L'OCCUPATION.

Nous avons dit que le traité du 20 novembre 1815 stipulait l'occupation

de certaines provinces de la France par une armée composée de troupes

alliées. Le commandement en chef était remis au duc de Wellington. Les

Anglais, les Hollandais, les Belges, les Hanovriens et les Brunswickois,

sous les ordres directs de Wellington, étaient cantonnés en Flandre,

Artois, Picardie, Ile de France. Les Prussiens en Normandie, Maine,

Anjou, Bretagne; les Autrichiens, les Bavarois, les Wurtembergeois, les

Hessois, principalement en Bourgogne; les Russes en Lorraine et en

Champagne, les Badois en Alsace.

L'occupation était lourde à supporter, car les alliés frappaient le pays

de contributions chaque jour renouvelées, s'emparaient des caisses

publiques, chassaient les préfets, refusaient de leur obéir, chargeaient

à coups de sabre les populations et mettaient le feu aux maisons.

En Lorraine, la brutalité naturelle des Russes était sévèrement réprimée

par leur chef. Alexandre avait l'âme trop haute pour autoriser de basses

représailles.

La conduite des Autrichiens, dans leur cantonnement de Bourgogne, était

relativement modérée.

Les plus acharnés contre nous, ceux qui respectaient le moins les

propriétés et les personnes, et que la légende devait à jamais flétrir

dans nos campagnes, c'étaient les Prussiens. Leur chef, le feld-maréchal

Blücher leur avait donné l'exemple des violences, en leur montrant que

la France était corvéable à merci.

Quant aux troupes anglaises, elles étaient maintenues par Wellington

dans la plus stricte discipline. Le général ordonnait à ses soldats et à

ses officiels d'observer fidèlement les lois françaises.

Grâce à cette autorité, dès le commencement de 1810 un ordre relatif

commença à régner. L'administration civile, celle de la justice, et la

perception des contributions, ainsi que les douanes restaient entre les

mains des agents français. La gendarmerie, reconnue nécessaire au

maintien de l'ordre et de la tranquillité, put reprendre ses fonctions

dans les pays occupés.

Les violences des premiers temps ne se produisirent plus qu'à l'état de

faits isolés; s'il n'était le plus souvent pas possible d'en obtenir

satisfaction, du moins elles n'étaient plus encouragées par les chefs.

L'Illustration, No. 1595, 20 Septembre 1873 · 第 35 / 45 题