
de neuf cents marcs d'argent (45,000 livres).
Dans ces temps-là on avoit coutume, à cette même fête de l'Assomption,
de joncher le pavé de cette église d'herbes odoriférantes; deux
siècles après, on se contentoit d'y répandre de l'herbe tirée des prés
de Gentilli.
Le jour de la Pentecôte, c'étoit encore l'usage à Notre-Dame de jeter,
par les voûtes, des pigeons, des oiseaux, des fleurs et des étoupes
enflammées, pendant qu'on célébroit l'office divin.]
Non-seulement les rois et les princes, mais le corps des bourgeois,
plusieurs confréries, des communautés d'artisans, de simples
particuliers se sont plu à l'envi à l'enrichir de leurs offrandes. On
voyoit devant l'autel de la Vierge un lampadaire d'argent remarquable,
en ce qu'il étoit composé de sept lampes, dont six avoient été données
par Louis XIV et la reine son épouse. Celle du milieu, qui avoit la
forme d'un navire, étoit un présent de la ville de Paris, et rappeloit
un voeu singulier qu'elle avoit fait dans un danger imminent[354]. Un
chanoine de cette église en avoit fait entièrement reblanchir
l'intérieur à ses frais. Un autre avoit donné les peintures qui
ornoient le choeur; enfin la nombreuse collection de tableaux qui
garnissoit l'immense étendue de la nef, les croisées et les
chapelles, étoit le résultat d'une offrande annuelle que, pendant près
d'un siècle, firent à Notre-Dame la communauté des orfèvres, et la
confrérie de Sainte-Anne et de Saint-Marcel.
[Note 354: La captivité du roi Jean, fait prisonnier à la bataille de
Poitiers, en 1356, avoit livré Paris à l'anarchie la plus violente, et
à tous les maux qui en sont la suite. Pour toucher le ciel en leur
faveur, les bourgeois firent voeu d'offrir tous les ans, à Notre-Dame,
une bougie de la longueur du tour de la ville. Cette offrande se fit
régulièrement pendant deux cent cinquante ans, jusqu'en 1605, que
Paris, prenant chaque jour de nouveaux accroissements, elle devint,
d'année en année, plus difficile à remplir. Alors le don annuel de la
bougie leur fut remis, et celui de cette lampe d'argent le remplaça.]
CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME.
TABLEAUX DE LA NEF.
_À droite en entrant._
1. Le Boiteux guéri par saint Pierre à la porte du temple,
par _D. Sylvestre_.
2. Saint Pierre délivré de prison, par _Jean-Baptiste
Corneille_.
3. Le départ de saint Paul, de Milet pour Jérusalem, par
_Galloche_.
4. Le martyre de saint Simon en Perse, par _Louis Boullogne_
père.
5. Le martyre de saint Jean l'évangéliste près la porte
Latine à Rome, par _C. Hallé_ père.
6. L'apparition de Jésus-Christ à saint Pierre, par _J.
Sourlay_[355].
7. Saint Pierre ressuscitant la veuve, par _Louis Tetelin_.
8. Saint Paul prêchant les Gentils, par _Eustache Le
Sueur_[356].
[Note 355: On croit ce tableau de _Mignard_, dont _Sourlay_
étoit l'élève.]
[Note 356: Le chef-d'oeuvre de ce grand peintre est l'un des
tableaux les plus parfaits de l'école françoise.]
_À gauche en entrant._
1. Jésus-Christ chez Marthe et Marie, par _Simpol_.
2. La multiplication des pains, par _J. Christophe_.
3. La vocation de saint Pierre et de saint André, par _M.
Corneille_.
4. Les Vendeurs chassés du temple, par _Claude-Guy Hallé_.
5. La guérison du Paralytique, par _Jouvenet_.
6. L'entretien de Jésus-Christ avec la Samaritaine, par
_Boullogne_ jeune.
7. Jésus-Christ guérissant le Paralytique à la piscine, par
_Boullogne_.
_Sur la partie du pilier qui faisoit face à la chapelle de
la Vierge, laquelle étoit au côté droit de la principale
entrée du choeur._
1. Le voeu de Louis XIII, par _Philippe de Champagne_.
2. À côté, et un peu plus bas, vis-à-vis la chapelle, saint
Paul et Silas flagellés dans la ville de Philippes en
Macédoine, par _Louis Tetelin_.
3. Au-dessus, saint André à genoux devant la croix, par
_Jacques Blanchard_.
4. Sur la même ligne, en tournant, saint Jacques conduit au
martyre, par _Noël Coypel_ père.
5. Immédiatement après, la guérison de la femme affligée
d'un flux de sang, par _Cazes_.
6. À côté, saint Paul lapidé à Listres, par _Jean-Baptiste
Champagne_ neveu.
