C'est le lendemain de la mort des filles du maréchal Simon.
Mlle de Cardoville ignore encore la funeste fin de ses jeunes
parentes; sa figure est rayonnante de bonheur. Jamais elle n'a été
plus jolie; jamais ses yeux n'ont été plus brillants, son teint
d'une blancheur plus éblouissante, ses lèvres d'un corail plus
humide. Selon son habitude un peu excentrique de se vêtir chez
elle d'une manière pittoresque, Adrienne porte, quoiqu'il soit
environ trois heures de l'après-midi, une robe de moire d'un vert
pâle, à jupe très ample, dont les manches et le corsage, largement
tailladés de rose, sont rehaussés de passementeries de jais blanc
d'une exquise délicatesse; un léger réseau de perles, aussi de
jais blanc, cachant la natte épaisse qui se tord derrière la tête
d'Adrienne, forme une sorte de coiffure orientale d'une
originalité charmante accompagnant à merveille les longues boucles
de cheveux de la jeune fille qui encadrent son visage et tombent
presque jusque sur son sein arrondi. À l'expression de bonheur
ineffable qui épanouit les traits de Mlle de Cardoville se joint
certain air résolu, railleur incisif, qui ne lui est pas habituel;
sa ravissante tête semble se redresser plus vaillante encore sur
un cou gracieux et blanc comme celui d'un cygne: on dirait qu'une
ardeur mal contenue dilate ses petites narines roses et
sensuelles, et qu'elle attend avec une impatience hautaine le
moment d'une lutte agressive et ironique...
Non loin d'Adrienne est la Mayeux; elle a repris dans la maison la
place qu'elle y avait d'abord occupée; la jeune ouvrière porte le
deuil de sa soeur; son visage exprime une tristesse douce et
calme. Elle regarde Mlle de Cardoville avec surprise, car jamais
jusqu'alors elle n'a vu la physionomie de la belle patricienne
empreinte de cette expression d'audace et d'ironie.
Mlle de Cardoville n'avait pas la moindre coquetterie, dans le
sens étroit et vulgaire de ce mot; pourtant elle jetait un regard
interrogatif sur la glace devant laquelle elle se tenait debout;
puis, après avoir rendu sa souplesse élastique à une boucle de ses
longs cheveux d'or, en l'enroulant un moment sur son doigt
d'ivoire, elle effaça du plat de sa main quelques plis
imperceptibles formés par le froncement de l'épaisse étoffe autour
de son élégant corsage. Ce mouvement et celui qu'elle fit en
tournant à demi le dos à la glace pour voir si sa robe s'ajustait
parfaitement de tout point, révélèrent par une ondulation
serpentine tout le charme voluptueux, tous les divins trésors de
cette taille souple, fine et cambrée; car malgré la richesse
sculpturale du contour de ses hanches et de ses épaules blanches,
fermes et lustrées comme un beau marbre pentélique, Adrienne était
aussi l'une de ces heureuses privilégiées du Seigneur... qui
peuvent se faire une ceinture de leur jarretière. Ces charmantes
évolutions de coquetterie féminine accomplies avec une grâce
indicible, Adrienne se tournant vers la Mayeux, dont la surprise
allait croissant, lui dit en souriant:
-- Ma douce Madeleine, ne vous moquez pas trop de ma question: Que
diriez-vous d'un tableau... qui me représenterait comme me voilà?
-- Mais, mademoiselle...
-- Comment! encore mademoiselle! dit Adrienne d'un ton de doux
reproche -- Mais... Adrienne... reprit la Mayeux, je dirais que je
vois un charmant tableau... et que, comme toujours, vous êtes mise
avec un goût parfait...
-- Vous ne me trouvez pas mieux aujourd'hui... que les autres
jours? Cher poète... je commence par vous déclarer que ce n'est
pas pour moi que je vous demande cela... ajoute gaiement Adrienne.
