Le maréchal Pierre Simon, duc de Ligny, était de haute taille,
simplement vêtu d'une redingote bleue fermée jusqu'à la dernière
boutonnière, où se nouait un bout de ruban rouge. On ne pouvait
voir une physionomie plus loyale, plus expansive, d'un caractère
plus chevaleresque, que celle du maréchal; il avait le front
large, le nez aquilin, le menton fermement accusé, et le teint
brûlé par le soleil de l'Inde. Ses cheveux, coupés très ras,
grisonnaient sur les tempes; mais ses sourcils étaient encore
aussi noirs que sa large moustache retombante; sa démarche libre,
hardie, ses mouvements décidés, témoignaient de son impétuosité
militaire. Homme du peuple, homme de guerre et d'élan, la
chaleureuse cordialité de sa parole appelait la bienveillance et
la sympathie; aussi éclairé qu'intrépide, aussi généreux que
sincère, on remarquait surtout en lui une mâle fierté plébéienne;
ainsi que d'autres sont fiers d'une haute naissance, il était
fier, lui, de son obscure origine, parce qu'elle était ennoblie
par le grand caractère de son père, républicain rigide,
intelligent et laborieux artisan, depuis quarante ans l'honneur,
l'exemple, la glorification des travailleurs. En acceptant avec
reconnaissance le titre aristocratique dont l'empereur l'avait
décoré, Pierre Simon avait agi comme ces gens délicats qui,
recevant d'une affectueuse amitié un don parfaitement inutile,
l'acceptent avec reconnaissance en faveur de la main qui l'offre.
Le culte religieux de Pierre Simon envers l'empereur n'avait
jamais été aveugle; autant son dévouement, son ardent amour, pour
son idole fut instinctif et pour ainsi dire fatal... autant son
admiration fut grave et raisonnée. Loin de ressembler à ces
traîneurs de sabre qui n'aiment la bataille que pour la bataille,
non seulement le maréchal Simon admirait son héros comme le plus
grand capitaine du monde, mais il l'admirait surtout parce qu'il
savait que l'empereur avait fait ou accepté la guerre dans
l'espoir d'imposer un jour la paix au monde; car si la paix
consentie par la gloire et par la force est grande, féconde et
magnifique, la paix consentie par la faiblesse et par la lâcheté
est stérile, désastreuse et déshonorante. Fils d'artisan, Pierre
Simon admirait encore l'empereur parce que cet impérial parvenu
avait toujours su faire noblement vibrer la fibre populaire, et
que, se souvenant du peuple dont il était sorti, il l'avait
fraternellement convié à jouir de toutes les pompes de
l'aristocratie et de la royauté.
* * * * *
Lorsque le maréchal Simon entra dans la chambre, ses traits
étaient altérés; à la vue de Dagobert, un éclair de joie illumina
son visage; il se précipita vers le soldat en lui tendant les
bras, et s'écria:
-- Mon ami!!! mon vieil ami!... Dagobert répondit avec une muette
effusion à cette affectueuse étreinte; puis le maréchal, se
dégageant de ses bras, et attachant sur lui des yeux humides, lui
dit d'une voix si palpitante d'émotion que ses lèvres tremblaient:
-- Eh bien! tu es arrivé à temps pour le 13 février?
-- Oui, mon général... mais tout est remis à quatre mois...
-- Et...ma femme?... mon enfant?...
À cette question, Dagobert tressaillit, baissa la tête et resta
muet...
-- Ils ne sont donc pas ici? demanda Pierre Simon avec plus de
surprise que d'inquiétude. On m'a dit chez toi que ni ma femme ni
mon enfant n'y étaient; mais que je te trouverais... dans cette
maison... Je suis accouru... ils n'y sont donc pas?
-- Mon général... dit Dagobert en devenant d'une grande pâleur,
mon général...
Puis essuyant les gouttes de sueur froide qui perlaient sur son
front, il ne put articuler une parole de plus, sa voix s'arrêtait
dans son gosier desséché.
