M. de Charette, en prononçant ces mots, tendait au marquis une lettre.

--Et de Puiseux?

--Il est là. Il dort.

--Éveillez-le. Il doit lire aussi ce que contient cette lettre.

Jean-Nu-Pieds mit la main sur l'épaule d'Henry, qui dormait, en effet,

de ce sommeil sans rêves qui seul repose et réconforte.

--Ah! quel dommage! s'écria-t-il, je dormais si bien.

--Baron, je ne vous avais pas vu, je vous demande pardon...

--Je vous apporte un adieu double, Puiseux, le mien et celui de Madame.

--De Madame?

--Lisez!

Jean-Nu-Pieds avait déplié la lettre. Elle contenait ces lignes:

«Mon cher marquis,

Si je n'étais prisonnière comme vous, je vous aurais dit de venir; la

régente de France eût voulu vous remercier de vive voix de votre

courageux et éternel dévouement, que n'a jamais lassé la fatigue, que le

danger n'a pu que faire croître. Je vous envoie, à vous et à M. de

Puiseux, l'adieu de la mère de votre roi. Hélas! vous ne foulerez plus

le sol de la France! Pour y vivre, je consentirais, moi, à y rester

captive.

Que Dieu vous garde et vous protège.

Jean-nu-pieds, Vol. 2 chronique de 1832 · 第 72 / 112 题