-- Je m'en doute, répondit la Mayeux en souriant un peu; eh bien,
à vrai dire, il est impossible d'imaginer une toilette plus à
votre avantage. Cette robe d'un vert tendre et d'un rose pâle,
relevée par le doux éclat de ces garnitures de jais blanc qui
s'harmonisent si merveilleusement avec l'or de vos cheveux, tout
cela fait que de ma vie, je vous le répète, je n'ai vu un aussi
gracieux tableau...
Ce que la Mayeux disait, elle le sentait, et elle se trouvait
heureuse de pouvoir l'exprimer, car nous avons dit la vive
admiration de cette âme poétique pour tout ce qui était beau.
-- Eh bien, reprit gaiement Adrienne, je suis ravie de ce que vous
me trouvez mieux aujourd'hui qu'un autre jour, mon amie.
-- Seulement... reprit la Mayeux en hésitant.
-- Seulement? dit Adrienne en regardant la jeune ouvrière d'un
regard interrogatif.
-- Seulement, mon amie, reprit la Mayeux, si je ne vous ai jamais
vue plus jolie... jamais je n'ai vu non plus sur vos traits
l'expression résolue, ironique que vous aviez tout à l'heure...
C'était comme un air d'impatient défi.
-- C'est cela même, ma douce petite Madeleine, dit Adrienne en se
jetant au cou de la Mayeux, avec une joyeuse tendresse; il faut
que je vous embrasse pour m'avoir si bien devinée; car si j'ai,
voyez-vous, cet air un peu agressif... c'est que j'attends ma
chère tante.
-- Mme la princesse de Saint-Dizier! s'écria la Mayeux avec
crainte, cette grande dame si méchante qui vous a fait tant de
mal?
-- Justement; elle m'a demandé un moment d'entretien, et je me
fais une joie de la recevoir...
-- Une joie!...
-- Une joie... un peu moqueuse, un peu ironique... un peu
méchante, il est vrai, reprit gaiement Adrienne... Jugez donc...
Elle regrette ses galanteries, sa beauté, sa jeunesse; enfin, son
embonpoint même la désole, cette sainte femme!... et elle va me
voir belle, aimée, amoureuse, et mince... oui, surtout mince...
ajouta Mlle de Cardoville, en riant comme une folle; puis elle
reprit:
-- Or, vous ne pouvez vous imaginer, mon amie, l'envie forcenée,
le désespoir atroce que cause aux ridicules prétentions d'une
grosse femme mûre... la vue d'une jeune femme... mince...
-- Mon amie... dit sérieusement la Mayeux, vous plaisantez... et
pourtant, je ne sais pourquoi la venue de la princesse
m'effraye...
-- Cher et tendre coeur, rassurez-vous donc, reprit
affectueusement Adrienne; cette femme, je ne la crains pas... je
ne la crains plus... pour le lui bien prouver, et aussi pour la
désoler beaucoup, je vais la traiter, elle, un monstre
d'hypocrisie, de noirceur... elle, qui vient sans doute ici dans
quelque dessein affreux... je vais la traiter en femme inoffensive
et ridicule... pour tout dire, en grosse femme...
Et Adrienne se prit à rire de nouveau.
Un valet de chambre, entra, interrompit l'accès de folle gaieté
d'Adrienne et lui dit:
-- Mme la princesse de Saint-Dizier fait demander si mademoiselle
peut la recevoir.
-- Certainement, dit Mlle de Cardoville. Le domestique sortit. La
Mayeux allait, par discrétion, se lever et quitter la chambre,
Adrienne la retint et lui dit avec un accent de sérieuse tendresse
en lui prenant la main:
-- Mon amie... restez... je vous en prie...
-- Vous voulez...
-- Oui... je veux... toujours par vengeance, reprit Adrienne en
souriant, montrer à Mme de Saint-Dizier... que j'ai une tendre
amie... qu'enfin je jouis de tous les bonheurs à la fois...
-- Mais, Adrienne, reprit timidement la Mayeux, pensez donc...
que...
