LIVRE DIXIÈME

Confession du cœur.--Ce qu’il sait avec certitude, c’est qu’il aime

Dieu. Il le cherche et le trouve dans sa mémoire; Puissance

incompréhensible dont il décrit les merveilles. Il s’interroge sur la

triple tentation de la volupté, de la curiosité et de l’orgueil. Il

remet à Notre-Seigneur Jésus-Christ, seul médiateur entre Dieu et les

hommes, la guérison des maux de son âme.

I

Élévation.

Que je vous connaisse, intime connaisseur de l’homme! que je vous

connaisse comme vous me connaissez! Force de mon âme, pénétrez-la,

transformez-la, pour qu’elle soit vôtre, et par vous possédée sans tache

et sans ride! C’est là tout mon espoir, toute ma parole! Ma joie est

dans cet espoir lorsqu’elle n’est pas insensée. Quant au reste des

choses de cette vie, moins elles valent de larmes, plus on leur en

donne; plus elles sont déplorables, moins on les pleure! Mais, vous

l’avez dit, vous aimez la vérité, Seigneur; «et celui qui l’accomplit

arrive à la lumière[213]»; qu’elle soit donc dans mon cœur qui se

confesse à vous, qu’elle soit dans cet écrit qui me confesse à tous!

[213] Joan., III, 21.

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 153 / 306 题