-- Tu me fais... peur! s'écria Pierre Simon en devenant pâle comme
son soldat et en le saisissant par le bras.
À ce moment Adrienne s'avança, les traits empreints de tristesse
et d'attendrissement; voyant le cruel embarras de Dagobert, elle
voulut venir à son aide et dit à Pierre Simon d'une voix douce et
émue:
-- Monsieur le maréchal... je suis Mlle de Cardoville... une
parente... de vos chères enfants.
Pierre Simon se retourna vivement, aussi frappé de l'éblouissante
beauté d'Adrienne que des paroles qu'elle venait de prononcer...
Il balbutia dans sa surprise:
-- Vous, mademoiselle... parente... de _mes enfants_...
Et il appuya sur ces mots en regardant Dagobert avec stupeur.
-- Oui, monsieur le maréchal... _vos_ enfants... se hâta de dire
Adrienne, et l'amour de ces deux charmantes soeurs jumelles...
-- Soeurs jumelles! s'écria Pierre Simon en interrompant Mlle de
Cardoville avec une explosion de joie impossible à rendre. Deux
filles au lieu d'une. Ah! combien leur mère doit être heureuse!...
Puis il ajouta en s'adressant à Adrienne:
-- Pardon, mademoiselle, d'être si peu poli, de vous remercier si
mal de ce que vous m'apprenez... mais vous concevez, il y a dix-
sept ans que je n'ai pas vu ma femme. J'arrive... et au lieu de
trouver deux êtres à chérir... j'en trouve trois... De grâce,
mademoiselle, je désirerais savoir toute la reconnaissance que je
vous dois. Vous êtes notre parente? Je suis sans doute ici chez
vous... Ma femme, mes enfants sont là... n'est-ce pas?...
Craignez-vous que ma brusque apparition ne leur soit mauvaise?
j'attendrai... mais, tenez, mademoiselle, j'en suis certain, vous
êtes aussi bonne que belle... ayez pitié de mon impatience...
préparez-les bien vite toutes les trois à me revoir.
Dagobert, de plus en plus ému, évitait les regards du maréchal et
tremblait comme la feuille.
Adrienne baissait les yeux sans répondre; son coeur se brisait à
la pensée de porter un coup terrible au maréchal Simon.
Celui-ci s'étonna bientôt de ce silence; regardant tour à tour
Adrienne et le soldat d'un air d'abord inquiet et bientôt alarmé,
il s'écria:
-- Dagobert!... tu me caches quelque chose...
-- Mon général... répondit-il en balbutiant, je vous assure...
je... je...
-- Mademoiselle, s'écria Pierre Simon, par pitié, je vous en
conjure, parlez-moi franchement, mon anxiété est horrible... Mes
premières craintes reviennent... Qu'y a-t-il?... Mes filles... ma
femme sont-elles malades? sont-elles en danger? Oh! parlez!
parlez!
-- Vos filles, monsieur le maréchal, dit Adrienne, ont été un peu
souffrantes, par suite de leur long voyage; mais il n'y a rien
d'inquiétant dans leur état...
-- Mon Dieu!... c'est ma femme... alors... c'est ma femme qui est
en danger.
-- Du courage, monsieur, dit tristement Mlle de Cardoville. Hélas!
il vous faut chercher des consolations dans la tendresse des deux
anges qui vous restent.
-- Mon général, dit Dagobert d'une voix ferme et grave, je suis
venu de Sibérie... seul... avec vos deux filles.
-- Et leur mère! leur mère! s'écria Pierre Simon d'une voix
déchirante.
-- Le lendemain de sa mort, je me suis mis en route avec les deux
orphelines, répondit le soldat.
-- Morte!... s'écria Pierre Simon avec accablement, morte!... Un
morne silence lui répondit.
À ce coup inattendu, le maréchal chancela, s'appuya au dossier
d'une chaise et tomba assis en cachant son visage dans ses mains.
