J'ai la fièvre. Comme la borne doit être chaude!
«Monsieur, dis-je à un homme qui a l'air d'être de l'imprimerie,
savez-vous où l'on fait le _Pierrot_?»
Il n'est pas de l'imprimerie et croit que je l'appelle Pierrot.
Nous avons été sur le point de nous battre!
Le _Pierrot _a fini par paraître. Je l'achète au premier porteur
qui sort et je cherche...
--_Programme... Déballage, Pantalons, biographie de M. Hyacinthe,
Vêtements de première communion. Drame de M. Anicet Bourgeois._
Une colonne et demie, et au bas la signature que j'ai adoptée--
celle de ma mère! J'ai voulu placer mes premiers pas dans la
carrière sous son patronage, et j'ai pris chastement son nom de
demoiselle.
Mais on a mutilé ma pensée, il y a une phrase en moins!...
Cette phrase en moins était justement celle à laquelle je tenais
le plus! J'avais écrit l'article pour elle--c'était le coup de
poing de la fin.
Je la sais par coeur; je l'avais tant travaillée!
Je m'étais couché et j'avais mis mon front sous les draps en
fermant les yeux pour mieux la voir.
Je donnais la moralité:
_Ainsi finissent souvent ceux qui brûlent leurs vaisseaux devant
le foyer paternel pour se lancer sur l'océan de la vie d'orages!
Que j'en ai vu trébucher, parce qu'ils avaient voulu sauter à
pieds joints par-dessus leur coeur!_
Ont-ils su au journal que je n'ai jamais vu personne sauter
par-dessus son coeur? Cette image de gens apportant leurs vaisseaux
pour les brûler devant leur maison et s'embarquant ensuite, leur
a-t-elle paru trop hardie?
Sont-ils des classiques?...
Je me perds en suppositions!...
Nous le saurons en allant me faire payer.
On m'a dit:
«Vous passerez à la caisse samedi.»
J'aurais donné l'article pour rien.--Presque tous les débutants
sacrifient le premier fruit de leur inspiration.
La _Revue des Deux Mondes_ ne paie jamais le premier article. Le
_Pierrot_ paie. Mais je suis peut-être le seul à qui cela arrive,
depuis que le _Pierrot_ existe. J'ai fait sensation sans doute!...
On a enlevé la phrase sur les vaisseaux et les pieds joints. Ce
n'est pas une raison pour qu'on ne l'ait pas remarquée, et ils
tiennent probablement à m'attacher à eux, ils font des sacrifices
d'argent pour cela.
Je ne puis refuser cet argent! D'ailleurs, il me servira à payer
un raccommodage que m'a fait un petit tailleur.
Je ne veux pourtant pas avoir l'air trop pressé et paraître entrer
dans les lettres pour faire fortune.
Je flâne un peu le samedi--au jour fixé--avant d'aller toucher
le paiement de ma copie.
Il ne faut pas non plus les faire trop attendre!
J'entre dans le bureau.
Le bureau est un petit trou noir à côté de l'endroit où l'on met
_les rossignols._
Je demande le rédacteur en chef, l'homme aux sabots et au
passe-montagne.
«M. Dunan-Mousseux?
--Il n'y est pas, me dit un homme, mais il m'a prié de vous
remettre le prix de votre article.»
Il me tend un paquet ficelé.
En billets de banque?--Mais c'est trop! c'est vraiment trop, un
gros paquet comme ça pour un article de deux colonnes.--Enfin!
«Mais, j'oubliais, M. Dunan-Mousseux a laissé une lettre pour
vous!»
Voyons la lettre:
«Cher monsieur,
«Le secrétaire de la rédaction vous remettra le montant de votre
article. Ci-joint un pet-en-l'air. J'aurais voulu faire mieux; nos
moyens ne nous le permettent pas. Il a même été question de ne
vous donner qu'un petit gilet. J'ai eu toutes les peines du monde
à obtenir le pet-en-l'air. Mais travaillez, monsieur, travaillez!
et nul doute que vous ne vous éleviez avant peu jusqu'au pardessus
d'été et même au paletot d'hiver.
