ÉPILOGUE.

Le 16 juillet 1814, l'impératrice Marie-Louise était de retour aux

Secherons. Elle en partit le lendemain pour Aix, où elle devait prendre

les eaux.

Ici, la scène change. L'oiseau qui, sorti de sa prison, essayait dans

les airs son vol timide, et s'ébattant aux doux rayons du soleil,

jouissait, insoucieux, d'une feinte liberté, retombe au bout de sa

course, dans les filets de l'oiseleur qui guettait sa proie.--À deux

postes de la ville d'Aix, un officier-général portant l'uniforme

autrichien, suivi d'un autre officier qui paraissait être son aide-camp,

se présenta à la portière de la voiture de l'impératrice. C'était le

général Neipperg qui avait reçu la mission de résider auprès d'elle. Il

avait fait préparer son logement à Aix, et il venait à sa rencontre pour

l'y conduire.

Je passai deux jours à Aix auprès de l'impératrice, et le troisième je

pris congé d'elle pour retourner à Paris. Après une absence qui dura

environ six semaines, je me rendis dans les premiers jours du mois de

septembre à Berne, où elle m'avait donné rendez-vous. Je ne l'y trouvai

plus; mais un billet qu'on me remit de sa part, en me traçant son

itinéraire m'invitait à la rejoindre dans l'Oberland, où elle était

allée, accompagnée de madame la comtesse Brignole, et du général

Neipperg qui avait ordre de ne pas la quitter. L'impératrice devant

revenir sous très-peu de jours à Berne, j'y restai pour l'attendre.

Elle avait, pendant mon absence, reçu l'invitation de revenir à Vienne,

invitation transmise par le prince Metternich, qui s'efforçait en même

temps de lui démontrer l'impossibilité de la mettre en possession des

États de Parme, dans l'état présent de l'Italie. Le général Neipperg

était là pour assurer l'effet de cette injonction. Elle ne crut pas

pouvoir l'éluder, quoiqu'elle parut en être vivement contrariée. Elle

fit donc ses dispositions pour retourner à Vienne par les petits

cantons. Je m'étais séparé d'elle à Schwitz. J'étais depuis deux jours

seulement à Vienne, lorsqu'à ma grande surprise, elle y arriva

inopinément.

Récit d'une excursion de l'impératrice Marie-Louise aux glaciers de Savoie en juillet 1814 · 第 8 / 10 题