La grâce de Dieu est notre seul appui.
Et toute mon espérance n’est que dans la grandeur de votre miséricorde.
Donnez-moi ce que vous m’ordonnez, et ordonnez-moi ce qu’il vous plaît.
Vous me commandez la continence. «Et je sais, dit votre serviteur, que
nul ne peut l’avoir, si Dieu ne la lui donne; et savoir même d’où vient
ce don en est un de la sagesse[230]». La continence nous recompose et
ramène à l’unité les fractions multiples de nous-mêmes. Car ce n’est pas
assez vous aimer que d’aimer avec vous quelque chose que l’on n’aime pas
pour vous. O amour toujours brûlant sans jamais s’éteindre! amour, mon
Dieu, embrasez-moi! Vous m’ordonnez la continence; donnez-moi ce que
vous m’ordonnez, et ordonnez-moi ce qu’il vous plaît.
[230] Sap., VIII, 21.