-- Silence! Voici la princesse, restez... Je vous le demande en
grâce et comme un service. Votre rare instinct de coeur...
devinera peut-être le but caché de sa visite... les pressentiments
de votre affection ne m'ont-ils pas éclairée sur les trames de cet
odieux Rodin?
Devant une telle prière, la Mayeux ne pouvait hésiter; elle resta,
mais fit quelques pas pour se reculer de la cheminée.
Adrienne la prit par la main, la fit se rasseoir dans le fauteuil
qu'elle occupait au coin du foyer, et lui dit:
-- Ma chère Madeleine, gardez votre place; vous ne devez rien à
Mme de Saint-Dizier; moi, c'est différent: elle vient chez moi.
À peine Adrienne avait-elle prononcé ces mots, que la princesse
entra, la tête haute, l'air imposant (et elle avait, on l'a dit,
le plus grand air du monde), le pas ferme, la démarche altière.
Les caractères les plus entiers, les esprits les plus réfléchis,
cèdent presque toujours par quelque endroit à de puériles
faiblesses; une envie féroce, excitée par l'élégance, par la
beauté, par l'esprit d'Adrienne, avait toujours eu une large part
dans la haine de la princesse contre sa nièce; quoiqu'il lui fût
impossible de songer à rivaliser avec Adrienne, et qu'elle n'y
songeât même pas sérieusement, Mme de Saint-Dizier n'avait pu
s'empêcher, pour se rendre à l'entrevue qu'elle lui avait
demandée, de mettre plus de recherche dans sa toilette et de se
faire corser, serrer, sangler à triple tour, dans sa robe de
taffetas changeant; compression qui lui rendait le visage beaucoup
plus coloré qu'elle ne l'avait habituellement. En un mot, la foule
de haineux sentiments qui l'animaient contre Adrienne avait, à la
seule pensée de cette rencontre, jeté une telle perturbation dans
l'esprit ordinairement calme et mesuré de la princesse, qu'au lieu
de ces toilettes simples et peu voyantes qu'en femme de tact et de
goût elle portait d'ordinaire, elle avait commis la maladresse
d'une robe gorge de pigeon et d'un chapeau grenat orné d'un
magnifique oiseau de paradis.
La haine, l'envie, et l'orgueil du triomphe (la dévote songeait à
l'habileté perfide avec laquelle elle avait envoyé à une mort
presque assurée les filles du maréchal Simon), l'exécrable
espérance mal dissimulée de réussir dans de nouvelles trames, se
partageaient, pour ainsi dire, l'expression de la physionomie de
la princesse de Saint-Dizier lorsqu'elle entra chez sa nièce.
Adrienne, sans faire un pas au-devant de sa tante, se leva
néanmoins très poliment du sofa où elle était assise, fit une
demi-révérence remplie de grâce et de dignité, puis elle se
rassit; montrant alors du geste à la princesse un fauteuil placé
en face de la cheminée dont la Mayeux occupait un angle, et elle,
Adrienne, un autre côté, elle dit:
-- Donnez-vous la peine de vous asseoir, madame. La princesse
devint très rouge, resta debout, et jeta un regard de dédaigneuse
et insolente surprise sur la Mayeux, qui, fidèle à la
recommandation d'Adrienne, s'était légèrement inclinée à l'entrée
de Mme de Saint-Dizier sans lui offrir sa place. La jeune ouvrière
avait agi de la sorte et par réflexion de dignité, et en écoutant
aussi la voix de sa conscience qui lui disait que la véritable
supériorité de position n'appartenait pas à cette princesse lâche,
hypocrite et méchante, mais à elle, la Mayeux, si admirablement
bonne et dévouée.
-- Ayez donc la bonté de vous asseoir, madame, reprit Adrienne de
sa voix douce en désignant à sa tante le siège vacant.
-- L'entretien que je vous ai demandé, mademoiselle, dit la
princesse, doit être secret.
-- Je n'ai pas de secret, madame, pour ma meilleure amie; vous
pouvez donc parler devant mademoiselle.
