NOTES

[1: Arrivée le 13 avril à dix heures du matin à Rambouillet, après avoir

voyagé pendant toute la nuit, Marie-Louise n'y trouva point son père. Ce

prince n'était pas même encore entré dans Paris, où il n'arriva que le

lendemain 14. Ce ne fut que le 16 qu'il vint enfin à Rambouillet, suivi

par M. de Metternich.--Quant à l'agrément qui avait été en effet demandé

à l'Empereur Napoléon pour le lieu de l'entrevue, ce prince n'eut pas à

le donner. On ne l'avait pas attendu pour enlever l'impératrice

d'Orléans. Pour expliquer la précipitation avec laquelle elle fut

entraînée à Rambouillet, il suffira d'ajouter que le lendemain du jour

où elle partit d'Orléans, le général Cambronne y arriva avec deux

bataillons de la garde impériale, pour protéger son voyage à

Fontainebleau. Cette mission du général Cambronne, dont elle n'avait pas

été prévenue, n'était sans doute pas ignorée des alliés.]

[2: Les Suisses, pour conserver le souvenir de la victoire qu'ils

remportèrent en 1446 sur l'armée du duc de Bourgogne,

Charles-le-Téméraire, élevèrent, avec les ossements des vaincus, une

pyramide connue sous le nom d'Ossuaire des Bourguignons: Un bataillon

d'un régiment français recruté dans le département de la Côte-d'Or,

détruisit ce monument en 1798.]

[3: Payerne, petite ville du canton de Vaud, conserve le dépôt des

naïves légendes du temps de la reine Berthe, époque fortunée, où

régnaient avec cette princesse les vertus et les félicités de l'âge

d'or. Sa tombe recouverte d'une table de marbre noir, sur laquelle est

gravée une inscription qui rappelle les bienfaits de cette reine, a été

replacée dans l'église paroissiale de Payerne.

On montre dans cette église une relique un peu profane, et de plus

très-apochryphe, mais consacrée par la croyance et j'ajouterai par la

reconnaissance populaire. C'est une vieille selle, dont le bois vermoulu

est retenu par des bandes de fer rouillé, et qui est suspendue dans la

nef par une corde, en guise de lustre. On croit fermement à Payerne que

cette selle servait à la reine Berthe, lorsque cette princesse faisait

le tour de ses domaines, en filant, montée sur sa mule, les vêtements de

sa famille. De chaque côté de cette selle est une gaine ouverte destinée

à recevoir les jambes. On voit sur l'un des côtés un trou rond dans

lequel se plaçait, dit-on, le bâton de sa quenouille.]

[4:

Ostendent terris hunc tantum fata, neque ultra

Esse sinent...

(Virgile, Énéide.)]

[5: Ces vers et ceux qui ont trait à la Mule Marquise (voir ci-après),

sont de M. Lalanne, auteur du _Potager_, des _Oiseaux de la Ferme_ et

d'autres poèmes didactiques, qui révélèrent un rare talent pour la

poésie champêtre, à l'époque où ils parurent. Quoique ces vers, dont le

souvenir est sans doute loin de la pensée de M. Lalanne, ne doivent rien

ajouter à ses titres littéraires, l'équité et la reconnaissance due à

l'intérêt qu'il a bien voulu prendre à cette bagatelle, lorsqu'elle lui

a été communiquée, il y a trente-deux ans, me prescrivent de faire cette

mention.--Le silence que ce poète distingué garde depuis tant d'années,

au fond de la retraite qu'il s'est choisie dans le midi de la France,

doit exciter les regrets des amis de la bonne littérature.]

[6: Voir la note précédente.]

[7: La durée de la vie de cet insecte ailé est bornée à la longueur d'un

jour. Il y a même des espèces qui ne vivent que pendant quelques heures,

et qui s'élançant dans la vie, quand le jour va finir, meurent de

vieillesse, au moment où il reparaît.]

[8: Quærens leo quem devoret.]

[9: Voyez la nouvelle de Florian, intitulée Claudine.]

[10: On pouvait d'une main toucher la glace, et de l'autre cueillir des

fraises et des framboises qui ont plus de parfum et de saveur que ces

fruits de nos jardins.]

[11: Elien rapporte qu'après la défaite des Athéniens à Chéronée,

Philippe de Macédoine, pour se prémunir contre l'orgueil de la victoire,

voulut que chaque matin on lui rappelât qu'il était homme. Il ne

paraissait en effet jamais en public, et ne donnait audience à personne,

avant qu'un esclave lui eut crié trois fois: _Philippe, vous êtes

homme!_ ce qui n'empêcha pas ce prince de se livrer à ma débauche,

d'user de la corruption, et de violer ses traités avec les peuples de la

Grèce.]

[12: Les marmottes vivent en famille. Elles se réunissent pour

travailler en commun, comme les castors, et pour creuser leur terrier.

Cette habitation souterraine consiste en une galerie qui se divise en

deux branches, dont l'une conduit à la chambre commune de famille, et

l'autre au magasin où sont amassés les matériaux qui servent à boucher

le terrier aux approches de l'hiver. Les marmottes passent les trois

quarts de l'année dans ces retraites qui sont jonchées et tapissées de

mousse et de foin. Elles n'en sortent que pendant les plus beaux jours,

pour prendre leurs ébats, ou pour couper de l'herbe et en faire du foin.

L'une d'elles fait le guet, montée sur une roche ou sur une place

élevée. Quand elle découvre au loin un homme, ou un chien, un renard, un

loup, un oiseau de proie, que son instinct lui a signalés comme

hostiles, elle fait entendre un sifflement aigu qui avertit ses

compagnes de la présence d'un danger. Celles-ci se précipitent dans le

terrier; et la sentinelle n'y rentre elle-même que la dernière. La vue

d'une chèvre ou celle d'un mouton n'alarme pas les marmottes au même

degré.]

[13: Les préposés à l'exploitation de ces mines, qui appartiennent à

l'Empereur d'Autriche, portent un habit d'uniforme plus on moins orné,

selon les divers grades.]

[14: Ce lieu solitaire formait un réduit sauvage et désert, mais plein

de ces sortes de beautés qui ne plaisent qu'aux âmes sensibles, et

paraissent horribles aux autres. Un torrent formé par la fonte des

neiges, roulait à vingt pas de nous une eau bourbeuse, et charriait avec

bruit du limon, du sable et des pierres. Derrière nous, une chaîne de

roches inaccessibles séparait l'esplanade où nous étions, de cette

partie des Alpes qu'on nomme _Glacière_, parce que d'énormes sommets de

glace qui s'accroissent incessamment, les couvrent depuis le

commencement du monde. Des forêts de noirs sapins nous ombrageaient

tristement à droite. Un grand bois de chênes était à gauche au-delà du

torrent; et au-dessous de nous, cette immense plaine d'eau que le lac

forme au sein des Alpes, nous séparait des riches coteaux du pays de

Vaud, dont la cime du majestueux Jura couronnait le tableau.

Au milieu de ces grands et superbes objets, le petit terrain où nous

étions, étalait les charmes d'un séjour riant et champêtre; quelques

ruisseaux filtraient à travers les rochers, et roulaient sur la verdure

en filets de cristal. Quelques arbres fruitiers sauvages penchaient

leurs têtes sur les nôtres. La terre humide et fraîche était couverte

d'herbe et de fleurs. En comparant un si doux séjour aux objets qui

l'environnaient, il semblait que ce lieu désert dût être l'asile de deux

amants échappés seuls au bouleversement de la nature.

Récit d'une excursion de l'impératrice Marie-Louise aux glaciers de Savoie en juillet 1814 · 第 9 / 10 题