«En vous souhaitant sous peu un joli complet.
«DUNAN-MOUSSEUX.»
Fallait-il refuser? Après tout, mieux vaut aller en pet-en-l'air
qu'en bras de chemise. J'emportai le paquet, et ce petit vêtement
me fit beaucoup d'usage.
Je n'ai pas encore touché un sou en monnaie de cuivre pour ce que
j'ai écrit. J'ai gagné une paire de chaussures, dans le_ Journal
de la Cordonnerie_, pour un article sur je ne sais quoi!--sur la
botte de Bassompière, si je m'en souviens bien. On m'a remis une
paire de souliers: presque des escarpins.
«C'est assez pour faire son chemin», m'a dit le rédacteur en chef,
un gros, large, fort et joyeux garçon, qui mène de pair la
tannerie et la poésie, le commerce de cuir et celui des Muses.
Ces souliers m'ont en effet aidé à aller quelque temps.
Comme ils avaient craqué, j'ai été au bureau du journal en offrant
une _nouvelle à la main_, si l'on voulait mettre une pièce.
«On ne met pas de pièces, on ne fait pas les raccommodages.»
Si je veux ajouter à ma nouvelle à la main un entrefilet de
quelques lignes, on me donnera des pantoufles claquées! C'est tout
ce qu'on peut faire, et je ne me serai pas dérangé pour rien.
J'accepte, et bien m'en a pris. Je me suis promené avec ces
pantoufles-là pendant toute une saison.
Je suis allé de Montrouge au Gros-Caillou, où j'avais des amis
dans une petite crémerie. Je me mettais en négligé, j'avais l'air
de rester au coin et de baguenauder comme en province, sur le pas
des portes.
Je voudrais bien avoir tous les jours des pantoufles pour un
entrefilet et une nouvelle à la main.
D'autre part, la pantoufle a bien ses inconvénients! Je n'osais
plus élever la voix dans les discussions, je n'osais plus passer
dans les endroits où l'on se disputait, moi qui les aimais tant
jadis, je devenais vil, je tournais à la lâcheté... C'est que si
j'avais eu une querelle avec des pantoufles, le coup de pied qui
est mon fort m'est défendu. Ce n'est pas la peine de taper sur le
tibia, je ne le casserais pas, ni d'enfoncer comme je le faisais
autrefois mon soulier dans le ventre. Ce n'est pas la peine! Je me
rouille et je vais le long des maisons comme un chat qui évite la
pluie. Je n'ai pas encore reçu de volée. J'en recevrais à tout
coup maintenant si je me battais avec des gens en souliers. Je
fuis les gens en souliers, il y en a beaucoup.
Un pet-en-l'air et une paire de chaussures. Je m'y habitue! Si je
trouvais maintenant un chemisier et des chapeaux.
Pour le logement il n'y a pas à y compter, il faut être
dessinateur. Bourgachard a crédit pour quelque temps dans tous les
hôtels parce qu'il dit qu'il fera des caricatures dans les coins
les plus reculés, ça le fait connaître, aussi on a le temps de
penser à lui.
Mais la littérature! Je ne pourrai jamais échanger de la copie
contre une quinzaine de chambre.
Il ne faut pas désespérer de la Providence!
On m'a présenté à un monsieur qui m'a vu en pantoufles et qui,
tandis que les autres s'étonnaient, a dit:
«Mais je sais pourquoi il a des pantoufles.
--Ah! il a des détails là-dessus! on a fait cercle.
--C'est parce qu'il n'a pas de souliers.»
Il est fort et l'on dit en effet qu'il est un des annonciers
d'avenir sur la place de Paris.
«Vous crevez la faim, n'est-ce pas?»
Mais non, Ah! pardon, j'ai justement des souliers aujourd'hui.