7. Au-dessus de la chapelle, saint Pierre prêchant à
Jérusalem, par _Charles Poërson_ père.
_En tournant à la croisée gauche du cloître, en face de la
chapelle Saint-Denis, qui étoit également à la porte du
choeur._
1. La descente du Saint-Esprit, par _Blanchard_.
2. À côté, vis-à-vis la chapelle Saint-Marcel, saint Paul
guérissant un boiteux, par _Michel Corneille_.
3. Au-dessus, l'enlèvement de saint Philippe, par _Thomas
Blanchet_.
4. De suite, en tournant, le martyre de saint Étienne, par
_Charles Le Brun_.
5. Le martyre de saint Pierre, par _Sébastien Bourdon_.
6. Le martyre de saint André, par _Charles Le Brun_.
7. Au-dessus de la chapelle, la conversion de saint Paul,
par _Laurent de la Hire_[357].
[Note 357: Ces deux chapelles, de la Vierge et de
Saint-Denis, construites sur les dessins de _Decotte_,
architecte du roi, avoient été magnifiquement décorées aux
frais du cardinal de Noailles, inhumé au pied de celle de la
Vierge. La statue en marbre de saint Denis étoit de
_Coustou_ l'aîné, celle de la Vierge, de _Vassé_.]
TABLEAUX PLACÉS AU-DESSUS DES STALLES DU CHOEUR.
_À droite._
1. L'annonciation, par _Hallé_.
2. La Visitation (le _Magnificat_), par _Jouvenet_.
3. La nativité de Jésus-Christ, par _Lafosse_.
4. L'adoration des Mages, par _le même_.
_À gauche._
1. La présentation de Jésus-Christ au temple, par Louis
_Boullogne_.
2. La fuite en Égypte, par _le même_.
3. Jésus-Christ dans le temple au milieu des docteurs, par
_A. Coypel_.
4. L'assomption de la Vierge, par _le même_.
AU-DESSUS DU POURTOUR EXTÉRIEUR DU CHOEUR.
_En entrant par la grille de la croisée, du côté de
l'archevêché._
1. La décollation de saint Jean et l'enlèvement de son corps
par ses disciples, par _Cl. Audran_.
2. Saint Paul ressuscitant Eutique, par _Courtin_.
3. Le repentir de saint Pierre, par _Tavernier_.
4. Saint Paul devant Agrippa, par _Villequin_.
_En tournant du côté du sanctuaire pour passer au côté
gauche._
1. Saint Paul convertissant saint Denis dans l'Aréopage, par
_Cestin_.
2. Agabus prédisant à saint Paul ce qu'il doit souffrir pour
Jésus-Christ, par _Chéron_.
3. Saint Jean prêchant dans le désert, par _Parrocel_ père.
4. L'adoration des rois, par _Vivien_.
CHAPELLES DES BAS-CÔTÉS AUTOUR DU CHOEUR.
_Après la petite porte de l'escalier qui conduit aux
tribunes du choeur._
1. _Chapelle de Saint-Pierre et Saint-Paul._ Un tableau
ovale représentant ces deux saints accompagnés de leurs
disciples, par _Beaugin_, et une Descente de croix.
2. _Chapelle de Saint-Pierre martyr._ Saint Pierre
guérissant les malades par son ombre, par _La Hire_.
Vis-à-vis, le Naufrage de saint Paul à Malte, par _Poërson_.
3. Ensuite la sacristie renfermant le trésor[358].
4. _Chapelle de Saint-Denis et Saint-Georges._ Une
Notre-Dame de Pitié, de l'école de _Vouet_; saint Pierre
visité par un ange dans sa prison, par _Vouet_.
5. _Chapelle de Saint-Gérald._ La mort de la Vierge, par _N.
Poussin_. Vis-à-vis, un voeu à la Vierge sur un champ de
bataille.
6. _Chapelle de Saint-Remi_, dite _des Ursins_. Saint
Claude, par _Galloche_. Portrait de Jouvenel des Ursins avec
sa famille.
7. La _Chapelle d'Harcourt_.
8. _Chapelle de Saint-Crépin, Saint-Crépinien et
Saint-Étienne._ Un Christ, l'Ascension et la Résurrection,
par _Beaugin_. Hérodiade à table avec Hérode, par _L.
Chéron_. Saint Pierre baptisant le Centenier, par _M.
Corneille_.
9. _Chapelle de Saint-Nicaise._ Le jugement dernier, peint
sur bois par _de Hery_.
10. _Chapelle de Saint-Louis et de Saint-Rigobert._ Un
Christ, d'après Michel-Ange; Saint-Étienne conduit au
martyre, par _Houasse_.
