XIII

Rien que de bon dans les œuvres de Dieu.

Et pour vous le mal n’est pas; il n’est pas pour l’universalité de votre

œuvre, car il n’est pas en dehors, il n’est rien pour y pouvoir pénétrer

par violence et altérer l’ordre que vous avez imposé. Dans le détail

seulement, le mal, c’est quelque disconvenance, convenance plus loin et

devenant bien, de substances bonnes en soi. Et toutes ces choses sans

convenance entre elles conviennent à l’ordre inférieur que nous appelons

la terre, qui a son atmosphère convenable de nuages et de vents.

Et loin de moi de désirer que ces choses ne soient pas, bien qu’à les

voir séparément je les puisse désirer meilleures! Mais fussent-elles

seules, je devrais encore vous en louer, car, du fond de la terre, «les

dragons et les abîmes témoignent que vous êtes digne de louanges; et le

feu, la grêle, la neige, la glace et le souffle de la tempête qui

obéissent à votre parole; les montagnes et les collines, les arbres

fruitiers et les cèdres, les bêtes et les troupeaux, les oiseaux et les

reptiles, les rois de la terre et les peuples, les princes et les juges

de la terre, les jeunes gens et les vierges, les vieillards et les

enfants, glorifient votre nom[137]».

[137] Ps. CXLVIII, 12.

Et à la pensée que vous êtes également loué au ciel, «que dans les

hauteurs infinies, ô mon Dieu! vos anges et vos puissances chantent vos

louanges; que le soleil, la lune, les étoiles et la lumière, les cieux

des cieux, et les eaux qui planent sur les cieux, publient votre

nom[138]», je ne souhaitais plus rien de meilleur. Car, embrassant

l’ensemble, je trouvais bien les êtres supérieurs plus excellents que

les inférieurs, mais l’ensemble, après mûr examen, plus excellent que

les supérieurs isolés.

[138] _Ibid._

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 123 / 306 题