VII

Le Verbe divin, Fils de Dieu, coéternel au Père.

Vous nous appelez donc plus haut; vous nous appelez à l’intelligence du

Verbe-Dieu, Dieu en vous, Verbe qui se prononce et prononce tout de

toute éternité; parole sans fin, sans succession, sans écoulement; qui

dit éternellement, et tout à la fois, toutes choses. Autrement le temps

et la vicissitude seraient en vous, et, dès lors, plus de véritable

éternité, plus de véritable immortalité. Il est ainsi, je le sais, mon

Dieu, et grâce à vous! Je le sais, et vous bénis, Seigneur, et, avec

moi, quiconque n’a pas un cœur ingrat pour le bienfait éclatant de votre

lumière.

Nous savons, Seigneur, nous savons que, n’être plus ce qu’on était, être

ce qu’on n’était pas, c’est là naître et mourir. Aussi, rien en votre

Verbe ne passe, rien ne succède, parce qu’il est immortel, parce qu’il

est éternel en vérité. Et c’est par ce Verbe, coéternel avec vous, que

vous dites, de toute éternité, et tout à la fois, tout ce que vous

dites, et qu’il est ainsi que vous dites. Et votre parole est votre

seule action; et néanmoins ce n’est ni tout à la fois, ni de toute

éternité, que s’est accomplie l’œuvre de votre parole.

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 199 / 306 题