Prenez garde, je n'aime pas qu'on mette le doigt sur ma pauvreté.
«Je vis de mon travail, monsieur!...»
Il n'est pas mauvais homme et m'a demandé très rondement pardon de
sa brutalité, tout en me priant de lui apprendre quel était le
travail si mal payé qui m'obligeait à aller en pantoufles de
Montrouge au Gros Caillou, à me promener en babouches dans la vie.
«Vous ne pouvez pas sortir par les temps de pluie! Voulez-vous
pouvoir sortir même par la pluie?»
Il me semble que je donnerais un volume pour cela.
Il m'est défendu de sortir par les temps humides! Je ne connais
que la vie à sec. Je n'ai pas depuis deux mois pu suivre un jupon
troussé, un bas blanc tiré, comme j'en suivais, les jours d'orage!
Ma vie d'ermite me tue et je voudrais des chaussures à talons pour
mon pauvre coeur.
«Eh bien, je vous donnerai des bottes, des chapeaux, des chemises
comme à la foire de Beaucaire!
--Parlez!
--Voici. Je veux fonder un journal d'élégance pour l'annonce.
Vous y rédigerez la chronique du grand monde.»
Et je rédige la chronique du grand monde pour vingt francs par
mois d'argent comptant, rubis sur l'ongle, qui ne doivent pas un
sou à personne, puis le tailleur m'habille, le bottier me chausse,
le chemisier m'enchemise. Je suis couvert de parfums! Mais je ne
mange que des conserves!
Le journal n'en est pas à m'ouvrir les portes des restaurants. Les
restaurants ne tiennent pas à être annoncé dans la _Gazette du
Grand Monde_. S'il y en a quelques-uns qui s'y risquent, c'est le
Rédacteur en chef qui en profite. Mais il y a surtout une raison
grave pour que je ne fréquente pas les _Maison Dorée_, ni _Brébant
_ni le Grand 16 du _Café Anglais_.
Dans mes chroniques je jette les louis par les fenêtres comme des
haricots, je sable le champagne comme un Russe, je raie avec un
diamant les glaces des cabinets à la mode et je parle de mon grand
trotteur, une sacrée bête, pardon M. le Comte, dont je ne peux pas
venir à bout.
Si j'allais dans les restaurants bien, le patron me montrerais aux
viveurs en disant: «Voilà le Vicomte de ***» et il faudrait tenir
le dé, raconter mes bonnes fortunes et faire vingt-cinq louis sur
la main du Grand-chose ou de la Petite Machin, et se déboutonner,
nom d'un gentilhomme!
Je ne puis pas me déboutonner, nous n'avons pas encore mis la main
sur un marchand de bretelles qui voulût se faire annoncer, et j'ai
fait des bretelles avec des ficelles, nouées au bouton. C'est même
gênant quelquefois.
Je n'ai que la ressource du comestible en boîtes. Nous avons une
annonce d'un sardinier qui n'est pas chien avec moi pourvu que je
parle de lui dans ma chronique. C'est assez difficile, je suis
forcé d'inventer des histoires tirées d'une longueur. C'est
généralement un fils de famille qui s'est engagé et qui revient en
congé. Sur le boulevard un de ses amis l'accoste.
«Tiens déjà caporal!
--Oui mon cher, la sardine! La sardine comme celle que nous
mangions quand je finissais mon oncle! la sardine régence, la
sardine du grand monde, la sardine (ici le nom du sardinier).
Maintenant, termine-t-il avec un éclat de rire, la sardine
Bugeaud...»
Et pour les timbales de thon?
«Qui est-ce qui donne le ton maintenant? Voilà dix mois que je
n'ai pas quitté le château!
--Qui est-ce qui le donne? toujours la grande Clara. Qui est-ce
qui le vend, toujours un tel...»
Je ne mets ces choses sur le papier qu'avec un sentiment profond
de mon infériorité, la rougeur au front, je tire les rideaux pour
qu'on ne me voie pas. Mais j'en vis!