-- Je sais depuis longtemps, reprit Mme de Saint-Dizier avec une
ironie amère, qu'en toutes choses vous vous souciez fort peu du
secret et que vous êtes facile sur le choix de ce que vous appelez
vos amis... mais vous me permettrez d'agir autrement que vous. Si
vous n'avez pas de secrets, mademoiselle, j'en ai... moi... et je
n'entends pas en faire confidence à la première venue...
Et la dévote jeta un nouveau coup d'oeil de mépris sur la Mayeux.
Celle-ci, blessée du ton insolent de la princesse, répondit
doucement et simplement.
-- Je ne vois pas jusqu'ici, madame, la différence si humiliante
qui peut exister entre la première... et la dernière venue chez
Mlle de Cardoville.
-- Comment!... _ça _parle! s'écria la princesse d'un ton de pitié
superbe et insolente.
-- Du moins, madame... _ça _répond, reprit la Mayeux de sa voix
calme.
-- Je veux vous entretenir seule; est-ce clair, mademoiselle? dit
impatiemment la dévote à sa nièce.
-- Pardon... je ne vous comprends pas, madame, fit Adrienne d'un
air étonné; mademoiselle, qui m'honore de son amitié, veut bien
consentir à assister à l'entretien que vous m'avez demandé. Je dis
qu'elle le veut bien... parce qu'il lui faut, en effet, une très
affectueuse condescendance pour se résigner à entendre... pour
l'amour de moi... toutes les choses gracieuses, bienveillantes...
charmantes... dont vous venez sans doute me faire part...
-- Mais, mademoiselle... dit vivement la princesse.
-- Permettez-moi de vous interrompre, madame, reprit Adrienne avec
l'accent d'une aménité parfaite, et comme si elle eût adressé à la
dévote des compliments les plus flatteurs. Afin de vous mettre
tout de suite en confiance avec mademoiselle, je m'empresse de
vous apprendre qu'elle est instruite de toutes les pieuses
noirceurs... de toutes les dévotes dignités... dont vous avez
voulu, et failli me rendre victime... elle sait enfin que vous
êtes une mère de l'Église... comme on en voit peu... Puis-je
espérer maintenant, madame, voir cesser votre délicate et
intéressante réserve?
-- En vérité, dit la princesse avec une sorte d'ébahissement
courroucé, je ne sais si je veille ou si je rêve...
-- Ah! mon Dieu! dit Adrienne d'un air alarmé, ce doute que vous
manifestez sur l'état de vos facultés est inquiétant, madame. Le
sang vous monte sans doute à la tête... car votre visage est très
coloré... vous semblez oppressée... comprimée... déprimée... peut-
être (l'on peut se dire cela entre femmes)... peut-être êtes-vous
un peu serrée... madame?
Ces mots, dits par Adrienne avec un adorable semblant d'intérêt et
de naïveté, manquèrent de faire suffoquer la princesse qui, malgré
elle, devint cramoisie et s'écria en s'asseyant brusquement:
-- Eh bien, soit, mademoiselle... Je préfère cet accueil à tout
autre, il me met à l'aise... en confiance, comme vous dites...
-- N'est-ce pas madame? dit Adrienne en souriant; au moins l'on
peut franchement dire tout ce que l'on a sur le coeur... ce qui
doit avoir pour vous le charme de la nouveauté... Voyons, entre
nous, avouez que vous nous savez gré de vous mettre ainsi à même
de déposer un instant ce fâcheux masque de dévotion, de douceur et
de bonté qui doit tant vous peser...
En entendant les sarcasmes d'Adrienne, innocente vengeance, bien
excusable si l'on songe à tout le mal que la princesse avait voulu
faire à sa nièce, la Mayeux sentait son coeur se serrer, car plus
qu'Adrienne, et avec raison, elle redoutait la princesse, qui
reprit avec plus de sang-froid:
-- Mille grâces, mademoiselle, de vos excellentes intentions et de
vos sentiments pour moi; je les apprécie tels qu'ils sont, et
comme je dois, j'espère, sans plus attendre, vous le prouver.