Pendant quelques minutes on n'entendit que des sanglots étouffés;
car non seulement Pierre Simon aimait sa femme avec idolâtrie,
pour toutes les raisons que nous avons dites au commencement de
cette histoire; mais, par un de ces singuliers compromis que
l'homme longtemps et cruellement éprouvé fait, pour ainsi dire,
avec la destinée, Pierre Simon, fataliste comme toutes les âmes
tendres, se croyant en droit de compter enfin sur du bonheur après
tant d'années de souffrances, n'avait pas un moment douté qu'il
retrouverait sa femme et ses enfants, double consolation que la
destinée lui devait, après de si grandes traverses. Au contraire
de certaines gens que l'habitude de l'infortune rend moins
exigeants, Pierre Simon avait compté sur un bonheur aussi complet
que l'avait été son malheur... Sa femme et ses enfants, telles
étaient les seules conditions, uniques, indispensables de la
félicité qu'il attendait; sa femme eût survécu à ses filles,
qu'elle ne les eût pas plus remplacées pour lui qu'elles ne
remplaçaient leur mère à ses yeux: faiblesse ou _cupidité _de
coeur, cela était ainsi. Nous insistons sur cette singularité,
parce que les suites de cet incessant et douloureux chagrin
exerceront une grande influence sur l'avenir du maréchal Simon.
Adrienne et Dagobert avaient respecté la douleur accablante de ce
malheureux homme. Lorsqu'il eut donné un libre cours à ses larmes,
il redressa son mâle visage, alors d'une pâleur marbrée, passa la
main sur ses yeux rougis, se leva et dit à Adrienne:
-- Pardonnez-moi, mademoiselle... je n'ai pu vaincre ma première
émotion... Permettez-moi de me retirer... J'ai de cruels détails à
demander au digne ami qui n'a quitté ma femme qu'à son dernier
moment... Veuillez avoir la bonté de me faire conduire auprès de
mes enfants... de mes pauvres orphelines.
Et la voix du maréchal s'altéra de nouveau.
-- Monsieur le maréchal, dit Mlle de Cardoville, tout à l'heure
encore nous attendions ici vos chères enfants... malheureusement
notre espérance a été trompée...
Pierre Simon regarda d'abord Adrienne sans lui répondre, et comme
s'il ne l'avait pas entendue ou comprise.
-- Mais rassurez-vous, reprit la jeune fille, il ne faut pas
encore désespérer.
-- Désespérer? répéta machinalement le maréchal en regardant tour
à tour Mlle de Cardoville et Dagobert, désespérer! et de quoi, mon
Dieu?
-- De revoir vos enfants, monsieur le maréchal, dit Adrienne;
votre présence, à vous leur père... rendra les recherches bien
plus efficaces.
-- Les recherches!... s'écria Pierre Simon. Mes filles ne sont pas
ici?
-- Non, monsieur, dit enfin Adrienne; on les a enlevées à
l'affection de l'excellent homme qui les avait amenées du fond de
la Russie, et on les a conduites dans un couvent...
-- Malheureux! s'écria Pierre Simon en s'avançant menaçant et
terrible vers Dagobert, tu me répondras de tout...
-- Ah! monsieur, ne l'accusez pas! s'écria Mlle de Cardoville.
-- Mon général, dit Dagobert d'une voix brève mais douloureusement
résignée, je mérite votre colère... c'est ma faute: forcé de
m'absenter de Paris, j'ai confié les enfants à ma femme; son
confesseur lui a tourné l'esprit, lui a persuadé que vos filles
seraient mieux dans un couvent que chez nous; elle l'a cru, elle
les y a laissé conduire; maintenant... on a dit au couvent qu'on
ne sait pas où elles sont; voilà la vérité... Faites de moi ce que
vous voudrez... je n'ai qu'à me taire et à endurer.
-- Mais c'est infâme!... s'écria Pierre Simon en désignant
Dagobert avec un geste d'indignation désespérée; mais à qui donc
se confier... si celui-là m'a trompé... mon Dieu!...