C'est même échauffant au possible, toujours des conserves, jamais
de viande fraîche. Heureusement la parfumerie donne énormément à
la quatrième page et j'ai toutes espèces d'eaux pour rincer mon
sel. Je me gargarise comme on dessale de la morue!
Ma chambre sent la mer malgré tout et ressemble avec ses boîtes à
conserves à la cabine du cuisinier sur un paquebot qui fait le
tour du monde.
Je trouve un soir une lettre près de mon chandelier.
Je fais sauter le cachet.
Matoussaint, que je n'ai pas revu depuis des siècles, est
rédacteur de la _Nymphe_. Il m'écrit pour m'en avertir--lettre
simple, point écrasante, qui ménage mon obscurité.
Je me rends aux bureaux de la _Nymphe_; c'est près des boulevards,
_de l'autre côté de l'eau_. Heureux Matoussaint!
Passé les ponts, tiré du néant, parti pour la gloire, à mi-côte du
Capitole!
La maison est d'honnête apparence--sur le côté une plaque avec
ces mots:
LA NYMPHE
JOURNAL DES BAIGNEURS
2e, porte à gauche
Je monte au deuxième et trouve une autre plaque.
BUREAU DE RÉDACTION
de 11 h à 4 h.
Tournez le bouton, S.V.P.
Je tourne, et m'y voici.
Comme il fait noir! Les volets sont baissés, les rideaux tirés--
pas un chat!
J'entends un bruit de paille.
«Qui est là?» dit une voix qui vient d'une autre chambre et n'est
pas reconnaissable; je ne suis pas sûr que ce soit celle de
Matoussaint...
J'ai recours à un subterfuge, et avec l'accent d'un pauvre
aveugle, je chante dans l'obscurité:
«Je suis un abonné de la _Nymphe._...
--Vous êtes l'Abonné de la _Nymphe_?»
Le bruit de paille et des paroles entrecoupées recommencent.
«L'Abonné... l'Abonné... Mais où est donc mon caleçon?...
L'Abonné!...»
Matoussaint (c'est bien lui), apparaît en se boutonnant.
«Comment! c'est toi!... Tu ne pouvais pas te nommer tout de
suite?... Tu me fais croire que c'est l'Abonné! Je me disais
aussi, ce n'est pas sa voix.
--Ils n'ont pas tous la même voix, tes abonnés?
--Mes abonnés?--pas _mes! _--_mon! _Nous avons_ un _abonné,
rien qu'_un! _--Mais passe donc dans l'autre pièce... Assieds-toi
sur le bouillon.»
Il y a des paquets de journaux par terre. J'ai le séant sur la
vignette; lui, il s'élance contre le mur et grimpe jusqu'à une
soupente bordée de maïs, et qui a une odeur de chaumière indienne
--une odeur d'enfermé aussi.
Matoussaint demeure là.
Le reste de l'appartement appartient au journal; ce coin est le
logement du secrétaire de la rédaction. Il est chez lui dans cette
soupente, il peut y recevoir ses visites particulières.
Matoussaint me conte l'histoire de la _Nymphe_, journal des
baigneurs.
C'est une feuille d'annonces qui vit, ou plutôt qui doit vivre, de
publicité, comme le _Pierrot_, mais avec une idée de génie.
L'idée consiste à donner pour rien aux maisons de bains une
feuille, que le baigneur lira en attendant que son eau
refroidisse, que sa peau soit mûre pour le savon, que ses cors
soient attendris et qu'il puisse les arracher avec ses ongles.
On pouvait laisser traîner les coins du journal dans l'eau;
c'était un papier étoffe qui ne se déchirait pas et ne s'empâtait
point.
