Conclusion

Notre tâche est accomplie, notre oeuvre achevée.

Nous savons combien cette oeuvre est incomplète, imparfaite; nous

savons tout ce qui lui manque, et sous le rapport du style, et de

la conception et de la fable. Mais nous croyons avoir le droit de

dire cette oeuvre honnête, consciencieuse et sincère. Pendant le

cours de sa publication, bien des attaques haineuses, injustes,

implacables, l'ont poursuivie; bien des critiques sévères, pures,

quelquefois passionnées, mais loyales, l'ont accueillie. Les

attaques violentes, haineuses, injustes, implacables nous ont

diverti par cela même, nous l'avouons, en toute humilité, par cela

même qu'elles tombaient formulées en mandements contre nous, du

haut de certaines chaires épiscopales. Ces plaisantes fureurs, ces

bouffons anathèmes qui nous foudroient depuis plus d'une année,

sont trop divertissants pour être odieux; c'est simplement de la

haute et belle et bonne comédie de moeurs cléricales.

Nous avons joui, beaucoup joui de cette comédie; nous l'avons

goûtée, savourée; il nous reste à exprimer notre bien sincère

gratitude à ceux qui en sont à la fois, comme le divin Molière,

les auteurs et les acteurs.

Quant aux critiques, si amères, si violentes qu'elles aient été,

nous les acceptons d'autant mieux, en tout ce qui touche la partie

littéraire de notre livre, que nous avons souvent tâché de

profiter des conseils qu'on nous donnait peut-être un peu

âprement.

Notre modeste déférence à l'opinion d'esprits plus judicieux, plus

mûrs, plus corrects que sympathiques et bienveillants, a, nous le

craignons, quelque peu déconcerté, dépité, contrarié ces mêmes

esprits. Nous en sommes doublement aux regrets, car nous avons

profité de leurs critiques, et c'est toujours involontairement que

nous déplaisons à ceux qui nous obligent... même en espérant nous

désobliger.

Quelques mots encore sur des attaques d'un autre genre, mais plus

graves.

Ceux-ci nous ont accusé d'avoir fait un appel aux passions, en

signalant à l'animadversion publique tous les membres de la

société de Jésus.

Voici ma réponse:

Il est maintenant hors de doute, il est démontré par des textes

soumis aux épreuves les plus contradictoires, depuis Pascal

jusqu'à nos jours; il est démontré, disons-nous, par ces textes,

que les oeuvres théologiques des membres les plus accrédités de la

compagnie de Jésus contiennent l'excuse ou la justification:

Le juif errant - Tome II · 第 126 / 128 题