-- Ah! monsieur le maréchal, ne l'accusez pas! s'écria Mlle de
Cardoville, ne le croyez pas: il a risqué sa vie, son honneur,
pour arracher vos enfants de ce couvent... et il n'est pas le seul
qui ait échoué dans cette tentative; tout à l'heure encore un
magistrat... malgré le caractère, malgré l'autorité dont il est
revêtu... n'a pas été plus heureux. Sa fermeté envers la
supérieure, ses recherches minutieuses dans le couvent ont été
vaines: impossible jusqu'à présent de retrouver ces malheureuses
enfants.
-- Mais ce couvent, s'écria le maréchal Simon en se redressant, la
figure pâle et bouleversée par la douleur et la colère, ce
couvent, où est-il? Ces gens-là ne savent donc pas ce que c'est
qu'un père à qui on enlève des enfants?
Au moment où le maréchal Simon prononçait ces paroles, tourné vers
Dagobert, Rodin, tenant Rose et Blanche par la main, apparut à la
porte, laissée ouverte. En entendant l'exclamation du maréchal, il
tressaillit de surprise; un éclair de joie diabolique éclaira son
sinistre visage, car il ne s'attendait pas à rencontrer Pierre
Simon si à propos.
Mlle de Cardoville fut la première qui s'aperçut de la présence de
Rodin. Elle s'écria en courant à lui:
-- Ah! je ne me trompais pas... notre providence... toujours...
toujours...
-- Mes pauvres petites, dit tout bas Rodin aux jeunes filles en
leur montrant Pierre Simon, c'est votre père.
-- Monsieur! s'écria Adrienne en accourant sur les pas de Rose et
de Blanche, vos enfants!... les voilà!...
Au moment où Simon se retournait brusquement, ses deux filles se
jetèrent entre ses bras; il se fit un profond silence, et l'on
n'entendit plus que des sanglots entrecoupés de baisers et
d'exclamations de joie.
-- Mais venez donc au moins jouir du bien que vous avez fait! dit
Mlle de Cardoville en essuyant ses yeux et en retournant auprès de
Rodin, qui, resté dans l'embrasure de la porte, où il s'appuyait,
semblait contempler cette scène avec un profond attendrissement.
Dagobert, à la vue de Rodin ramenant les enfants, d'abord frappé
de stupeur, n'avait pu faire un mouvement; mais, entendant les
paroles d'Adrienne et cédant à un élan de reconnaissance pour
ainsi dire insensée, il se jeta à deux genoux devant le jésuite,
en joignant ses mains comme s'il eût prié, et s'écria d'une voix
entrecoupée:
-- Vous m'avez sauvé en ramenant ces enfants...
-- Ah! monsieur, soyez béni... dit la Mayeux en cédant à
l'entraînement général.
-- Mes bons amis, c'est trop, dit Rodin, comme si tant d'émotions
eussent été au-dessus de ses forces; mais c'est en vérité trop
pour moi, excusez-moi auprès du maréchal... et dites-lui que je
suis assez payé par la vue de son bonheur.
-- Monsieur... de grâce... dit Adrienne, que le maréchal vous
connaisse, qu'il vous voie au moins!
-- Oh! restez... vous qui nous sauvez tous, s'écria Dagobert en
tâchant de retenir Rodin de son côté.
-- La _Providence_, ma chère demoiselle, ne s'inquiète plus du
bien qui est fait, mais du bien qui reste à faire... dit Rodin
avec un accent rempli de finesse et de bonté. Ne faut-il pas à
cette heure songer au prince Djalma? Ma tâche n'est pas finie, et
les moments sont précieux. Allons, ajouta-t-il en se dégageant
doucement de l'étreinte de Dagobert, allons, la journée a été
aussi bonne que je l'espérais: l'abbé d'Aigrigny est démasqué:
vous êtes libre, ma chère demoiselle; vous avez retrouvé votre
croix, mon brave soldat; la Mayeux est assurée d'une protectrice,
M. le maréchal embrasse ses enfants... je suis pour un peu dans
toutes ces joies-là... ma part est belle... mon coeur content...
