Le Verbe éternel est notre unique maître.
Eh! comment cela, Seigneur mon Dieu? J’entrevois bien quelque chose,
mais comment l’exprimer? je l’ignore. N’est-ce point que tout être qui
commence et finit ne commence et ne finit d’être qu’au temps où la
raison, en qui rien ne finit, rien ne commence, la raison éternelle
connaît qu’il doit commencer ou finir? Et cette raison, c’est votre
Verbe, le principe de tout, la voix intérieure qui nous parle, comme
lui-même l’a dit dans l’Évangile par la voix de la chair; comme il l’a
fait entendre humainement à l’oreille des hommes, afin que l’on crût en
lui, qu’on le cherchât intérieurement, et qu’on le trouvât dans
l’éternelle vérité, où ce bon, cet unique maître des âmes enseigne tous
ses disciples.
C’est là, Seigneur, que j’entends votre voix me dire que la vraie parole
est celle qui nous enseigne, et que la parole qui n’enseigne pas n’est
plus une parole. Or, qui nous enseigne, sinon l’immuable vérité? car la
créature changeante ne nous instruit qu’en tant qu’elle nous amène à
cette Vérité stable, notre lumière, notre appui, notre joie, la voix de
l’époux qui nous réunit à notre principe. Et il est ce principe, et sans
son immuable permanence nous ne saurions où revenir de nos égarements.
Or, quand nous revenons de l’erreur, c’est la connaissance qui nous
ramène; et il nous enseigne cette connaissance, parce qu’il est le
principe et la voix qui nous parle.