11. _Chapelle de la Décollation de Saint-Jean-Baptiste._ Le
martyre de saint Barthélemi, par _Paillet_. La décollation
de saint Jean, par _Louis Boullogne_. Une Assomption, par
_Hurel_.
12. _Chapelle de Vintimille_, sous le titre de _Sainte-Foi
et de Saint-Eutrope_. Saint Charles Borromée communiant les
pestiférés, par _Vanloo_. Une Sainte Famille, par _Paillet_.
13. _Chapelle de Saint-Michel_, dite de _Noailles_.
L'apparition de l'ange aux trois Maries, par _C. Natoire_.
14. _Chapelle de Saint-Ferréol._ Saint Michel, par _Vignon_.
L'annonciation, par _Champagne_.
15. _Chapelle de Saint-Jean-Baptiste et de la Madeleine_ ou
_chapelle de Beaumont_. Un Christ en croix.
16. Dans l'embrasure de la porte rouge, la mort d'Ananie et
Saphire, et le centenier Corneille aux pieds de saint
Pierre, par _Aubin Vouet_.
17. _Chapelle de Saint-Eustache._ La transfiguration,
d'après _Raphaël_. Le voeu du marquis de Locmaria, par _Le
Monnier_.
18. _Chapelle de Sainte-Agnès._ La Vierge allaitant l'enfant
Jésus.
[Note 358: Cette sacristie est le bâtiment nouveau qui
remplace l'ancienne galerie dont nous avons parlé page 312.]
_En redescendant des bas-côtés de la nef, du même côté._
1. _Chapelle Saint-Nicolas._ Ce saint sauvant des pénitents
du naufrage, par _Thiersonnier_. Le miracle de saint Paul et
de Sylas en prison, par _N. de Plattemontagne_.
2. _Chapelle de Sainte-Catherine._ Le martyre de cette
sainte, par _M. Vien_.
3. _Chapelle de Saint-Julien-Zozime._ Ce saint donnant la
communion à sainte Marie Égyptienne, par _Beaugin_. Les
noces de Cana, par _Cotelle_.
4. _Chapelle de Saint-Laurent._ Le martyre de ce saint, par
un élève de _Le Sueur_. L'apparition de Jésus-Christ aux
trois Maries, par _Marot_.
5. _Chapelle de Sainte-Geneviève._ Une Vierge et l'enfant
Jésus, avec saint Jean et sainte Geneviève, par _Beaugin_.
La guérison des démoniaques.
6. _Chapelle de Saint-Georges et de Saint-Blaise._ Une mère
de douleur consolée par les anges, par _Beaugin_. Les
miracles de saint Paul à Éphèse, par _L. Boullogne_.
7. _Chapelle de Saint-Léonard._ Ce saint en habit guerrier,
par _Champagne_. Le voeu de madame la Grande-Duchesse, pour
sa maladie, par _Dumesnil_.
CHAPELLES DES BAS-CÔTÉS DE LA NEF.
_En entrant à droite._
1. _Chapelle de Sainte-Anne._ Sainte Anne et la Vierge, par
_Vouet_. La présentation de la Vierge, par _La Hire_.
2. _Chapelle de Saint-Barthélemy et de Saint-Vincent._ Le
martyre de ce dernier saint, par _Beaugin_. Notre Seigneur
sur la montagne, par _Poërson_.
3. _Chapelle de Saint-Jacques._ Un Christ, par _Le Nain_. La
femme adultère, par _Renaut_.
4. _Chapelle de Saint-Antoine et de Saint-Michel._ Saint
Michel à genoux devant la Vierge, par _Champagne_.
Jésus-Christ guérissant un possédé, par _Vernansal_.
5. _Chapelle de Saint-Thomas de Cantorbéry._ Saint Dominique
et saint Thomas à genoux devant la Vierge, manière de
_Lanfranc_. La résurrection du fils de la veuve de Naïm, par
_Guillebaut_.
6. _Chapelles de Saint-Augustin et de
Sainte-Marie-Magdeleine._ Dans la première, la Piscine, par
_Alexandre_. L'aveuglement de Barjésu, par _Loir_. Dans la
deuxième, l'incrédulité de saint Thomas, par _Arnould_; la
résurrection de la fille de Jaïre, par _Vernansal_[359].
[Note 359: Nous ignorons ce que sont devenus la plupart de
ces tableaux qui étoient conservés, dit-on, pendant la
révolution, dans les divers dépôts du gouvernement. La
prédication de saint Paul, par _Lesueur_, le martyre de
saint Pierre, par _Bourdon_, la mort de la Vierge, par _le
Poussin_, le _magnificat_, par _Jouvenet_, et quelques
autres, ont été placés dans le musée du Roi: on les verroit
avec plus de plaisir encore dans l'église à laquelle ils
appartiennent.]
SCULPTURES[360].