Au revoir, mes amis, au revoir...
Ce disant, Rodin fit de la main un salut affectueux à Adrienne, à
la Mayeux et à Dagobert, et disparut après leur avoir montré d'un
regard ravi le maréchal Simon, qui, assis et couvrant ses deux
filles de larmes et de baisers, les tenait étroitement embrassées
et restait étranger à ce qui se passait autour de lui.
* * * * *
Une heure après cette scène, Mlle de Cardoville et la Mayeux, le
maréchal Simon, ses deux filles et Dagobert avaient quitté la
maison du docteur Baleinier.
* * * * *
En terminant cet épisode, deux mots de _moralité _à l'endroit des
_maisons d'aliénés _et des _couvents. _Nous l'avons dit, et nous
le répétons, la législation qui régit la surveillance des maisons
d'aliénés nous paraît insuffisante. Des faits récemment portés
devant les tribunaux, d'autres d'une haute gravité qui nous ont
été confiés, nous semblent évidemment prouver cette insuffisance.
Sans doute il est accordé aux magistrats toute latitude pour
visiter les maisons d'aliénés; cette visite leur est même
recommandée; mais _nous savons de source certaine _que les
nombreuses et incessantes occupations des magistrats, dont le
personnel est d'ailleurs très souvent hors de proportion avec les
travaux qui le surchargent, rendent ces inspections tellement
rares qu'elles sont pour ainsi dire illusoires. Il nous semblerait
donc utile de créer des inspections au moins semi-mensuelles,
particulièrement affectées à la surveillance des maisons d'aliénés
et composées d'un médecin et d'un magistrat, afin que les
réclamations fussent soumises à un examen contradictoire. Sans
doute, la justice ne fait jamais défaut lorsqu'elle est
suffisamment édifiée; mais combien de formalités, combien de
difficultés pour qu'elle le soit, et surtout lorsque le malheureux
qui a besoin d'implorer son appui, se trouvant dans un état de
suspicion, d'isolement, de séquestration forcée, n'a pas au dehors
un ami pour prendre sa défense et réclamer en son nom auprès de
l'autorité! N'appartient-il donc pas au pouvoir civil d'aller au-
devant de ces réclamations pour une surveillance périodique
fortement organisée?
Et ce que nous disons des maisons d'aliénés doit s'appliquer peut-
être plus impérieusement encore aux couvents de femmes, aux
séminaires et aux maisons habitées par des congrégations. Des
griefs aussi très récents, très évidents, et dont la France
entière a retenti, ont malheureusement prouvé que la violence, que
les séquestrations, que les traitements barbares, que les
détournements de mineures, que l'emprisonnement illégal,
accompagné de tortures, étaient des faits sinon fréquents, du
moins possibles, dans les maisons religieuses. Il a fallu des
hasards singuliers, d'audacieuses et cyniques brutalités, pour que
ces détestables actions parvinssent à la connaissance du public.
Combien d'autres victimes ont été et sont peut-être encore
ensevelies dans ces grandes maisons silencieuses, où nul regard
_profane _ne pénètre, et qui, de par les immunités du clergé,
échappent à la surveillance du pouvoir civil! N'est-il pas
déplorable que ces demeures ne soient pas soumises aussi à une
inspection périodique, composée, si l'on veut, d'un aumônier, d'un
magistrat ou de quelque délégué de l'autorité municipale?
S'il ne se passe rien que de licite, que d'humain, que de
charitable, dans ces établissements, qui ont tout le caractère et
par conséquent encourent toute la responsabilité des
établissements publics, pourquoi cette révolte, pourquoi cette
indignation courroucée du parti prêtre, lorsqu'il s'agit de
toucher à ce qu'il appelle ses franchises?
Il y a quelque chose au-dessus des constitutions délibérées et
promulguées à Rome: c'est la loi française, la loi commune à tous
qui accorde protection, mais qui, en retour, impose à tous respect
et obéissance.