-- Voyons, voyons, madame, répondit Adrienne avec enjouement.
Contez-nous donc cela tout de suite... Je suis d'une impatience...
d'une curiosité...
-- Et pourtant, dit la princesse en feignant à son tour un
enjouement ironique et amer, vous êtes à mille lieues de vous
douter de ce que je vais vous annoncer...
-- Vraiment!... Moi je crains, madame, que votre candeur, que
votre modestie ne vous abusent, reprit Adrienne avec la même
affabilité railleuse; car il est bien peu de choses qui, de votre
part, puissent me surprendre, madame, ne savez-vous pas... que, de
vous... je m'attends à tout?
-- Peut-être, mademoiselle... dit la dévote en articulant
lentement ses paroles; si, par exemple... je vous disais... qu'en
vingt-quatre heures, d'ici à demain... je suppose... vous allez
être réduite à la misère?...
Ceci était si imprévu, que Mlle de Cardoville fit malgré elle un
vif mouvement de surprise, et que la Mayeux tressaillit.
-- Ah!... mademoiselle, dit la princesse avec une joie triomphante
et d'un ton doucereusement cruel en voyant la surprise croissante
de sa nièce, avouez maintenant que je vous étonne... quoique peu
de chose de ma part, disiez-vous, dût avoir le droit de vous
surprendre. Combien vous avez eu raison de donner à notre
entretien le tour qu'il a pris... Il m'aurait fallu toutes sortes
de périphrases pour vous dire: Mademoiselle, demain vous serez
aussi pauvre que vous êtes riche aujourd'hui... tandis que je vous
apprends cela tout simplement... tout bonnement... tout
naïvement...
Son premier étonnement passé, Adrienne reprit en souriant avec un
calme qui stupéfia la dévote:
-- Eh bien, je vous l'avoue franchement, madame, oui, j'ai été
surprise... car je m'attendais, de votre part, à quelqu'une de ces
noires méchancetés où vous excellez, à quelque perfidie bien
ourdie, bien cruelle... mais pouvais-je croire que vous feriez un
si grand éclat d'une pareille insignifiance?...
-- Être ruinée... complètement ruinée... s'écria la dévote, ruinée
d'ici à demain, vous si audacieusement prodigue; voir non
seulement vos revenus, mais cet hôtel, mais vos meubles, vos
chevaux, vos bijoux, voir tout enfin, jusqu'à ces ridicules
parures dont vous êtes si vaine... mis sous le séquestre, vous
appelez cela une insignifiance? Vous dépensez indifféremment des
milliers de louis, vous voir réduite à une pension alimentaire
bien inférieure aux gages que vous donnez à une de vos femmes,
vous appelez cela une insignifiance?...
Au plus cruel désappointement de sa tante, Adrienne, qui
paraissait de plus en plus rassérénée, allait répondre à la
princesse, lorsque la porte du salon s'ouvrit et, sans qu'il eût
été annoncé, le prince Djalma entra.
Une folle et orgueilleuse tendresse resplendit sur le front
radieux d'Adrienne à la vue du prince et il est impossible de
rendre le regard de bonheur triomphant et dédaigneux qu'elle jeta
sur Mme de Saint-Dizier.
Jamais non plus Djalma n'avait été plus idéalement beau, jamais
bonheur plus ineffable n'avait rayonné sur un visage humain.
L'Indien portait une longue robe de cachemire blanc à mille raies
de pourpre et d'or; son turban était de même couleur et de même
étoffe; un magnifique châle à palmes lui servait de ceinture.
À la vue de l'Indien, qu'elle n'avait pas espéré rencontrer chez
Mlle de Cardoville, la princesse de Saint-Dizier ne put cacher
d'abord son profond étonnement.
Ce fut donc entre Mme de Saint-Dizier, Adrienne, la Mayeux et
Djalma que se passa la scène suivante.