[Note 360: Nous ne faisons point entrer dans ce catalogue la
statue colossale de saint Christophe, que l'on voyoit au
premier pilier de la nef près de la porte principale. Elle
avoit été élevée par Antoine Desessarts, frère de Pierre
Desessarts, surintendant des finances, qui eut la tête
tranchée en 1413. Il rêva la nuit que saint Christophe
rompoit les grilles de la fenêtre de sa prison, et
l'emportoit dans ses bras. Ayant été déclaré innocent
quelques jours après, il fit exécuter cette statue, devant
laquelle il étoit représenté à genoux. Cette figure
gigantesque[360-A], d'un aspect désagréable, fut abattue en
1784.]
[Note 360-A: Elle étoit haute de 28 pieds.]
L'ancien grand-autel, élevé sur les dessins de _Decotte_,
étoit décoré de plusieurs statues en bronze, et surchargé
d'ornements ciselés et dorés, où il y avoit plus d'éclat et
de richesse que de bon style et de bon goût. On y remarquoit
un bas-relief en bronze doré par _Vassé_; deux anges
adorateurs par _Cayot_.
Dans le choeur, on remarquoit encore:
À gauche, la statue en marbre blanc de Louis XIII, à genoux,
revêtu de ses habits royaux, offrant son sceptre et sa
couronne à la Sainte-Vierge, et mettant son royaume sous sa
protection, par _Coustou_ jeune.
À gauche, celle de Louis XIV, par _Coyzevoz_. Elle
représentoit ce monarque revêtu pareillement de ses habits
royaux et accomplissant le voeu du roi son père[361].
[Note 361: Ces deux statues étoient déposées au Musée des
monuments français.]
Dans les tympans des arcades du rond-point, des anges en
bas-relief représentant des vertus avec leurs attributs,
savoir: la Charité et la Persévérance, par _Poultier_; la
Prudence et la Tempérance, par _Frémin_; l'Innocence et
l'Humilité, par _Le Pautre_; la Foi et l'Espérance, par _Le
Moine_; la Virginité et la Pureté, par _Thiéry_; la Justice
et la Force, par _Bertrand_. Au bas des pilastres et sur des
culs-de-lampe, six anges en bronze portant les instruments
de la passion, et modelés par _Hurtrelle_, _Vanclève_,
_Poirier_, _Magnier_ et _Flamen_.
Au milieu du choeur, un aigle en bronze, accompagné des
trois vertus cardinales, par _Duplessis_.
Aux deux portes latérales du choeur, deux chaires
épiscopales, enrichies d'ornements et de bas-reliefs
représentant l'histoire du martyre de saint Denis, et la
guérison du roi Childebert, par l'intervention de saint
Germain, évêque de Paris.
Dans la chapelle Saint-Christophe, la statue du saint, par
_Gois_; celle de saint Denis, par _Mouchy_, dans la chapelle
qui lui étoit consacrée; dans celle de Saint-Michel, dite
_de Noailles_, saint Louis et saint Maurice, par _Rousseau_.
Sur la menuiserie des stalles du choeur, des bas-reliefs,
par _Goullon_, offrant des sujets pris dans le Nouveau
Testament.
TOMBEAUX ET SÉPULTURES.
Au pied du sanctuaire avoient été déposées les entrailles de
Louis XIII et de Louis XIV.
Dans cette église avoient été inhumés:
Étienne II, dit _Tempier_, évêque de Paris, mort en 1279.
Simon de Bucy, évêque de Paris, mort en 1304 (enterré dans
la chapelle Saint-Nicaise).
Aymérie de Magniac, cardinal et évêque de Paris, mort en
1384.
Pierre d'Orgemont, évêque de Paris, mort en 1409.
Dans la chapelle Saint-Remi, Juvénal des Ursins, chancelier
de France sous Louis XI, et Michelle de Vitry sa femme,
morte en 1456[362].
[Note 362: Leurs statues, d'un gothique médiocre, étoient
placées sur leur tombeau; et, depuis, on a pu les voir au
Musée des Petits-Augustins. On y voyoit aussi un tableau
également enlevé de Notre-Dame, où ce magistrat étoit
représenté avec toute sa famille. Cette peinture, plus
médiocre encore que les statues, même pour le temps où elle
avoit été faite, offroit une image précieuse et naïve des
costumes alors en usage. La postérité masculine de ce
personnage s'étant éteinte dans le seizième siècle, ses
biens furent transférés dans la famille de _Harville_, qui
hérita en même temps de cette chapelle, où plusieurs de ses
membres étoient enterrés.]
Henri Dumoulin, évêque de Paris, mort en 1447.
Sous la croisée, Paul Émile de Véronne, chanoine de cette
église et auteur d'une Histoire de France, mort en 1529.