III

Je ne lui inspirais décidément que de la pitié. Je ne l'ignorais pas.

J'en vins à me dire: «Mon bon ami, ta belle cousine n'est point faite

pour toi.» Et je me mis à travailler, à m'amuser, comme travaillent et

s'amusent les écoliers parisiens. Je n'étais malheureux que de loin en

loin, et j'avais pour me consoler d'assez nombreux camarades des

deux sexes. Je finis réellement, j'en demande pardon aux personnes

sentimentales, par ne plus trop penser à ma cousine. «Ça n'est ni coeur,

ni chair, ces petites créatures-là, m'écriais-je; c'est tout taffetas!»

Les jours, les mois passèrent. J'obtins mon dernier diplôme. Je pris

des vacances, je voyageai. Je revins me faire inscrire comme avocat

stagiaire au Palais de Justice. Ma cousine Édith devenait de plus en

plus adorable et de plus en plus hautaine. Mais je ne pensais plus, oh!

plus au tout à elle. Cela ne m'empêchait pas d'aller régulièrement, en

bon neveu, voir mon oncle et dîner chez ma tante. Mon oncle me battait

au billard, ma tante m'humiliait au whist; et j'étais bien vu dans la

maison, sauf par la princesse Tout-Taffetas, par cette inaccessible

Édith.

A quoi tient l'amour? Contes de France et d'Amérique · 第 34 / 154 题