Il implore la vérité, qui a parlé par Moïse.
Oh! que j’entende, que je comprenne comment, dans le PRINCIPE, vous avez
créé le ciel et la terre! Moïse l’a écrit; il l’a écrit et s’en est
allé; il a passé, s’en retournant à vous; et il n’est plus là pour que
je le voie. Que n’est-il encore ici-bas! je m’attacherais à lui, et je
le supplierais, et je le conjurerais en votre nom de me dévoiler ces
mystères, et j’ouvrirais une oreille avide aux accents de ses lèvres.
S’il me répondait dans la langue d’Heber, ce ne serait qu’un vain bruit
qui frapperait mon organe, sans faire impression à mon esprit; s’il me
parlait dans la mienne, je l’entendrais; mais d’où saurais-je qu’il me
dirait la vérité? et, quand je le saurais, le saurais-je de lui? Non, ce
serait au dedans de moi, dans la plus secrète résidence de ma pensée,
que la vérité même, qui n’est ni hébraïque, ni grecque, ni latine, ni
barbare, parlant sans organe, sans voix, sans murmure de syllabes, me
dirait: Il dit vrai; et aussitôt, dans une pleine certitude, je dirais à
ce saint serviteur: Tu dis vrai. Mais je ne puis l’interroger; c’est
donc vous, ô Vérité! dont il était plein; c’est vous, mon Dieu, que
j’implore; oubliez mes offenses, et ce que vous avez donné d’écrire à
votre grand prophète, oh! donnez-moi de l’entendre.