Rien que de bon dans les œuvres de Dieu.
Et pour vous le mal n’est pas; il n’est pas pour l’universalité de votre
œuvre, car il n’est pas en dehors, il n’est rien pour y pouvoir pénétrer
par violence et altérer l’ordre que vous avez imposé. Dans le détail
seulement, le mal, c’est quelque disconvenance, convenance plus loin et
devenant bien, de substances bonnes en soi. Et toutes ces choses sans
convenance entre elles conviennent à l’ordre inférieur que nous appelons
la terre, qui a son atmosphère convenable de nuages et de vents.
Et loin de moi de désirer que ces choses ne soient pas, bien qu’à les
voir séparément je les puisse désirer meilleures! Mais fussent-elles
seules, je devrais encore vous en louer, car, du fond de la terre, «les
dragons et les abîmes témoignent que vous êtes digne de louanges; et le
feu, la grêle, la neige, la glace et le souffle de la tempête qui
obéissent à votre parole; les montagnes et les collines, les arbres
fruitiers et les cèdres, les bêtes et les troupeaux, les oiseaux et les
reptiles, les rois de la terre et les peuples, les princes et les juges
de la terre, les jeunes gens et les vierges, les vieillards et les
enfants, glorifient votre nom[137]».
[137] Ps. CXLVIII, 12.
Et à la pensée que vous êtes également loué au ciel, «que dans les
hauteurs infinies, ô mon Dieu! vos anges et vos puissances chantent vos
louanges; que le soleil, la lune, les étoiles et la lumière, les cieux
des cieux, et les eaux qui planent sur les cieux, publient votre
nom[138]», je ne souhaitais plus rien de meilleur. Car, embrassant
l’ensemble, je trouvais bien les êtres supérieurs plus excellents que
les inférieurs, mais l’ensemble, après mûr examen, plus excellent que
les supérieurs isolés.
[138] _Ibid._