«Crois-tu, disait Matoussaint en se posant le doigt sur le front
comme un vilebrequin, crois-tu qu'il y avait là une pensée
grande!... Malheureusement, le siècle est à la prose, l'homme de
génie est un anachronisme, puis le pouvoir a démoralisé les
masses... On ne se lave plus, les riches vivent dans la
corruption, les pauvres n'ont pas de quoi aller à la
_Samaritaine_. Oh! l'Empire!...»
Les rédacteurs arrivent à ce moment. Ils causent, on me laisse de
côté. Cependant, à la fin, celui qui a l'air d'être le chef se
penche vers Matoussaint et lui demande qui je suis.
Il dit après l'avoir écouté:
«Mais il pourrait faire notre affaire!...»
Je saute sur Matoussaint dès qu'ils sont partis.
«Il t'a parlé de moi?
--Oui, tu peux entrer dans le journal, si tu veux.»
Déjà? Sur ma mine? Je fascine décidément.
«Voici, reprend Matoussaint. Nous avons besoin de quelqu'un qui
aille dans les bains demander la _Nymphe_, et qui, si on ne l'a
pas, se fâche et crie: "Comment, vous n'avez pas la _Nymphe_? Tous
les bains qui se respectent ont la _Nymphe_!"--Tu fais alors
sauter l'eau avec tes bras et tu te rhabilles avec colère.»
Je ne suis pas très flatté. Matoussaint s'en aperçoit.
«Tu ne peux pas non plus, d'un coup, arriver à l'Académie?
--Non, c'est vrai.
--À ta place, j'accepterais. Il faut bien commencer par quelque
chose.»
J'accepte, je deviens _demandeur de Nymphe_.
La caisse du journal me paie mon bain--avec deux oeufs sur le
plat ou une petite saucisse--pour que je déjeune dans l'eau et
aie le temps de causer avec le garçon.
Je mange ma petite saucisse ou je mouille mon oeuf, et je dis d'un
air négligé, quand j'ai noyé le jaune qui est resté dans ma barbe:
«La _Nymphe_, maintenant!»
Et si la _Nymphe _n'y est pas--elle y est rarement--je fais
sauter l'eau avec mes bras et je sors brusquement, tout nu, de la
baignoire--on me l'a bien recommandé!
Je fais ce que je peux. Je passe ma vie à me déshabiller et à me
rhabiller.
Je détermine deux abonnements... mais ce n'est pas assez pour
faire vivre le journal, et l'on trouve que je ne suis bon à rien,
que je ne suis pas propre à ma mission. (Je suis bien _propre_,
cependant! Si je n'étais pas propre en me baignant si souvent,
c'est que je serais un cas médical bien curieux!)
Je quitte le peignoir de _demandeur de Nymphe_, emportant avec moi
pour un temps infini l'horreur de l'eau chaude, et criant souvent,
au milieu des conversations les plus sérieuses: «_Garçon, un
peignoir!»_ par habitude.
Je communique mes réflexions de baigneur en retraite à un vieux
qui a accès dans les bureaux de quelques journaux par la porte des
traductions.
Il me dit que c'est l'histoire de bien d'autres.
«On ne sent pas partout le poisson ou le savon, mais on avale bien
des odeurs qui soulèvent le coeur, allez!»
Il me fait presque peur, ce vieux-là!
Il demeure pas loin de chez moi. Je le rencontre quelquefois,
toujours à la même heure.
Il y a une semaine que je ne l'ai vu... Qu'est-il devenu?--
J'interroge la concierge.
«Vous ne savez donc pas? Il y a huit jours, il est rentré, l'air
triste; il a embrassé mon petit garçon en me demandant quel état
je lui donnerais. «Lui donnerez-vous un état, au moins?» On aurait
dit qu'il tenait à le savoir... Il est monté et il n'est pas
redescendu. Ne le voyant plus, nous avons frappé à sa porte. Pas
de réponse! Mon mari a forcé la serrure, et nous sommes entrés. Il
était étendu mort sur son lit, avec un mot dans sa main qui était
déjà couleur de cire. «Je me tue par fatigue et par dégoût.»